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Hommage à Taïwan (Partie 4) – Taïwan, un paradis pour photographes?

Les vacances étant passées par là, je n’ai toujours pas eu le temps de poster le quatrième et dernier petit article du cycle qui était consacré à mes au revoir à Taïwan. Mais je compte bien me rattraper aujourd’hui avec un petit billet de rentrée à la fois court et pratique dans lequel je m’interroge sur le fait de savoir si Taïwan ne serait pas un paradis pour photographes? (tout est dans le titre…). La réponse personnelle que je pourrais bien apporter à cette question tiendrait pas mal du « Oui… Mais… » et je vais vous expliquer pourquoi.   

Des prix de folie!!!

Je sais, c’est mal de commencer par l’argument financier, et je ferais mieux de d’abord insister sur des aspects plus artistiques que celui-là, mais ce qui m’a d’abord frappé à Taïwan, c’est à quel point le prix du matériel photo est avantageux comparé à ce qu’il est en Europe. La première fois que j’ai été trainer au croisement de deux rues dénommées BoiAi et HanKou à Taipei (voir la carte ci-dessous), j’ai assez vite compris que si j’allais faire des économies sur chacun des articles figurant sur ma liste de souhaits « photo », j’allais au final en dépenser plus que prévu en cumulant les achats, ou devrais-je dire, les « investissements » (pour avoir la conscience plus tranquille). Ce quartier de la capitale taïwanaise qui concentre la plus forte densité en boutiques photo dans le pays (et j’en mettrai presque ma main à couper… Au monde!) s’apparente à une véritable caverne d’Ali Baba ou vous pouvez à peu près trouver tout le matériel photo que vous imaginez à des prix imbattables. Les raisons à cela sont multiples. D’abord, il semblerait que l’équivalent taïwanais de notre T.V.A soit moins élevé. Ensuite, Taïwan est considéré par beaucoup de marques comme un marché encore « émergeant » ce que j’ai un peu de mal à saisir vu l’équipement photo du photographe taïwanais « moyen ». Les fabricants semblent ainsi faire des efforts pour pénétrer ces marchés en acceptant de réduire leurs marges (efforts auxquels il faut sans doute ajouter un cout du travail et des charges moins élevés). De ce que j’ai pu voir et en comptant les petites remises que vous pourrez négocier en plus en magasin, les réductions observées vont de 25% à 40% sur la plupart des marques (Canon, Nikon, Tokina… mais pas Samyang par exemple). Il est à noter que ces réductions sont également valables chez des marques autres que les fabricants d’appareils photo (par exemple, Apple). La contrepartie à tout ça c’est que parfois, la garantie fabricant semble ne pas s’appliquer en dehors de Taïwan. En tant qu’ex-résidant, je ne me posais pas trop ce genre d’interrogation d’autant que je n’ai pas non plus cassé ma tirelire là-bas, mais je suppose que c’est le genre de questions qu’il faut se poser si l’envie vous prenait d’aller acquérir un super-téléobjectif à grande ouverture là-bas en tant que touriste, dans le but de le rapporter en Europe. Quand le matériel neuf demeure au delà de son budget, on peut toujours compter sur un marché de l’occasion assez bien fourni et organisé avec des magasins spécialisés. En effet, les taïwanais sont généralement avides de « modernité » et font en sorte de toujours posséder LA dernière version de tout (Smartphones et matériel photo en tête).

