Comme un avion de chasse (Photo Joris Bertrand)

Comme un avion de chasse (Photo Joris Bertrand)

A la prise de vue

Quand ils sont aussi amateurs de la gent ailée, les photographes s’essayent souvent à l’”ornitho-photo-pixel »… Cette pratique consiste notamment à garder un souvenir photographique de ses observations ornithologiques, même s’il apparaît évident que la photo en elle-même n’aura rien d’esthétique. C’est d’autant plus le cas quand les oiseaux sont farouches et que notre matériel photographique n’est de toute façon pas adapté… Et bien souvent, même une focale de 300 mm s’avère insuffisante pour cadrer suffisamment serré votre sujet. Vous vous retrouverez donc quasi-systématiquement avec un cadre désespérément vide et quelque part, l’amas de pixels d’intérêt. En zoomant à 100%, peut-être verrez vous apparaitre la représentation identifiable de l’oiseau que vous avez tenté de photographier. Si c’est le cas, alors ça sera à moitié gagné car pour le photographe de nature, une photo n’est-elle pas déjà à moitié réussie quand elle a un intérêt documentaire?!

C’est un peu dans cet état d’esprit que j’ai shooté ma cible de façon opportuniste ce jour là. Certes, sa silhouette d’avion de chasse si caractéristique et l’environnement dans lequel je me trouvais ne laissaient aucune place au doute en ce qui concernait son identification. Un faucon pèlerin (Falco peregrinus) sillonnant les aplombs rocheux des falaises côtières de la baie de Sydney. Cet oiseau me fascine depuis ma plus tendre enfance, ne serait-ce que parce que jusqu’à preuve du contraire, c’est l’animal le plus rapide du monde. En piqué, un individu dressé, lancé depuis un avion à la poursuite d’un leurre a déjà été chronométré à la vitesse de 389 km/h (d’après ce que j’ai pu trouver de plus récent). Ce jour là, l’individu en question se déplaçait à une vitesse plus modeste et je me suis contenté de le shooter à pleine ouverture (F/4) au 1/1250 s et à 100 ISO, juste pour le souvenir.

 En post-production

Même si les résultats obtenus, sont plus flatteurs avec Adobe Lightroom, j’ai tenté d’obtenir un rendu similaire avec la simplicité relative de Canon Digital Professional. Mais à vrai dire, j’ai de plus en plus tendance à délaisser ce programme et j’envisage d’employer un autre logiciel (si possible open source) pour cette rubrique… Premièrement, un recadrage s’imposait pour donner plus d’importance au sujet, et j’ai fait en sorte de placer le faucon sur un point fort de l’image. Puis, j’ai procédé à un réglage auto de gamma. Ensuite, il a fallu jouer sur l’exposition globale (+1 IL), les Ombres (+5) et la Lumière (-5) pour tenter de faire ressortir au mieux les motifs et les couleurs de la face inférieure de l’oiseau (largement sous-exposée) sur fond de ciel (légèrement surexposé). Le contraste a ensuite été poussé à +2, de même que la saturation. Enfin, la force du masque de flou a été passée à +5. C’est là que je me rends compte que Lightroom se révèle très efficace pour récupérer des détails dans les ombres… Pour le reste, ce qui est délicat avec ce genre de post-production c’est de savoir garder un certain équilibre entre l’envie de zoomer toujours plus (et parfois trop) au détriment de la qualité globale de l’ensemble. Dans cette composition aérée, l’allure du faucon arrive déjà à en imposer pas mal. Et puis de toute façon, le souvenir restera…

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Des images racontées...

« Crop sur l’animal le plus rapide du monde »

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9 réflexions sur “« Crop sur l’animal le plus rapide du monde »

  1. Domi dit :

    Un couple a niché dans le sapin à côté du poulailler de mamy. Du coup elle n’ose pas sortir ses poussins; tu pourras shooter à souhait les vols stationnaires que l’on surveille tous les jours. Bisous et à bientôt

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  2. Sacré piaf effectivement. Ici au Danemark, quand les limicoles ou les canards s’envolent, c’est en général un pygargue, mais avec un peu de chance c’est un « vandrefalk » qui dérange tout ce beau monde 😉

    Je me reconnais bien dans toutes ces considérations photographiques, si ce n’est que je ne suis pas vraiment intéressé par une photographie documentaire (sauf quand je ne suis pas capable d’identifier l’oiseau, là j’essaye d’avoir quelque chose). Souvent je shoote, mais je sais très bien que je ne vais pas m’embêter à développer le cliché une fois à la maison. En balade avec des ornithos, si on spotte un oiseau un peu rare ou original, souvent ça crépite autour de moi, mais je sais très bien qu’avec mon pauvre 300mm, ça ne donnera rien, et donc je garde l’appareil bien au chaud et profite du moment avec les jumelles ou la longue-vue 🙂 Comme tu dis, le souvenir restera…

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  3. Le rendu final est plutôt intéressant. Je n’y connais rien en post-traitement.

    La rencontre la plus surprenante que j’ai eu avec cet oiseau était en Ouganda, un individu perché sur un poteau… ce n’est pas le fait qu’il soit sur un poteau le plus surprenant, mais l’individu lui même. En effet, la ssp sub-saharienne a la taille d’un Faucon crécerelle !

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