Matériel

La vie en large: pourquoi au Tokina AT-X PRO SD 11-16 F/2.8 IF DX II?

Ce n’est pas parce que la focale se fait courte que l’encombrement est moindre… La preuve avec le Tokina 11-16 mm F/2.8 à côté du Canon 15-85 F/3.6-5.6… (Photo Joris Bertrand)

Ce n’est pas parce que la focale se fait courte que l’encombrement devient moindre… La preuve avec le Tokina 11-16 mm F/2.8 à côté du Canon 15-85 F/3.6-5.6 et de l’EOS 70D… (Photo Joris Bertrand)

J’avais des envies d’Ultra Grand Angle au point d’avoir été jusqu’à tester un fisheye: le 8 mm F/3.5 de chez Samyang. J’ai aimé mais je vous avais confié avoir quelques doutes en raison de sa polyvalence forcement un petit peu limitée (vous pouvez relire le post en question en cliquant ici). Il permet de voir large, très large, mais en contrepartie, il déforme les lignes en courbes à outrance (ce qui est inhérent aux fisheye me direz-vous…). Ca peut-être un effet recherché et j’ai trouvé ça tellement fun et potentiellement créatif que je n’exclue pas de m’en payer un, un jour, pour le côté ludique. Cela dit, j’ai pris le temps de laisser murir ma réflexion depuis mon dernier article à ce sujet. Je crois finalement avoir choisi la voie de la raison. Je me suis dirigé vers quelque chose d’un peu moins grand angle mais à la fois plus lumineux, délivrant une image plus conforme à la réalité et par la même occasion non dépourvu des automatismes (autofocus et réglage de l’ouverture du diaphragme) comme sur les Samyang (qui sont « tout manuel »).

Parmi les différents modèles disponibles en monture EF ou EF-S de chez Canon, le Tokina AT-X PRO SD 11-16 F/2.8 IF DX II (difficile de trouver sa dénomination exacte…) a très vite attiré mon attention. Pourquoi? Car il faisait, quand j’ai effectué mes recherches, un petit peu figure d’OVNI dans sa catégorie en proposant une ouverture maximale constante de F/2.8. De ce point de vue là, il possédait donc une longueur d’avance sur le Sigma 10-20 mm F/3.5 EX DC HSM et le Canon EF-S 10-22 mm F/3.5-4.5 USM en matière de luminosité, même ci ces deux derniers possèdent l’avantage de présenter un range un plus vaste. Encore une longueur derrière (toujours en terme de luminosité), on trouvait un autre Canon: l’EF-S 10-18 mm F/4.5-5.6 IS STM, un autre Sigma: le 8-16 mm F4.5-5.6 CD HSM et le Tamron SP AF 11-18 mm F/4.5-5.6 Di II LD Aspherical [IF] (qui n’avait pas encore été remplacé par le SP AF 10-24 mm F/3.5-4.5 Di II LD Aspherical [IF]). Pour moi, avoir un objectif relativement lumineux était important. Pas forcement pour le panorama paysager car on y travaille souvent avec le diaphragme bien fermé, mais plutôt pour réaliser des photos en intérieur et tenter de m’essayer à la photo de ciel étoilé. J’ai aussi pas mal d’idées de petites mises en scène naturelle faisant la part belle à des fleurs ou autres sujets qui en impose au premier plan face à un environnement en apparence lointain mais lui aussi bien présent. La contrepartie d’une grande ouverture réside souvent dans le fait que les objectifs sont plus volumineux, plus lourds et généralement plus chers. Cela se vérifie globalement même si la corrélation n’est pas parfaite pour autant. Encore fallait il savoir ce que ça aller donner en terme de performances optiques.

