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« Quand on arrive en ville »

Le billet de rentrée de la Nature des Images risque de vous paraître un peu terne et pour cause, il n’aura même pas le privilège d’être agrémenté de la moindre photographie qui pourrait venir l’égayer et peut-être vous donner davantage envie de le lire. A priori ce n’était pas voulu mais après mûre réflexion c’est tant mieux car c’est de circonstance. Cela fait maintenant une bonne dizaine de jours que j’ai posé mes bagages à mon nouveau point de chute: Lausanne, Suisse. En soit la ville me paraît plutôt photogénique. Elle est chargée d’histoire et on y perçoit d’emblée un attrayant mélange mêlant avec un certain équilibre que je n’attendais pas forcement, dédale de petites ruelles étroites et pentues et belles demeures bourgeoises le long d’avenues plus aérées parallèles au rivage. En point d’orgue, on tombe assez souvent sur des perspectives permettant d’entrevoir en contrebas les eaux paisibles du lac Léman et en toile de fond les Alpes.

Tout est là pour faire le bonheur du photographe et mon équipement m’a même accompagné lors de bon nombre de mes escapades urbaines. Pourtant, je n’ai encore pas déclenché une seule fois et je n’en ai même pas eu envie. Bien sûr les petits tracas de la vie de tous les jours sont là pour aider à couper la chique à toute inspiration… Il faut s’affranchir d’une montagne de démarches administratives, s’intégrer dans son nouveau travail et trouver son nouveau chez soi. A Lausanne, ce dernier point s’avère d’ailleurs particulièrement ardu.

Pourtant j’ai l’intime conviction que mon instinct de photographe est aux aguets et au final, cette période d’abstinence photographique me sera probablement bénéfique. Comme dans toute ville que je découvre, je me plais à sillonner les rues à pied plutôt que d’emprunter les transports en commun. Je m’imagine certains angles de vue, sans les voitures ou sans les passants, de nuit, avec une lumière différente… Je n’irai pas aussi loin que Sylvain Tesson qui a été jusqu’à écrire que le fait de photographier les lieux que l’on découvre « tue l’intensité du moment ». Mais une fois n’est pas coutume, sachons en tant que photographe, décrocher notre appareil du cou pour mieux en prendre plein les mirettes et en partie inconsciemment, préparer ses sessions de prises de vue ultérieures. Bien sûr, rien ne nous empêche de garder le matériel à portée de main, dans le sac à dos, mais promis, c’est juste au cas où…

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Géolocalisation de ses photos: partage de bons plans glanés sur le web…

Il peut être plaisant, voire carrément utile d’être en mesure de géolocaliser ses photos, ne serait-ce que pour pouvoir se remémorer l’endroit où elles ont été prises. Même si votre appareil photo ne possède pas de GPS embarqué, il est toujours possible de s’éviter la fastidieuse besogne consistant à extraire soi-même les coordonnées géographiques des lieux de prise de vue à partir d’une interface telle que Google Maps (ou à défaut d’une simple carte papier). Ca faisait quelques temps déjà que j’avais envie de consacrer un article à la géolocalisation des photos, car c’est quelque chose que j’emploie assez souvent pour me souvenir de l’emplacement de certains paysages et, en tant que photographe naturaliste, pour garder une trace (ailleurs que dans ma seule mémoire) d’une observation animalière ou botanique d’intérêt. La semaine dernière, j’ai regardé une vidéo sur Youtube qui m’a indiqué qu’Adobe Lightroom était en mesure d’exploiter les fichiers traces des GPS (.gpx) pour géolocaliser les photos (en croisant coordonnées géographiques et heure de prise de vue). J’ai trouvé ça excellent et ça a été l’élément déclencheur qui m’a poussé à enfin rédiger ce petit post.

Quand on est dans l’optique de géolocaliser ses photos, il existe plusieurs cas de figures possibles.

