Matériel

Peut-on faire confiance aux boîtiers réflex d’entrée de gamme ?

On a vu précédemment qu’il n’était pas forcement indispensable d’investir dans un capteur plein format (24×36) d’entrée de jeu. On a également vu que de toute façon, aucun des boîtiers réflex amateur n’étaient équipés d’un capteur plein format. Les réflex se sont pas mal démocratisés depuis quelques années. En 2003, il fallait être prêt à débourser quelques 1300 € pour acquérir le premier réflex « grand public » de l’histoire (le Canon EOS 300D). Les choses ont pas mal changé en seulement 10 ans et les fabricants ont même créé des gammes amateur censées répondre aux besoins spécifiques du débutant. Mais peut on vraiment se satisfaire d’un boîtier d’entrée de gamme, surtout quand on fait de la photo animalière ou sportive (discipline techniquement exigeante)?

Qu’est qui caractérise le boîtier typique d’entrée de gamme ?

Si on jette un coup d’œil rapide à ce qui se fait dans les grandes marques en 2014, tous les boîtiers d’entrée de gamme comportent sur le papier des performances déjà relativement séduisantes. Tous possèdent des capteurs similaires aux boîtiers APS-C experts (avec un minimum de 18 mégapixels) et gèrent relativement bien la montée en ISO en atteignant au moins les 6400 ISO (ce qui m’aurait déjà fait rêver quand j’ai cassé ma tirelire pour m’acheter le Canon EOS 400D qui montait péniblement à 1600 ISO en 2006). Pour le reste, tous ces boîtiers permettent également d’avoir accès à tous les modes avancés de prise de vue. On est donc en droit de se demander où l’écart peut-il bien se creuser? Si on reste sur les performances purement photographiques tout d’abord, on se rendra assez vite compte que la puissance du processeur et la capacité de la mémoire tampon (buffer) associées aux boîtiers d’entrée de gamme sont généralement un poil en retrait. Pour illustrer ce propos, prenons l’exemple des performances de prise de vue en rafale. Un EOS 1200D ne vous permettra de tenir qu’une cadence de 3 images par secondes sur 6 vues (en .raw) contre 4 im./s sur 7 vues sur un EOS 100D et 6 im./s sur 6 vues sur un 700D (à comparer avec les 7 im./s sur 16 images d’un expert comme l’EOS 70D). L’écart se creusera également sur les performances de l’autofocus où on gagnera en sensibilité et en rapidité de mise au point au fur et à mesure que l’on montera en gamme. L’EOS 1200D est équipé de 9 collimateurs dont seul le central est de type croisé (et sensible à F/5.6) alors que tous sont de type croisés (et sensible à F/2.8 au centre) chez l’EOS 700D (à comparer avec les 19 collimateurs de type croisés et sensibles à F/2.8 au centre de l’EOS 70D). On pourra également trouver des différences au niveau de la vitesse d’obturation minimale ou encore de celle de synchronisation du flash. Il y aura ensuite bien sûr des différences sur la construction du boîtier et son ergonomie. En montant en gamme, les boîtiers se feront plus volumineux mais mieux finis, plus solides et l’accès aux différentes commandes sera plus directe au prix d’une augmentation du nombre de touches. Leurs viseurs seront par exemple de meilleure qualité et plus confortables. Au niveau des menus, les boîtiers plus avancés en gamme donneront également plus de possibilités de paramétrage.

Existe t’il des limites rédhibitoires pour la photo de nature avec les boîtiers d’entrée de gamme ?

Je ne pense pas que l’on puisse cependant parler de limites rédhibitoires à acheter un boîtier d’entrée de gamme pour débuter. Comme je l’ai dit dans l’article que je lui ai dédié, mon EOS 400D m’a pas mal fait pester avec sa sensibilité à 1600 ISO (maximum) et son autofocus qui avait tendance à pédaler dans la choucroute dès que le soleil déclinait. En ce sens, le passage à l’EOS 70D a été une révolution. Je sens vraiment que l’autofocus accroche beaucoup plus vite sur les sujets en mouvement et le fait de pouvoir monter au delà des 6400 ISO est purement génial. Le fait de pouvoir envoyer des rafales à 7 im./s a aussi été une révélation (comparé au 3 im./s de l’EOS 400D). Bref il est certain que je peux désormais faire des images que je n’aurais pas même pu espérer auparavant. Mais si je fais un bilan personnel, c’est bien la gestion des ISO qui a fait le plus de progrès au cours de ces dernières années et en cela, tout le monde est désormais logé à la même enseigne (du moins sur le papier). Il n’y a donc aucun argument fort qui doivent nous empêcher de considérer les boitiers amateur d’entrée de gamme pour débuter même en photographie animalière ou sportive. Ceci dit, un équivalent de milieu de gamme amateur tel que l’EOS 700D chez Canon ou le D5300 chez Nikon vous permettra directement d’avoir un meilleur accès aux commandes et à des performances supérieures (rafales, autofocus) qui seront peut-être superflues en photo « classique » mais très utiles en photo animalière ou sportive. Pour le reste, et encore une fois, c’est du qui peut le plus peut le moins. Même les boîtiers professionnels tels que le Canon EOS 1Dx ou le Nikon D4s possèdent des fonctionnalités des appareils pour débutants. Si vous pouvez donc vous permettre de dépenser 5000 € ou plus, libre à vous de choisir le boîtier que vous voulez. Si votre budget est limité et que vous voulez progresser pas à pas, alors pas de complexe et lancez vous sur une entrée ou un milieu de gamme amateur.

Et les hybrides dans tout ça ? (Petite parenthèse)

Si on se base sur les performances du boîtier uniquement, il est difficile de généraliser car les différents constructeurs ont opté pour des stratégies différentes. En cela, il n y a pas vraiment un hybride type mais presque un voire plusieurs types d’hybrides différents par marque. Des marques comme Fuji, Olympus et Sony produisent des boîtiers hybrides qui ont excellente réputation. La tendance est un peu au look rétro et en cela, je trouve personnellement qu’ils font un peu appareils de hipsters. Ils auront un intérêt assez limité en animalier mais seront sans doute excellents pour la photo de paysage et de voyage. Il est à noter que Nikon avec sa gamme « 1 » propose aussi des boîtiers assez variés. La firme japonaise se démarque avec son format de capteur CX (plus petit que l’APS-C) et en proposant notamment un hybride baroudeur étanche : le Nikon AW 1. Canon a développé son EOS-M qui a pas mal été critiqué à sa sortie pour la lenteur de son autofocus. Depuis, la marque a rectifié le tir avec une mise à jour logicielle puis une deuxième version mais il semblerait que ce modèle ne puisse se trouver qu’au Japon tant le premier EOS-M a été un échec commercial en Europe et aux Etats-Unis. Pour résumer, les hybrides proposent souvent des performances comparables voire supérieures aux réflex en entrée de gamme. Et oui, ne pas avoir de miroir, ça peut aider en terme de réactivité. Mais pour le reste, et une fois de plus, c’est plus du côté des optiques que le bât blesse, notamment en ce qui concerne les longues focales.

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