Matériel

La sortie du 8-800 mm F/1.2 a été retardée…

Pourtant celui là, je pense que beaucoup de photographes l’attendaient avec impatience… Pouvoir avec un seul et même objectif embrasser une étendue de gamme de focale allant de ce qui se fait de plus grand angle (à la limite du fisheye, 8 mm) jusqu’à ce qui se fait de plus long en terme de téléobjectif en catalogue (800 mm). Une ouverture maximale constante de F/1.2 pour une optique extrêmement lumineuse et un bokeh de malade. Le tout pour un encombrement relativement limité grâce à sa technologie de lentille diffringente et un budget somme toute assez bien maîtrisé (quelques centaines d’euros tout au plus)… Arrêtons de baver, cet objectif n’existe bien évidemment pas et ce n’est pas demain (ni même après demain) qu’il verra le jour. D’abord, parce que la conception et la construction d’un tel objet serait un véritable casse-tête pour les ingénieurs. Quand on sait que certains objectifs bien réels tel le Canon EF 200-400 mm F/4L IS USM (Extender 1.4x) embarque déjà plus de 33 lentilles réparties en 24 groupes (en comptant le multiplicateur de focale intégré activé), on imagine ce que ça pourrait bien donner avec un zoom de type 8-800 mm. Ensuite, parce que même si on avait technologiquement les moyens de concevoir et de construire une telle optique, ses dimensions seraient quelque peu hors normes. A titre de comparaison, le 200-500 F/2.8 APO EX DG de chez Sigma, qui est à ma connaissance un des bazookas les plus encombrants actuellement disponibles à la vente fait déjà environ 73 cm de long pour 24 cm de diamètre et accuse sur la balance un poids de 15,8 kg. On peut donc s’imaginer ce que ça pourrait donner avec 300 mm de focale en plus et une ouverture maximale encore plus grande… De plus, un tel objectif couterait bien évidemment une somme exorbitante. Là encore, on pourrait comparer avec des objectifs bien réels tel le Sigma 200-500 F/2.8 APO EX DG (à 26 000 $ US soit environ 20 800 €) pour pouvoir espérer entrevoir un ordre d’idée (et encore…). Alors certes, il existe bien des téléobjectifs dont le range est déjà assez impressionnant en la matière (e.g. Sigma 50-500mm F4.5-6.3 APO DG OS HSM) mais assez peu de ces zooms couvrent des focales qui vont du grand angle au téléobjectif car les constructeurs doivent faire face à de délicats compromis pour proposer des optiques de qualités, relativement peu encombrantes et à un prix « accessible ». A ce petit jeu là, c’est à l’heure où j’écris ces lignes Tamron qui a été le plus loin avec son 16-300mm F/3.5-6.3 Di II VC PZD MACRO, mais intéressons nous un peu à l’émergence de ces « mégazooms ».

Un aperçu des cadrages fournis par le Tamron 16-300 mm F/3.5-6.3 Di II VC PZD à 16 et à 300 mm.

Un aperçu des cadrages fournis par le Tamron 16-300 mm F/3.5-6.3 Di II VC PZD à 16 et à 300 mm.

Depuis 2005, Sigma et Tamron se livrent une bataille rangée ou chacun se rend régulièrement coup pour coup en y allant de sa petite innovation tantôt en allant toujours plus loin dans les compromis optiques en élargissant le range tantôt en rajoutant un petit quelque chose tel la stabilisation où un système de mise au point plus performant. L’extension du range s’est faite d’abord en position téléobjectif en passant de 250 mm à 270 mm et désormais 300 mm puis en position grand angle en passant de 18 à 16 mm. De manière intéressante, ce grand écart optique s’est fait à qualité optique constante voire légèrement améliorée pour un encombrement et un budget similaire. Voyant l’attrait des photographes amateurs et autres globe-trotters pour ce genre d’optiques adaptée à des formats APS-C, même les gros (Nikon, puis Canon) ont engagé les hostilités et possèdent désormais des mégazooms adaptés aux boîtiers APS-C en catalogue (Canon EF-S 18-200 mm F/3.5-5.6 IS, AF-S DX NIKKOR 18-200mm f/3.5-5.6G ED VR II, AF-S DX NIKKOR 18-300mm f/3.5-5.6G ED VR ainsi que sa nouvelle version cheap, AF-S DX NIKKOR 18–300mm f/3.5–6.3G ED VR). Il est à noter que Pentax produit aussi un 18-270: le smc DA 18-270 mm F/3.5-6.3 SDM.