L’appareil photo est déjà équipé d’un GPS

Il se peut tout d’abord que votre appareil photo soit muni d’un GPS intégré. C’est désormais le cas sur de plus en plus de compacts et à titre personnel, j’ai déjà pu expérimenter ça avec satisfaction avec mon petit compact shockproof & waterproof : un Canon Powershot D30 qui est d’ailleurs plus performant pour ses fonctionnalités GPS que pour son côté étanche… Si vous voulez en savoir plus sur mes mésaventures avec cet appareil, référez vous à l’article que j’avais rédigé à ce sujet. Les boîtiers réflex sont un peu plus à la traîne là-dessus car peu d’entre eux sont équipés d’un GPS, au moins en entrée (et même en milieu) de gamme. Bien sûr, il y a moyen de rajouter un module GPS qui se fixe sur la griffe porte-flash. Le problème c’est que les modèles de marques (ex. Canon GP-E2, Nikon GP-1) sont relativement chers et que les alternatives plus abordables demandent de faire quelques concessions qui peuvent s’avérer rédhibitoires. Il y a quelques temps, Tom Migot a proposé le test d’un modèle qui était relativement bon marché sans être inefficace pour autant (le Marrex MX-G10M II). Mais m’imaginer sur le terrain avec un fil entre le module GPS et le boîtier me suffit à trouver la solution inenvisageable.

Utiliser le GPS de son Smartphone pour géolocaliser vos photos via un application dédiée

Vous pouvez aussi utiliser le GPS intégré de votre Smartphone couplé à une application dédiée (comme gps4cam, que j’utilise de temps en temps) afin d’associer a posteriori les heures de prise de vue contenues dans les métadonnées de vos fichiers images à la position GPS enregistrée par le Smartphone à ce moment là (il faut bien veiller à ce que les deux appareils soient réglés sur la même heure!). Ca fonctionne bien et si vous voulez en savoir un petit peu plus, je vous invite à aller regarder cette vidéo de Blaise Fiedler de fotoloco. En ce qui me concerne, j’ai depuis plus récemment tendance à reléguer cette solution au placard pour la simple et bonne raison que mon Smartphone se fait vieux et que par conséquent, sa batterie a bien du mal à tenir tout le long d’une sortie photo de plusieurs heures…

Exploiter les fichiers trace (.gpx) de n’importe quel GPS avec Adobe Lightroom

Ma trouvaille de la semaine, c’est d’utiliser le GPS intégré d’un autre appareil et faire grosso modo la même opération que celle évoquée ci-dessus à l’aide d’Adobe Lightroom. Je ne pensais pas que c’était possible et j’en profite donc pour remercier Jeppesen et, une fois de plus, la bande des joyeux drilles de fotoloco pour le tuyau et leur vidéo. En fait, via son onglet carte, Lightroom vous permet de télécharger un fichier trace (.gpx) de façon à associer vos données de géolocalisation à l’heure de prise de vue de vos clichés. Vous pouvez donc utiliser cette fonctionnalité avec n’importe quel appareil pourvu de fonctionnalités GPS qui vous permette d’exporter une trace (Smartphone, montre GPS ou encore GPS intégré de voiture).

J’ai donc essayé de géolocaliser une série de photos prise à l’occasion d’une récente balade (pour laquelle j’avais activé le GPS de ma montre).

1) On récupère le fichier .gpx de la balade et on le stocke sur le disque dur.

2) On s’assure que l’heure de son appareil photo est bien synchronisée avec l’heure de son GPS…

3) Dans le module « Cartes » de Lightroom, on « charge le relevé d’itinéraire » et on patiente quelques secondes.

4) On effectue le « Balisage automatique des 67 (dans mon cas) photos sélectionnées ».

Le résultat, vous l’avez en image ci-dessous…

Géolocaliser ses photos dans Lightroom  à partir d’un fichier trace de GPS (.gpx)

Géolocaliser ses photos dans Lightroom à partir d’un fichier trace de GPS (.gpx)

L’avantage avec cette méthode c’est que pour peu que vous ayez une trace GPS (et Lightroom), vous pourrez géolocaliser toutes vos photos sans nécessairement devoir alourdir votre boîtier sur le terrain (et alléger votre portefeuille). Les randonneurs apprécieront certainement le tuyau car en plus de conserver la trace de leur balade qu’ils pourront par exemple rentrer dans Google Earth, ils auront en plus la localisation précise de l’emplacement des prises de vue. En préparant cet article, j’ai été à nouveau faire un petit tout sur Internet et je me suis rendu compte que Tom Migot avait déjà traité de tout ça dans une vidéo que j’avais raté, en 1) proposant un test du module GPS Canon GP-E2, 2) en évoquant des solutions alternatives pour géolocaliser ses photos à l’aide de son Smartphone (et une autre appli gps4cam) et 3) en présentant la possibilité d’utiliser aussi bien Adobe Lightroom qu’un logiciel maison de chez Canon: Map Utility, que je ne connaissais pas. Je vous renvoie donc sur l’article de blog et la vidéo en question et remercie donc tout ce petit monde pour les bons plans.

