Expériences photographique

La photo animalière dans son appartement…

… Parce que le ridicule ne tue pas, même si vous allez sans doute me rétorquer qu’il peut y contribuer. Je suis en train de découvrir petit à petit l’usage des bagues allonge dont j’avais fait l’acquisition il y a quelques temps déjà. Et pour ce faire, j’ai commencé à viser la simplicité en essayant de me focaliser sur la biodiversité présente dans mon appartement. Bien sûr, vous n’aurez aucun mal à imaginer que cette biodiversité est forcement limitée d’autant que je n’ai jamais revu de blattes aux mensurations toutes tropicales que j’avais pu y observer quand j’ai investi les lieux. Mais celles-là étaient si grosses que, je vous l’assure, il n’y avait de toute façon pas besoin de bagues allonge pour leur tirer le portrait… J’ai donc jeté mon dévolu sur deux autres petites créatures qui hantent mon petit chez moi. La première est une sorte de minuscule mouche du fruit (ou drosophile) ayant émergé en nombre de feuilles de thé infusées que j’avais jeté au compost. D’un côté c’est rassurant car ça appuie la mention indiquée sur l’étiquette et selon laquelle mon thé serait « bio ». D’un autre côté, ça veut dire que les œufs de certains insectes peuvent supporter sans broncher plusieurs immersions successives dans l’eau bouillante… La deuxième bestiole n’est autre qu’une affreuse saloperie qui vient sucer mon sang et bourdonner à mes oreilles toutes les nuits. Je ne parviens toujours pas à comprendre par où ils pénètrent dans mon studio, mais les moustiques taïwanais sont de véritables plaies!

Le matériel et les maths inhérentes à la macro…

Les bagues allonges peuvent être superposées. A chaque fois qu’on rajoute un étage à la fusée, on gagne en grandissement, mais on perd en luminosité… (Photo Joris Bertrand)

Les bagues allonges peuvent être superposées. A chaque fois qu’on « rajoute un étage à la fusée », on gagne en grandissement, mais on perd en luminosité… (Photo Joris Bertrand)

Techniquement parlant, les photos que je vous présente ci-après ont été prises avec mon boîtier (Canon EOS 70D) sur lequel j’avais monté mon objectif EF 50 mm F/1.8 II et entre lesquels j’avais intercalé trois bagues allonge Kenko de 12, 20 et 36 mm. Avec un tel dispositif, on atteint théoriquement un grandissement de l’ordre de G = 1,5 (alors qu’il aurait été sans bagues allonge de 0,15). Pour déterminer G, je me suis basé sur la formule récupérée sur le blog de Xavier Coulmier et selon laquelle G = (TF)/F avec T = t + (Distance minimale de mise au point x F)/(Distance bague mise au point – F) (où t correspond au tirage optique et F la focale de l’optique). On fait donc bien de la macro (puisque qu’on dépasse le rapport 1:1) et ce, même sans objectif macro digne de ce nom. Ici mon objet apparaît 1,5 fois plus grand sur le capteur que ce qu’il ne l’est dans la réalité. A ce propos et si vous ne vous sentez pas à l’aise avec ces notions là, vous pouvez lire (et relire) mes deux premiers posts sur la macro: un sur les objectifs macro et l’autre sur les différents dispositifs permettant d’atteindre ou de dépasser le rapport 1:1. Inutile de vous préciser qu’avec un tel grandissement, on perd une quantité de lumière phénoménale et qu’en raison des temps de pose de plusieurs secondes qui s’imposent (jeu de mot quand tu nous tiens…), je n’ai pu faire mieux que monter les ISO pour tenter de limiter la casse. Parfois j’ai essayé d’apporter un petit peu de lumière avec mon petit flash macro de chez Apple (enfin, celui de mon Smartphone), mais dans tous les cas, le trépied et le retardateur se sont avérés absolument indispensables. Pour vous illustrer un petit peu ce qu’il en était, je vous invite à vous référer à l’image suivante. La petite tâche d’à peine un millimètre sur le mur, c’est la mouche, et il fallait arriver à approcher suffisamment l’objectif du sujet sans le faire fuir pour arriver à une mise au point correcte.

Pour vous donner un ordre de grandeur, l’objectif à gauche, c’est mon petit 50 mm F/1.8 et le point noir et flou à droite sur le mur, c’est mon sujet… (Photo Joris Bertrand)

Pour vous donner un ordre de grandeur, l’objectif à gauche, c’est mon petit 50 mm F/1.8 et le point noir et flou à droite sur le mur, c’est mon sujet… (Photo Joris Bertrand)

La mouche du fruit… (Drosophila sp.)