D’après DXOmark (et en considérant les modèles ayant été testés sur l’EOS 70D), c’est globalement le Sigma 10-20 F/3.5 qui l’emporte d’une courte tête sur le Tokina 11-16 F/2.8 (qui ne pêche en fait que par son aberration chromatique plus marquée que sur tous les autres modèles). Le Canon 10-22 complète le podium alors que les trois autres modèles mentionnés ci-dessus se tiennent dans un mouchoir de poche avec des performances globales très légèrement en retrait. J’ai donc décidé d’écarter ces trois modèles: le Tamron 11-18, le Canon 10-18, et le Sigma 8-16, trop peu lumineux pour moi et pas au top du top en terme de qualité en dépit d’un range que j’ai trouvé parfois très alléchant (ex. pour le Sigma 8-16), un rapport compacité/prix attractif (ex. le Canon 10-18) ou une motorisation ultrasonique classique (sur les Tamron 11-18 et Sigma 8-16). Le Canon 10-18 possède lui un système de motorisation STM a priori adapté à une mise au point homogène lui conférant des qualités indéniables en vidéo (un domaine qui n’est pas ma tasse de thé). J’ai donc fait le choix de me recentrer sur les trois autres modèles. Le Canon 10-22 est le plus cher, le moins lumineux et le « moins bon » des trois en terme de performances optiques (à relativiser bien sûr)… Le Sigma remporte avec une courte avance (toujours d’après DXO) le combat au niveau des performances optiques et il est pourvu d’une motorisation ultrasonique (contrairement au Tokina) mais il est moins lumineux et nécessite des filtres d’un diamètre de 82 mm (contre 77 mm pour le Tokina). Pour un modèle donné, plus un filtre possède un diamètre important et plus il sera cher (et potentiellement plus difficile à se procurer)… Enfin, leurs mensurations sont similaires (en gros 90 mm x 80 mm) et leurs poids identiques (à 10 grammes près). En petite cerise sur le gâteau, le Tokina avance l’argument d’un diaphragme à 9 lamelles permettant d’obtenir une ouverture circulaire là ou le Sigma ne propose « que » 7 lamelles (et 6 pour le Canon). Même si je ne comptais pas investir dans ce genre d’objectif pour obtenir des bokeh de folie, le rendu serait peut-être sensiblement plus propre sur mes paysages urbains nocturnes avec le Tokina.

Depuis, les choses ont un peu changé. Tamron a récemment repris la tête en terme de range avec son sympathique 10-24 F/3.5-4.5, mais je dois admettre que j’avais bien la ferme intention de faire figurer une ouverture maximale constante de F/2.8 dans mon cahier des charges. A ce propos, Tokina a récemment persisté et signé en lançant son ATX 11-20 F/2.8 PRO DX qui est censé être le successeur du 11-16 F/2.8. Alors pourquoi ne pas avoir penché pour cette évolution du 11-16 F/2.8? En fait, le dernier argument a été principalement d’ordre financier. Résidant à Taïwan, j’ai pu le toucher à un prix que je n’aurais jamais pu espérer (avec en prime un filtre UV et un polarisant circulaire correct à prix cadeau) car les commerçants devaient commencer à liquider les stocks de 11-16 F/2.8 avant de s’approvisionner en 11-20 F/2.8. En plus de cela, je me voyais mal me ré-équiper avec des filtres d’un diamètre de 82 mm alors que je pouvais espérer me servir conjointement de ceux d’un 11-16 F/2.8 (de 77 mm) sur mon 300 F/4. Les tests et revues du 11-20 F/2.8 ont également pas mal tardé à venir et une poignée d’utilisateurs de la première heure semblaient confier qu’il n’y avait pas d’avancée majeure en terme de qualité optique entre le 11-16 F/2.8 et le 11-20 F/2.8. A cela s’ajoutait le fait que je n’étais pas persuadé d’avoir l’utilité de la plage de focale 16-20 mm qui se recoupe avec celle de mon EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM. Je me suis donc laissé tenté par le 11-16 F/2.8. J’ai déjà un peu commencé à shooter avec mais je vous ferai part de mes impressions détaillées une fois que j’aurai eu le temps de bien prendre la bête en main!

A bientôt donc sur La Nature Des Images si le sujet vous intéresse…

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