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L’adaptation à l’altitude favorise les différences au sein même des espèces

Étudier les variations de taille, de forme ou encore de coloration au sein même des espèces, c’est-à-dire entre les individus et les populations qu’ils composent, c’est un petit peu la base en biologie de l’évolution (et dans une certaine mesure, en écologie). En effet, comprendre comment les différences apparaissent et persistent (ou non d’ailleurs), c’est au bout du compte comprendre l’origine et l’évolution de la biodiversité. Après tout, que sont les espèces si ce ne sont des groupes d’individus (ou populations) qui ont suffisamment divergés les uns des autres pour être considérés comme des espèces à part entière. A la base, il y a les mutations génétiques, évènements normaux qui créent de manière aléatoire et aveugle de la variation. Et puis, il y a la sélection, sorte de crible que passe les individus portant les variations qui ne s’opposent pas trop à leur aptitude à survivre et à se reproduire. A cela s’ajoute bien sûr une bonne dose de hasard qui mettra par exemple parfois hors-course, même les individus « les plus aptes ». Mais l’environnement joue dans tous les cas un rôle prépondérant car la sélection évoquée ci-dessus reflète l’adaptation aux conditions locales et contraint par conséquent, la mise en place des différences entre individus et populations. Ces mécanismes sont donc très importants à déchiffrer pour comprendre comment les populations divergent les unes des autres et comment les espèces se forment.

Un des moyens d’étudier en quoi l’environnement influence l’évolution des animaux et des plantes consiste à décrypter les causes de la variation, et en particulier, des différences observables entre populations qui s’établissent le long de « gradients écologiques ». Il existe toutes sortes de gradients écologiques (d’humidité, de salinité, de température…) au travers desquels les conditions locales changent et le long desquels certains individus et groupes d’individus (les populations) s’adaptent en présentant de la variation (de taille, de forme, de couleurs…). Il est alors intéressant d’étudier en quoi les différences qu’on observe sont façonnées par une réponse à ces conditions changeantes au fur et à mesure qu’on se déplace dans l’espace. C’est ce qui m’a pas mal occupé pendant ma thèse au cours de laquelle, j’ai travaillé le long d’un gradient altitudinal allant du niveau de la mer jusqu’à plus de 2000 mètres d’altitude sur la côte Ouest de l’île de La Réunion. Avec mes collègues, nous avons mesuré, pesé et fait des prises de sang (pour effectuer des analyses génétiques) à quelques 400 individus provenant d’une petite vingtaine de sites d’étude afin d’étudier les causes de différences observables chez un petit oiseau endémique de l’île: le zostérops gris de La Réunion (Zosterops borbonicus).

Vue plongeante sur la côte Ouest de La Réunion… (Photo Joris Bertrand)

Vue plongeante sur la côte Ouest de La Réunion… Des landes subalpines aux savanes des bas (Photo Joris Bertrand)

Des oiseaux montagnards, plus gaillards que leurs congénères du littoral

Chez cette espèce, les oiseaux d’altitude sont en moyenne plus « gros » que ceux du littoral. Si on compare les individus provenant du site d’étude situé au niveau de la mer à ceux provenant du site dont l’altitude est la plus haute (à plus de 2000 mètres), on constate que les oiseaux sont significativement plus grands et plus massifs en montagne. Leurs pattes, leurs ailes ainsi que leur queue sont plus longues (d’environ 6%) et ils sont en moyenne, également plus lourds (d’environ 13%). Ramené aux mensurations d’un homme adulte d’1 m 75 et 75 kilos, cela représente tout de même un excès de 10,5 cm et 4,5 kilos, ce qui n’aurait rien d’insignifiant si on comparait les habitants de deux villages distants de moins de 15 km l’un de l’autre. On pourrait penser que ces différences sont dues au hasard ou qu’elles n’ont pour le moins rien à voir avec une adaptation à l’environnement. Mais si on regarde plus en détail ce qui se passe quand on prend de l’altitude, on constate que cette augmentation se fait de manière assez régulière. Des données météorologiques nous ont permis de préciser que des facteurs tels que la température et la pluviométrie changeaient aussi régulièrement avec l’altitude sur la côte Ouest de l’île. Il fait bien plus froid à 2000 mètres que sur le littoral et les précipitations sont aussi bien plus importantes en montagne. Pendant que les oiseaux « des hauts » luttent parfois contre le gel, ceux « des bas » endurent des températures 30°C plus élevées. De la même manière, la végétation, les communautés d’araignées et d’insectes et d’une manière générale tout l’écosystème qui s’y développe changent et d’autres éléments comme le régime alimentaire des oiseaux varie aussi avec l’altitude. Ils n’ont donc pas à faire face aux mêmes contraintes et cela peut influer jusque sur leurs caractéristiques physiques.

