Expériences photographique

Revoir les Grands Causses (Partie 2)

Initialement, j’avais réservé ce titre au deuxième volet d’un premier article que j’avais rédigé lors d’un bref retour dans ma région d’origine à l’automne 2015. Mais en fait, je n’ai jamais pris le temps de boucler la série à ce moment là. Ca sera désormais chose faite, quelques six mois plus tard.

Les Grands Causses au printemps (Photo Joris Bertrand)

Les Grands Causses au printemps (Photo Joris Bertrand)

Autant lors de ma précédente venue, la nature entrait peu à peu en dormance, autant cette fois-ci, je retrouve les Grands Causses au beau milieu de leur explosion de vie annuelle. Cette année, l’arrivée du printemps aura été tardive et la saison aura été particulièrement fraîche et pluvieuse. Les paysages s’affichent comme une matrice verdoyante agrémentée d’une mosaïque florale colorée et abondante. L’herbe y est haute et quand le soleil donne, une impressionnante diversité d’insectes s’active en visitant une après l’autre, les milliers, que dis-je, les millions de corolles. Tout cela sans compter sur les impressionnantes densités d’Ophrys, qui se prennent pour des insectes et des autres orchidées qui depuis toujours me fascinent.

Un des nombreux butineurs de la friche (Photo Joris Bertrand)

Un des nombreux butineurs de la friche (Photo Joris Bertrand)

Partout où l’on sait prendre le temps de regarder attentivement, il est possible de surprendre les habitants des lieux. Au bord du chemin, les lapins détalent. Là dans la luzerne, émerge la silhouette d’un chevreuil et un peu plus loin, dans un près récemment fauchés, les renards parcourent inlassablement les andins se figeant soudainement avant de tenter d’assommer les rongeurs tapis dans la paille à l’issu d’un bond en avant. Au loin au dessus des friches, les busards virevoltent et les faucons crécerelles jouent les colibris géants. Un couple de circaètes parade avant de reprendre leur vol tranquille au dessus des coteaux arides. Et puis il y tout ce qui ne se voit pas forcement mais s’entend. Le feu s’artifice auditif est tel qu’il faut me faut parfois quelques instants pour associer les chants d’oiseaux, pour la plupart pas entendus depuis plus de deux ans au chanteur mystère. Alouettes lulu et des champs, rossignol et rouge-gorge, chardonneret élégant, linotte mélodieuse, serin cini, pouillot de Bonelli, bruants zizis et proyers, merle noir et grive musicienne… Cachées dans les buissons, quelques discrètes fauvettes méditerranéennes émettent leur cliquetis pendant qu’une pie-grièche écorcheur fait de même avec son nasillement avant de s’exhiber au sommet d’un prunelier. On discerne aussi par moment les chuintements légers des roitelets. Au loin, les répétitions du coucou semblent rythmer l’ensemble de la symphonie de la fin du mois de mai.

Renard sillonnant son territoire (Photo Joris Bertrand)

Renard sillonnant son territoire (Photo Joris Bertrand)

Un matin en déjeunant, je souriais en lisant l’édito du dernier Image & Nature qui résume pas mal l’état d’esprit dans lequel je suis à chaque fois que je retrouve ma région après des mois d’absence. Dans ce hors-série sur les jumelles, il est question de savoir parfois laisser le matériel photo à la maison pour profiter de ce que la nature a à nous offrir autrement qu’avec la finalité de sortir de belles images. C’est souvent une question que je me pose. Est-ce que je n’en profiterais pas plus si je laissais parfois le matériel photo à la maison en me contentant du simple matériel d’observation? Si je suis tout à fait d’accord sur le fait que les jumelles sont indispensables pour identifier formellement un oiseau ou décrypter en temps réel le comportement d’un plus gros mammifère lors d’une approche, je n’arrive tout simplement pas à ne pas faire suivre en parallèle un sac contenant au minimum mon boîtier, le téléobjectif et son multiplicateur de focale, l’objectif macro et un zoom grand angle. Les filets de camouflage, la tenue commando et autres poires de talc pour savoir d’où vient le vent m’apparaissent par contre comme totalement superflus dans ces conditions. De simples précautions consistant par exemple à ne pas porter de vêtements dont la couleur est plus claire que le sol ou à éviter les produits parfumés de la salle de bain avant la sortie suffisent bien souvent à approcher un renard ou un chevreuil à quelques mètres si les conditions sont réunies. La seule chose sur laquelle il n’est pas possible lésiner c’est d’être capable de se mettre à plat ventre dans l’herbe détrempée de rosée…

Cette année, les lapins sont plus nombreux (Photo Joris Bertrand)

Cette année, les lapins sont plus nombreux (Photo Joris Bertrand)

Publicités
Par défaut

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s