Matériel

Les effets de flare un peu dégueu’ du Canon EF 50 mm F/1.8 II

Cette semaine, faute d’actualité photographique personnelle croustillante, je n’ai pas vraiment d’image à vous raconter. J’ai donc longtemps hésité à ressortir des tiroirs une de mes vieilles compositions. Et puis en repassant ma photothèque, j’ai finalement décidé d’évoquer un petit défaut optique de type flare auquel le Canon EF 50 mm F/1.8 II semble être particulièrement sujet dans certaines conditions: une sorte de ghosting. C’est un point qui me paraît intéressant à soulever à l’heure où Canon vient de lancer le remplaçant de l’objectif en question avec son EF 50 mm F/1.8 STM et que le fabriquant chinois Yongnuo a également lancé depuis quelques mois un concurrent aux Canon avec son EF YN 50 mm F/1.8. Je ne sais pas à quel point les deux autres modèles sont moins bons ou meilleurs que mon 50 F/1.8 à moi et je ne suis d’ailleurs pas en mesure d’effectuer un test comparatif. Je ne veux pas non plus dramatiser et casser du sucre sur le fût de ce petit objectif que j’affectionne tout particulièrement (vous le savez bien… Et si ce n’est pas le cas, cliquez ici). Mais sur les quelques centaines de photos que j’ai pu passer en revue, j’ai pu en extraire trois pour lesquelles cet effet de ghosting est selon moi à la fois visible et gênant.

Banqiao (Photo Joris Bertrand)

Banqiao… Je m’engage ou pas? (Photo Joris Bertrand)

La première image correspond à une scène nocturne de la circulation sur une artère fréquentée de la capitale taïwanaise. Elle a bien sûr été prise avec l’EF 50 mm F/1.8 II et correspond à une pose longue de 20 s (à F/22 et 100 ISO). A l’intersection des deux lignes de tiers en haut à gauche, on note la présence de deux trainées lumineuses (rouge et verte) qui sont en fait diamétralement opposées (par rapport au point central de l’image) aux deux sources lumineuses intenses que constituent les feux tricolores qui envoient leur lumière, pleine poire (ou presque), au travers de la lentille frontale de l’objectif.

Bialetti (Photo Joris Bertrand)

Bialetti! (Photo Joris Bertrand)

Sur la deuxième image, je m’étais amusé à une petite mise en scène nocturne en prenant en photo mes cafetières italiennes en pleine action (Oui… Parfois, les soirées sont longues à Taipei…). Encore, une fois, on voit très bien une sorte de tâche lumineuse qui comme par hasard est exactement diamétralement opposée à la source lumineuse que représente la flamme du réchaud (et son reflet). Pour le reste, cette photo est aussi une pose longue de 8 s prise avec le même objectif (à F/3.2 et 100 ISO).

Xinhi Road (Photo Joris Bertrand)

Xinhi Road avec Taipei 101 en toile de fond (Photo Joris Bertrand)

La troisième image peut apparaître comme relativement semblable à la première mais ce n’est pas une pose longue. Son temps d’obturation n’est que d’1/15 s (à F/3.5 et 3200 ISO). Encore une fois, tracez dans votre esprit des lignes passant par le point central de l’image et vous vous rendrez compte que les traînées parasites qui s’étalent dans un plan horizontal au tiers supérieur de l’image correspondent en fait exactement aux projections des feux de circulation par rapport au point central de l’image.

Dans l’absolu, ce petit défaut optique n’est pas rédhibitoire. D’abord parce qu’il n’apparaît au final que sous certaines conditions très particulières et puis parce qu’il doit pourvoir se corriger assez facilement dans un logiciel de retouche. Dans une certaine mesure, il doit même pouvoir permettre des effets créatifs un peu à la manière d’un bon gros phénomène de flare plus classique lorsque le soleil est dans le cadre. Au demeurant, de tous mes objectifs, seul mon EF 50 mm F/1.8 II semble y être vraiment sujet. Parmi les recherches que j’ai pu effectuer sur Internet, il semblerait qu’une des raisons possibles serait que cet objectif, lancé en 1990, ait à la base était conçu pour des boîtiers argentiques qui étaient moins sujets à ce phénomène que les appareils numériques. Du coup je serais curieux de savoir s’il est encore possible de prendre en défaut des versions plus actuelles de l’EF 50 mm F/1.8 (ou d’autres objectifs). Dans le même temps, les avis sont partagés sur les forums. Certains y voient un effet dû à l’utilisation de filtres UV et/ou protecteur (que je devrais penser à dévisser dans ce genre de situation) et sur lesquels se reflètent les lumières intenses depuis l’intérieur même de l’appareil. D’autres, rétorquent que ce phénomène apparaît préférentiellement sur certaines optiques données et ce, que ce soit avec ou sans filtre. Certains mettent aussi en cause de possibles effets de réflexion interne sur la lentille frontale en incriminant le capteur… Si vous avez des éléments de réponse, n’hésitez pas à venir les partager en commentaire!

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