Mais pourquoi donc les oiseaux montagnards seraient-ils plus « gros » (à tous les sens du terme) que ceux du littoral. La question reste en partie ouverte mais nous pouvons déjà avancer quelques hypothèses. Ce patron est cohérent avec une « règle » de la biogéographie appelée règle de Bergman et selon laquelle les animaux vivant dans des environnements froids sont plus imposants que leurs congénères. Cela s’expliquerait par le fait que des individus plus volumineux ont un rapport surface/volume qui leur permettrait d’être plus efficaces pour limiter les déperditions de chaleur. Si on se réfère à d’autres espèces animales, c’est une caractéristique qu’on observe parfois chez des tigres, des ours ou souvent chez des espèces présentes dans une large palette d’habitats.

Un zostérops gris de La Réunion vivant à 2000 m d’altitude… (Photo Joris Bertrand)

Un zostérops gris de La Réunion vivant à 2000 m d’altitude… Certains individus sont presque deux fois plus lourds que les plus petits de ceux vivant sur le littoral (Photo Joris Bertrand)

Des oiseaux bien différents, même au delà des apparences

On a vu en quoi des différences d’ordre environnemental pouvaient mener à ce que des oiseaux adaptés à des conditions écologiques locales puissent présenter des différences physiques. Mais l’étude de leur degré de différenciation génétique nous a appris quelque chose d’autre. D’abord, les différences génétiques sont assez marquées entre les sites étudiés. Cela prouve que les oiseaux des différentes altitudes se mélangent relativement peu. C’est en soi un résultat assez intéressant pour des animaux capables de voler qui sont a priori les plus en mesure de s’affranchir des obstacles et des distances. Mais un autre résultat important de cette étude, c’est que nous avons mis en évidence une discontinuité soudaine dans la variation génétique à une altitude moyenne. Cette rupture, correspond à une barrière génétique (cachée) plus forte qu’ailleurs entre groupes de populations de haute et de basse altitude. Le fait qu’elle soit à ce point détectable jusque dans les gènes des oiseaux témoigne d’un isolement ancien et sa persistance suggère qu’aujourd’hui encore les mélanges sont limités de part et d’autre de cette zone de contact. Les oiseaux se considèrent t’ils comme différents au point de ne pas avoir envie de se reproduire les uns avec les autres? Sont-ils génétiquement incompatibles au point que les croisements engendrent des individus moins aptes à survivre et à se reproduire que leurs parents? Le mystère demeure en partie mais des études plus fines devraient bientôt permettre d’en savoir un petit peu plus.

Graphical Abstract

Graphique illustrant les variations morphologiques (points blancs et ligne en pointillés) et génétiques (croix et courbe “en S”) chez les zostérops gris de La Réunion, le long du gradient altitudinal de la côte Ouest le La Réunion.

Implications pour l’étude de l’origine des espèces et l’adaptation de la biodiversité au réchauffement climatique…