Sur la première image, la petite mouche s’est montrée assez conciliante et relativement immobile ce qui m’a permis de la shooter sans avoir à la maltraiter. J’ai donc pris le temps de composer ma photo en respectant plus ou moins la règle des tiers. J’ai réglé le plus minutieusement possible mon trépied et affiné ma mise au point en rapprochant délicatement l’ensemble du sujet. J’ai souhaité une profondeur de champ maximale et c’est pour ça que j’ai fermé mon diaphragme à fond (F/22 avec cet objectif). Dans le but de conserver un temps de pose raisonnable (d’une demie seconde), j’ai donc compensé le tout en laissant la sensibilité filer jusqu’à 2000 ISO. Avec le recul je me rends compte que c’était une erreur de débutant. La mouche ne bougeant pas, j’aurais pu me contenter d’un temps de pose plus long pour maîtriser la montée en ISO et l’image n’en aurait été que moins bruitée. Cela dit, on note déjà pas mal de choses intéressantes. On distingue nettement des détails sur le corps de la bestiole qu’il aurait été impossible de voir à l’œil nu. C’est le cas pour les rayures sur son abdomen, la couleur rouge de ses yeux et les très fines soies sensorielles qui couvrent l’ensemble de son petit corps. J’ai également tenté d’apporter un peu de lumière avec le flash de mon Smartphone mais sans grand succès. Si ça m’a permis d’abaisser la sensibilité à 1000 ISO, ça a aussi introduit une lumière assez crue ayant engendré des reflets que je trouve un peu disgracieux sur l’animal.

Un rendu un peu granuleux  mais somme toute acceptable pour cette minuscule mouche de moins d’1 mm et sans objectif macro (Photo Joris Bertrand)

Un rendu un peu granuleux mais somme toute acceptable pour cette minuscule mouche de moins d’1 mm et sans objectif macro (Photo Joris Bertrand)

Le moustique… (Culex sp., maintenant je le suppose, grâce à ces photos…)

Ce que j’ai fait endurer à ce pauvre moustique relève davantage de ce qui nous est dicté par la loi de la jungle: « tue celui que tu veux manger ou celui qui veut te manger ». Et ici, c’était lui ou moi, je vous le jure. J’ai donc asséné un coup que je croyais fatal au malotru et comme je ne l’avais pas trop abîmé, j’ai décidé de le conserver pour lui faire prendre la pose. Je l’ai donc posé sur le corps de mon MacBook car j’ai pensé que le support brillant en aluminium brossé serait du plus bel effet pour mettre l’animal en valeur sur son lit de mort. Fort de mon expérience précédente, j’ai décidé de limiter un peu la fermeture de mon diaphragme (à F/16) ce qui était censé avoir pour conséquence de réduire un peu ma profondeur de champ mais aussi d’atténuer les phénomènes de diffraction des rayons lumineux. Le temps de pose était de 4 s mais la sensibilité se limitait à 800 ISO. Là encore on distingue clairement des yeux à facettes verdâtres, des antennes « poilues » et même ce rostre piqueur: l’espèce d’appendice d’apparence coriace qui me transperce l’épiderme toutes les nuits pour s’abreuver de mon sang et potentiellement me refiler toutes sortes de maladies tropicales plus ou moins incurables en contrepartie… Ici aussi j’ai essayé d’apporter davantage de lumière avec le flash de mon Smartphone mais toujours sans grand succès. On met mieux en évidence certaines parties translucide du corps de l’animal mais dans le même temps on exacerbe des défauts optiques sans doute inhérents à de tels grandissements. C’est peut-être également du au fait que ma mise au point n’était pas parfaite alors qu’elle devait être ajustée au millimètre (voire moins). Mais ici et même avec la fonction Live View et le zoom à fond, on se doit toujours un peu de procéder par essais et erreurs. J’ai fini par me rendre compte que le moustique bougeait encore un petit peu et j’ai donc décidé d’écourter l’expérience en lui donnant le coup de grâce…

Voici donc le portrait de celui qui est à l’heure actuelle mon pire cauchemar… (Photo Joris Bertrand)

Voici donc le portrait de celui qui est à l’heure actuelle mon pire cauchemar… (Photo Joris Bertrand)

Et dans la nature…

Suite à ce test, j’ai décidé de persévérer car les bagues allonge c’est définitivement fun. J’ai donc effectué quelques essais à main levée et dans la « vraie » nature. Bien sûr, les grandissements obtenus dans ces conditions ne peuvent pas être aussi importants et plutôt que de cumuler mes bagues allonges: 12 + 20 + 36 mm, j’ai préféré tour à tour utiliser mes bagues de 12 ou de 20 (et parfois de 36) pour pouvoir garder la liberté de shooter à main levée et encore une fois les résultats se sont avérés à mon goût assez prometteurs. Laissez-moi juste le temps de faire un peu de tri dans tout ça et je vous écris un article à ce sujet d’ici peu. En attendant continuez à faire des photos et à tenter des trucs et n’hésitez pas à partager cet article!

Publicités
Par défaut

6 réflexions sur “La photo animalière dans son appartement…

  1. Pingback: Ces photos qui ne représentent rien… | La Nature Des Images

  2. Pingback: Ma première sortie bagues-allonge dans la nature | La Nature Des Images

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s