Face à face avec une gueule cassée (Photo Joris Bertrand)

Face à face avec une gueule cassée (Photo Joris Bertrand)

A la prise de vue

En rentrant d’une petite virée matinale (vers 9 heures du matin) peu fructueuse, apercevoir depuis la route deux chevreuils en train de brouter dans un champ. Décélérer et arrêter tout doucement la voiture sur le bas-côté. Entrouvrir la portière et couper le contact simultanément. Avant de sortir, s’assurer que les réglages du matériel sont corrects : mode priorité à l’ouverture (Av) et pleine ouverture, sensibilité adaptée et c’est parti. Sans claquer la portière, je me glisse sans bruit à travers la haie qui sépare la route du champ, me couche sur le sol et commence l’approche qui me mènera à une dizaine de mètres des deux cervidés. La lumière est déjà dure et les contrastes sont très marqués entre le couvert boisé ombragé et la strate herbacée brûlée par le soleil de la fin d’été. Ce n’est pas grave, car c’est typiquement le genre d’image qui fonctionne plutôt bien avec un traitement Noir & Blanc comme je les aime. Toute comparaison s’arrêtant ici, Laurent Baheux a les gazelles et la savane, moi ce jour là, j’ai les chevreuils et le Larzac. Alerté par les bruits du déclenchement, les animaux lèveront la tête à plusieurs reprises mais sans jamais vraiment s’affoler ni prendre la poudre d’escampette. C’est tant mieux car ça me permet de prendre mon temps pour composer avec l’arrière-plan et les mouvements du terrain et immortaliser ce portrait de brocard (chevreuil mâle) qui n’a visiblement pas été épargné par les circonstances de la vie. Un de ses bois est brisé et son oreille légèrement déchiquetée… En ce qui concerne les paramètres de prise de vue, cette image a été prise à pleine ouverture (F/5.6 lorsque le multiplicateur de focale est monté sur le 300 F/4), au 1/1000 s et à 400 ISO. Vu les circonstances, cette sensibilité peut paraître un peu élevée car j’aurais très bien pu shooter à 100 ISO tout en conservant un temps de pose suffisamment bref pour ne pas risquer de flou de bougé. Mais par habitude, je restais souvent à 400 ISO (avec le 400D) quand je photographiais à l’approche et par une météo clémente. Cela me permettait d’avoir un rendu correct (avec un bruit électronique contenu) tout en conservant des temps de pose suffisamment rapides pour figer la fuite de toute rencontre fortuite.

 

En post-production

            Dans mon développeur de fichiers .raw (Canon DPP), j’ai appliqué une très légère surexposition (+ 0,33 IL), réglé ma balance des blancs sur « Lumière du jour », passé mon image en monochrome et resserré mon histogramme par la gauche. J’ai ensuite augmenté un peu les contrastes (+ 2) tout en veillant à garder quand même suffisamment de détail dans les ombres et les hautes lumières. J’ai tout de même bien boosté la surbrillance (+ 4) et diminué les ombres (- 4). Le but est au final d’avoir un Noir & Blanc très contrasté qui passe très vite des noirs profonds aux blancs éclatants en limitant grandement toutes les nuances de gris. Sur l’histogramme, la courbe doit avoir une forme sigmoïde (en « S », bien marquée). Pour finir, j’ai (une fois n’est pas coutume) appliqué un filtre vert qui pour le coup faisait mieux ressortir la silhouette du chevreuil que mes habituels filtres rouges ou oranges et j’ai accentué le netteté (+ 7) avant d’exporter le tout en .jpeg.

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« Face à face avec une gueule cassée »

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