Les résultats de ce travail s’inscrivent dans la continuité d’autres travaux scientifiques qui documentent qu’en présence de contraintes environnementales fortes et de déplacements limités, des différences apparaissent et peuvent perdurer. A terme, la différenciation s’accentue et les populations peuvent évoluer suffisamment isolées les unes des autres pour devenir au fil des générations des espèces différentes. A des échelles de temps qui nous sont plus faciles à appréhender, étudier comment évoluent les populations le long de gradients écologiques comme les gradients altitudinaux peut permettre de mieux prédire si, et comment les être vivants arriveront à s’adapter à l’évolution de leurs conditions de vie dans un contexte de changement climatique. Dans la mesure où un déplacement altitudinal de quelques centaines de mètres correspond à un déplacement latitudinal de plusieurs centaines de kilomètres, les gradients altitudinaux constituent de précieux laboratoires naturels pour anticiper la dynamique spatiale des aires de répartition des espèces. De plus, s’il est avéré que l’élévation des températures permet à certaines espèces d’animaux et de plantes d’étendre leur aire de distribution en s’établissant à des altitudes de plus en plus élevées, il y a du soucis à se faire pour celles qui sont déjà spécialisées et adaptées aux conditions des sommets, car elles ne pourront pas monter plus haut.

Joris_BERTRAND-Zosterops borbonicus_2

Et pour finir, un oiseau côtier du Sud de l’île (Photo Joris Bertrand)

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Des photographes qui (m’) inspire(nt)…

Ne pouvant pas me permettre de partager des images dont les droits ne m’appartiennent pas, j’ai décidé que cette semaine, l’inspiration serait représentée par un pétrel de Barrau (ou taille-vent) réunionnais, jouant dans les vagues (Photo Joris Bertrand)

Ne pouvant pas me permettre de partager des images dont les droits ne m’appartiennent pas, j’ai décidé que cette semaine, l’inspiration serait représentée par un pétrel de Barrau (ou taille-vent) réunionnais, jouant dans les vagues (Photo Joris Bertrand)

Et de 100! (je parle du nombre de posts sur mon blog). Du coup je me dois aujourd’hui de marquer le coup en proposant quelque chose d’un petit peu spécial et qui puisse potentiellement intéresser tous les lecteurs: des plus mordus de techniques photographiques aux plus poètes d’entre vous tous (l’un n’empêchant bien entendu pas l’autre). A l’occasion de la publication du cinquantième article (que vous pourrez lire ou relire en cliquant ici), je m’étais lâché en dépeignant de manière un peu taquine le portrait d’une caricature de photographe de nature bien de chez nous. Aujourd’hui, j’ai davantage voulu vous faire partager le travail d’une petite poignée de photographes français qui m’inspirent, et je crois, inspirent tout court. Un autre point qui me paraissait intéressant, c’était de mettre en avant des photographes pétris de talent qui ne possédaient pas nécessairement (ou en tout cas pas encore) la couverture médiatique des Vincent Munier et autres Laurent Baheux, bien que certains d’entre eux possèdent déjà une certaine notoriété. Je suis sûr que j’aurai prochainement l’occasion d’évoquer ces grands noms de la photo de nature française qui de par leur créativité et la qualité exceptionnelle de leur travail, ont tant fait pour le dépoussiérage de leur discipline. En attendant, en piste pour la présentation de mes coups de cœurs plus ou moins récents.

Ladies first, avec Myriam Dupouy…

Ce que j’aime dans le travail de Myriam Dupouy c’est avant tout ce talent certain et cette absence de complexes qui la pousse à s’exprimer dans différents domaines allant de la macro au panorama paysager en passant par le portrait de personnes. J’aime ses compositions car, là où beaucoup vont à mon sens trop loin, elle sait toujours trouver le bon compromis entre graphisme et abstraction, le tout en présence d’ambiances splendides. En macro notamment, les sujets apparaissent comme bien identifiables et relativement contrastés, le tout au beau milieu d’un environnement esthétique souvent très épuré et aéré. Rien d’exceptionnel pour tout bon macro-photographe qui se respecte me direz-vous? Certes, mais la dame sait parfaitement appliquer les mêmes ingrédients pour les photos de plus grosses bestioles (oiseaux, reptiles et amphibiens ou mammifères) et je dois dire que je suis très souvent saisi par le résultat. C’est d’autant plus intéressant que de par les situations relatées et le matériel employé, monsieur (ou madame) « tout le monde » devrait pouvoir être en mesure de produire les mêmes images… En effet, point de destinations exotiques et de téléobjectifs hors de prix. D’ailleurs et comme beaucoup dans le métier, la photo semble être chez elle une passion qui vient en complétement d’une autre activité professionnelle. Toutes les grosses brutes qui ont toujours tendance à vouloir shooter pleine pastille devraient en prendre de la graine et réfléchir un peu plus avant de presser sur le déclencheur… A commencer par moi…

