Expériences photographique

« Bye bye Taïwan… »

A la prise de vue…

Aujourd’hui, j’innove, et ce ne sera pas une, ni deux, ni trois mais bien 390 images (sans le bonus) que je vais vous raconter! Mais rassurez vous tout de suite, vous n’aurez pas à vous coltiner le visionnage d’une galerie de quelques centaines de photos. Non, en fait, je voudrais plutôt partager avec vous mes impressions suite à mon premier essai en time-lapse. Comme quoi, même après des années de pratique photographique, on peut encore et toujours découvrir de nouvelles techniques. Pour rendre une dernière fois hommage à Taïwan, j’ai donc décidé d’utiliser cette technique pour essayer de rendre compte du dynamisme du quartier dans lequel j’ai vécu pendant un an et demi. Le résultat est encore perfectible mais j’ai été pas mal emballé par le procédé. Il permet en effet de retranscrire le mouvement là où il n’est pas toujours assez rapide pour être apprécié à sa juste valeur par notre perception humaine. Et dans le cadre d’une jungle urbaine comme Taipei, ça peut très vite donner le vertige… Ici, je me suis essayé à capturer ce moment où la canicule diurne laisse peu à peu place à la nuit. L’ambiance nocturne est toujours chaude, certes, mais l’absence de soleil rend la balade agréable, ou en tout cas plus supportable. Du coup, la ville ne s’endort pas et bien au contraire. Elle allume ses lumières et les gens quittent la fraicheur toute relative des intérieurs climatisés pour s’aérer un petit peu l’esprit. En ce qui me concerne en tout cas, ça me fait travailler ma patience et ça m’aura par la même occasion appris comment créer une chaîne Youtube sur laquelle je posterai mes time-lapse. N’hésitez pas à vous y abonner si vous souhaitez ne pas en rater une miette.

Le matériel…

Pour réaliser ce time-lapse, j’ai utilisé mon boîtier réflex (un Canon EOS 70D), mon zoom transtandard (un Canon EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM), le tout monté sur mon trépied de voyage (un Manfrotto Befree). Bien qu’il soit tout à fait envisageable de réaliser un time-lapse de façon « artisanale » en chronométrant le temps entre chaque pose avant de déclencher manuellement (ce qui doit quand même être un peu chiant…), j’ai pour l’occasion essayé ma nouvelle télécommande intervallomètre: Phottix Aion. Cette télécommande est relativement sophistiquée et permet de commander votre appareil sans fil, à une distance de 60 mètres (selon le fabriquant). Dans le cadre de la réalisation de ce time-lapse, je me suis contenté de l’utiliser avec fil (sans le récepteur) et il faut dire qu’une télécommande intervallomètre plus simple (et meilleur marché) aurait également très bien pu faire l’affaire. Pour le reste, il faut simplement s’armer de patience car c’est au total environ 1h20 de prise de vue qu’il m’aura fallu pour engranger près de 400 photos nécessaires à la réalisation de la première séquence de ce time-lapse.

Les réglages…

Comme je m’attendais à ce que la luminosité décroisse de manière relativement progressive, j’ai fait le choix de régler mon boîtier en mode priorité à l’ouverture (Av, chez Canon) avec le diaphragme assez ouvert (à F/4). Je laissais donc le soin à l’appareil de mesurer l’exposition et recalculer le temps de pose sur chaque photo (il a été compris entre 1/125 s au début et 0,3 s à la fin). En ce qui concerne la sensibilité ISO, j’avais a priori choisi le mode « ISO Auto » de l’appareil en lui contraignant une plage allant de 100 à 800 ISO pour éviter que le bruit électronique ne devienne trop perceptible, quitte à voir les temps de pose s’allonger. Mais j’ai oublié de valider correctement ces réglages de sensibilité et je vous raconterai donc ce qui s’est réellement passé dans le paragraphe ci-après consacré à mes erreurs… Pour le reste, j’ai désactivé l’autofocus et effectué manuellement ma mise au point au niveau du premier tiers de l’image en m’aidant du mode Live View et en n’hésitant pas à utiliser la fonction zoom de l’écran LCD pour être plus précis. En effet, on n’a pas besoin que l’appareil cherche systématiquement à refaire la mise au point entre chaque image, d’autant que l’autofocus risque de patiner à la tombée de la nuit. J’ai également pensé à désactiver la stabilisation qui est inutile quand l’appareil est sur trépied. Tant qu’on en est à parler de tout ça, j’ai utilisé le niveau intégré de mon boîtier pour me mettre d’équerre (sur le plan horizontal). Dernier point, j’ai utilisé le mode de mesure évaluative pour calculer l’exposition (c’est le mode par défaut). En ce qui concerne l’intervallomètre, je l’ai simplement paramétré de sorte qu’il prenne une image toutes les 10 s jusqu’à ce que je décide de l’arrêter (sans nombre de poses maximal fixé). Une fois n’est pas coutume, j’ai shooté en .jpeg pour être sûr de pouvoir accumuler des centaines d’images, même sur une carte mémoire SD d’une capacité de 16 Go. Le seul autre paramètre que j’ai fixé dès la prise de vue, c’est la balance des blancs que j’ai réglé en mode Nuageux (environ 6000 K) pour éviter qu’il y ait d’écart d’une vue à l’autre. Une fois qu’on s’est assuré que la batterie est bien chargée à bloc et qu’elle ne nous lâchera pas durant la séance, c’est parti!