Pour le reste, je n’ai jamais eu de mauvaises surprises. Les prix affichés sur les emballages (lorsqu’ils le sont) ne correspondent souvent pas au montant final de la facture mais c’est toujours à votre avantage. Bien souvent, et sans avoir recours à la négociation berbère, le vendeur vous proposera assez rapidement un prix canon (même si vous achetez du Nikon… :-p) et vous offrira bien souvent une carte mémoire, un filtre, un kit de nettoyage, une batterie supplémentaire, tout en prenant le soin de vous placer un petit film protecteur sur l’écran LCD du boîtier que vous pourriez acheter. Il existe également de légères différences de prix d’une boutique à l’autre. Aussi, je vous conseille de ne pas hésiter à passer par plusieurs d’entre elles (elles sont bien souvent attenantes les unes aux autres) et faire jouer la concurrence avant de sortir le portefeuille. En revanche, les prix peuvent parfois être bien plus élevés, voire plus haut qu’en Europe si vous tentez votre chance dans des zones où la densité en boutique photo est plus faible (Attention donc!). Enfin, le dernier point négatif que je voudrais évoquer tient plus du petit désagrément que d’un réel problème, mais les magasins s’apparentent souvent à de petites échoppes étriquées où le matériel n’est pas directement visible. Il vous faudra donc parler chinois, au mieux bredouiller quelques mots d’anglais (ce qui ne fonctionnera pas dans tous les magasins) ou arriver avec la référence écrite noir sur blanc pour être sûr d’arriver à vous faire comprendre. On est donc bien loin des hyper store de la photo à la sauce japonaise que je n’ai jamais eu l’occasion de visiter personnellement mais qui, de ce qu’on m’en a dit ou de ce que j’ai pu en lire, me font déjà rêver…

La fameuse Camera Street de Taipei, à l’heure où elle ne grouille pas d’une activité frénétique (Photo Joris Bertrand).

La fameuse Camera Street de Taipei, à l’heure où elle ne grouille pas d’une activité frénétique (Photo Joris Bertrand).

Une faune peu farouche mais une densité de population tout simplement exaspérante…

Un autre aspect au premier abord féérique, c’est de constater à quel point la faune et en particulier certaines espèces qui sont excessivement farouches chez nous peuvent faire preuve d’une totale indifférence, voire d’un certain intérêt à l’idée d’interagir avec les humains à Taïwan. C’est par exemple le cas des hérons et autres aigrettes ou encore des martins-pêcheurs que vous pourrez approcher, parfois à une distance de l’ordre du mètre sans prendre la moindre précaution. C’est également le cas pour bon nombre d’autres espèces qui pourraient apparaître comme relativement exotiques dans nos contrées. C’est agréable mais ça rend la photo « facile », et j’avais déjà eu l’occasion de vous faire part de mes états d’âme à ce sujet suite à une séance, pourtant inespérée en Europe, de prise de vue rapprochée de milans noirs dans le port de Keelung. Une autre conséquence à tout ça, c’est que cette activité facile qu’est la photo animalière se transforme à Taïwan plus qu’ailleurs en loisir de masse et intéressant en tout premier lieu, les personnes âgées. Lorsque vous venez vous mettre à l’affût à quelques mètres en dessous d’un nid d’épervier besra sans importuner le moins du monde les animaux, attendez-vous à essayer d’installer votre trépied aux côtés de dizaines d’autres. Les photographes se passent le mot sur les réseau sociaux dès qu’il y a une potentielle cible à se mettre dans le collimateur, et débarquent en véritables armées de photographes, souvent suréquipés et camouflés à un point qui frise le ridicule… Parfois c’est aussi l’occasion de voir des scènes touchantes. J’ai dans le souvenir, ce très très vieux monsieur arpentant un jardin public de Taipei traînant derrière lui une sorte de chariot de golf avant d’en sortir un trépied Gitzo Carbone et d’installer patiemment son Canon EOS 1-D X et son EF 600 mm F/4 L IS USM II dessus afin de réaliser LA photo parfaite de Zostérops du Japon dans les cerisiers en fleur. Bref, il y a du monde, beaucoup de monde, comme partout ailleurs sur cette petite île. Certains photographes, juste un poil arrogant n’hésiteront pas à vous regarder avec condescendance et à vous faire la leçon si d’aventure vous vous risquiez comme moi à photographier sans trépied ni déclencheur filaire et vêtu d’un short et d’une paire de tongs. Pour le reste, on est à Taïwan. Si, lors d’une séance d’affut, le soleil de plomb vous dessèche la langue, vous savez que vous pouvez laisser toute votre installation en place et aller vous chercher une boisson au 7-eleven (la superette du coin que l’on trouve absolument partout ici) en toute quiétude, car ici, et c’est bien appréciable, on ne vole pas.

En attendant "l’oiseau aux cinq couleurs”… Cette scène est loin d’être la plus affolante qu’il m’ait été donné d’observer (Photo Joris Bertrand)

En attendant « l’oiseau aux cinq couleurs »… Cette scène est loin d’être la plus affolante qu’il m’ait été donné d’observer (Photo Joris Bertrand)

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