Le résultat c’est qu’on peut désormais tout faire ou presque avec un seul et même objectif pour le meilleur, mais aussi pour le moins bon. A faire des compromis à droite et à gauche, il est évident que ces champions du range seront souvent un peu moins bons que des objectifs au range certes plus court, mais pour lesquels la formule optique aura pu être plus efficacement optimisée. Ensuite, parce que dans un soucis de ne pas voir exploser les dimensions et le prix de vente, l’ouverture maximale de ces optiques reste limitée (F/3.5 en position grand angle et F/6.3 en position téléobjectif ou tout au mieux F/5.6). C’est relativement peu lumineux et le bokeh sera souvent moins marqué qu’avec des objectifs permettant d’ouvrir plus grand. Le manque de luminosité est de moins en moins un problème car toutes ces optiques sont désormais stabilisées et parce que les boîtiers gèrent de toute façon de mieux en mieux la montée en ISO. Pour le reste et au risque de me répéter, c’est aussi appréciable (et parfois même indispensable ou presque) d’avoir ce type d’objectif « couteau suisse » qui permette de presque tout faire, et de ne pas si mal le faire que ça. Après avoir moi-même possédé le Tamron AF 18-250mm f/3.5-6.3 Di II LD Aspherical [IF] macro en tant que premier objectif, j’ai fini par avoir eu envie d’un zoom transtandard plus performant quitte à sacrifier une partie du range sur lequel j’avais pu compter jusqu’alors. Dans ce segment là, j’aurais pu opter pour un plus lumineux Canon EF-S 17-55 F/2.8 IS USM (à un peu plus de 700 €), un Tamron 17-50 F/2.8 XR Di II VC LD Aspherical [IF] ou un Sigma 17-50mm F2.8 EX DC (OS)* HSM (tous deux à un peu moins de 400 €) ou même un Sigma 17-70 mm F/2.8-4 DC Macro (OS)* HSM (à un peu plus de 400 €). Mais je n’ai pas pu réussir à me débarrasser totalement de cette idée d’avoir une certaine polyvalence au niveau du range. Excluant les 18-135 (e.g. Canon EF-S 18-135 mm F/3.5-5.6 IS et EF 18-135 mm F/3.5-5.6 IS STM) car j’utilise personnellement assez peu le range 100-150 mm, j’ai finalement opté pour un Canon EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM (à un peu plus de 600 €), sacrifiant au final un peu d’ouverture pour gagner quelques millimètres en grand angle et en téléobjectif. Beaucoup de « puristes »  diront certainement que c’est un mauvais choix, mais c’est une décision bien réfléchie, et que je n’ai pas eu à regretter sur le terrain. D’abord parce que cet objectif est bon et puis parce qu’il correspond bien à ma pratique photographique. Au besoin, les limites de mon 15-85 mm sont avantageusement complémentées par mes focales fixes (de 50 mm, 100 mm et 300 mm) plus lumineuses (ouvrant respectivement à F/1.8, F/2.8 et F/4) et c’est donc devenu mon nouvel objectif à tout faire (avec une petite spécialisation en paysage où une grande ouverture n’est pas nécessairement primordiale). Mais si un jour je dois partir sur un trek ou un road trip de plusieurs jours, je crois que je n’hésiterai pas à réinvestir dans un « mégazoom » car photographiquement parlant, il n’y a sans doute pas grand chose de plus frustrant que de ne pas même avoir les moyens de cadrer une image comme on le voudrait…

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