En post-production

N’étant pas un acharné du montage vidéo, tant pour des raisons de compétences que pour des raisons de patience, j’ai délibérément voulu commencer par faire simple. J’ai donc importé l’ensemble de mes images dans Lightroom. De là, j’ai appliqué des corrections à l’objectif de manière manuelle. J’ai donc corrigé les perspectives de sorte que les lignes verticales soient bien verticales et j’ai aussi rectifié la distorsion. Par la suite, j’ai ajusté le cadrage en optant pour un format 16:9 (type cinéma). Puis, j’ai appliqué des corrections assez basiques (contraste, clarté, vibrance et saturation) avant d’exporter mes images dans un dossier. La vidéo time-lapse a été encodée dans un utilitaire gratuit: Time Lapse Assembler (pour Mac) au moyen du codec h.264 à une fréquence de 24 im/s. Il y avait donc au départ 390 images prises en 1h20 pour une séquence finale de seulement 390/24 soit environ 16 s ! Que dire de plus si ce n’est que la vidéo a été enregistrée avec une taille de 1920 pixels sur le grand côté: la résolution Full HD. On note un léger phénomène de scintillement (ou flicker) qui est du au fait que l’appareil recalculait l’exposition pour chaque image. Ce phénomène peut visiblement se corriger efficacement a posteriori dans des logiciels plus sophistiqués tels LRTimelapse 4. Cela-dit, ce programme m’a aussi l’air un petit peu plus élaboré et j’ai préféré commencer en douceur avant de me frotter à davantage de difficulté quitte à ce que le résultat soit potentiellement moins bon que ce qu’il aurait pu être.

Les erreurs du débutant…

La première erreur que j’ai commis tient plus à une contrainte matérielle qu’à une véritable erreur humaine. En effet, bien que j’aie utilisé mon zoom à sa focale la plus courte (15 mm), le champ couvert n’était pas encore assez large à mon goût pour saisir l’ensemble de la scène que je voulais montrer. Ca a été d’autant plus le cas que j’ai perdu une partie de l’image une fois que j’ai corrigé les perspectives et la distorsion de l’objectif dans Lightroom. On perd encore un petit peu plus de l’image une fois qu’on choisi d’adopter un format 16:9 plus adapté à un affichage vidéo. Au final, il n’y a donc pas de solution miracle à tout ça si ce n’est d’opter pour un ultra grand angle (au risque de perdre également une partie de l’image après correction des défauts optiques) ou travailler sur capteur plein format (ce qui permet d’emblée de couvrir un angle de champ plus important à focale équivalente). Quand c’est possible, on peut donc conseiller de cadrer un petit peu plus large que nécessaire à la prise de vue pour pouvoir se permettre de rogner sans états d’âme en post-production.

La deuxième erreur un peu bête (mais heureusement sans trop de conséquences) que j’ai fait, c’est d’avoir oublié de régler mon appareil sur le mode « ISO Auto » que j’avais pourtant pensé à paramétrer. La première partie de ce time-lapse a donc été réalisée à une sensibilité fixe de 200 ISO. Quand la luminosité a commencé à baisser, j’ai été alerté par la vitesse un peu trop lente des claquements de l’appareil. J’ai choisi de rectifier ma bêtise en cours de route en passant en mode « ISO Auto ». L’appareil est alors immédiatement monté à 800 ISO et j’ai eu peur que ça se voit sur le résultat. Au final, il n’y a rien eu de perceptible à ce niveau là, et c’est tant mieux…

La troisième erreur que j’ai fait, c’est de ne pas avoir pensé à désactiver la fonction de réduction du bruit en exposition longue! Si votre boîtier est équipé de cette option, pensez-y car c’est un conseil qu’on ne trouve que rarement sur les différents tutoriels… Sur la fin du time-lapse, les temps de poses devenaient plus longs qu’1/10 s. A chaque fois que l’appareil prenait une image, il appliquait la fonction de réduction du bruit ce qui décalait la prise de vue suivante. Au final, et même si ce n’est encore une fois pas flagrant à l’image, les dernières images de la première séquence de ce time-lapse n’ont donc pas été prises toutes les 10 s (mais toutes les 20 s…).

Les séquences bonus!

J’ai tellement été intéressé par cette première expérience que j’ai décidé de descendre de chez moi et poursuivre l’aventure en disposant mon trépied un petit peu partout dans mon quartier. Au final, l’assemblage final est composé 1334 images dont la prise de vue à occupé mes soirées pendant presque une semaine. La vidéo finale fait un petit peu plus d’une 1 min 30. J’aurais bien aimé que certaines séquences soient plus longues et avec des vues prises avec un intervalle plus court. J’avais cru bien faire en activant le pré-relevage du miroir avant la prise de vue pour limiter autant que faire se peut, les micro-vibrations… Le souci c’est que dans ces conditions, à chaque fois que l’intervallomètre envoyait une impulsion au boîtier, celui-ci relevait son miroir à la première et prenait une photo à la deuxième. Du coup, ce soir là, je n’ai pris qu’une photo sur deux et je ne m’en suis hélas rendu compte qu’en rentrant à la maison. Encore une erreur de débutant qui ne se reproduira pas… Je vous donne donc rendez-vous pour une nouvelle vidéo en time-lapse dès que possible.

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