Yank… « Sea to summit »

Ce bonhomme est arrivé plus récemment sur le devant de la scène mais je crois qu’on peut dire qu’il continue de percer et confirme son talent au fur et à mesure. A l’heure où j’écris ces lignes, le site web de Yank est toujours en construction mais en attendant, vous pourrez toujours avoir un aperçu de son travail en ayant accès à un portfolio et le photographe est aussi assez présent sur les réseaux sociaux. Pour résumer de manière simpliste, le travail de Yank pourrait sembler à première vue un peu partir dans tous les sens. En photo, il est de bon ton de dire que ceux qui font ça sont encore des photographes manquant de maturité et n’ayant toujours pas trouvé leur propre style. Là, manifestement c’est selon moi tout le contraire et la seule chose qui me saute aux yeux, c’est que ce photographe là a suffisamment de talent pour réussir à mettre bien valeur tout ce qu’il aime… Et il a l’air d’aimer des choses variées… Et puis en dépit de la diversité des sujets explorés, on sent déjà une patte bien marquée. Ses compositions, souvent très aérées sont agrémentées d’un traitement généralement un peu sous-exposé et bien contrasté. Ce qui est dingue, c’est que cette ambiance si particulière semble fonctionner avec tout chez lui (mais pourquoi pas chez moi?). Des panoramas paysagers aux ambiances dramatiques que ce soit à la mer ou à la montagne aux rencontres fortuites avec un renard en maraude. C’est beau et ça marche, c’est très créatif et du coup, ça inspire…

Bastien Riu… Graphismes, sous toutes leurs formes…

Lui maintenant on ne le présente plus, mais je dois dire que je m’étais aussi pris un sacré coup de pied au c** quand j’avais découvert son travail il y a déjà quelques années de ça maintenant. Graphisme semble être le maître-mot du travail de Bastien Riu et je suis souvent frappé quand je vois à quel point il sait retranscrire et magnifier des ambiances dont certaines pourraient sans doute paraître banales dans la vie réelle… Bref, il doit avoir des idées de génies là où bon nombre de photographes passeraient probablement leur chemin où ne rapporteraient au mieux qu’une photo souvenir d’un instant qui aurait pourtant pu être précieux. Lui aussi sait appliquer sa recette à la macro, à la photo animalière en général, le tout avec des lumières et des environnements somptueux… Ses compositions sont remarquables et bien que le sujet n’y occupe souvent qu’une place réduite, il est toujours placé d’une manière qui fasse écho aux autres éléments du décor lui donnant ainsi une présence forte. Bastien Riu se consacre désormais pleinement à la photo et il a toute sa carrière devant lui… La vache! il est même plus jeune que ma petite sœur…

Stéphane Delpeyroux… Noir & Blanc profonds des déserts les plus reculés aux jungles urbaines.

Enfin, je voulais mentionner le travail de Stéphane Delpeyroux que j’avais eu l’occasion de rencontrer dans le cadre professionnel il y a maintenant quelques années de ça. A l’époque, Stéphane était déjà un photographe confirmé qui présentait son travail au public alors que je commençais à peine à savoir correctement me débrouiller avec mon premier réflex. On avait discuté Noir & Blanc, on avait discuté paysages en pose longue et je me souviens que c’est même lui qui m’avait appris ce qu’était un filtre ND 400. Depuis on s’était un petit peu perdu de vue. Moi j’ai continué à pratiquer la photo en amateur pendant que lui passait la vitesse supérieure et parcourait la terre entière pour mettre dans la boîte les lieux les plus splendides de la planète. Le résultat est saisissant. Ses paysages épurés magnifiés par un traitement Noir & Blanc au top ont déjà conquis énormément de monde et je suis retombé complètement par hasard sur son travail en lisant la presse. Il expose maintenant dans les plus grands festivals, son travail a déjà été primé à plusieurs reprises et c’est bien mérité.

Le mot de la fin…

Ce que j’apprécie par dessus tout dans ce panel assez divers (et bien sûr non exhaustif) de photographes qui font bouger les choses, c’est leur fraîcheur et leur évidente indépendance d’esprit en tant que dénominateur commun à leur travail. Beaucoup insistent sur le fait que réussir à percer en photo, c’est se choisir une spécialité et s’y cantonner afin de favoriser l’émergence d’un style personnel. Bien sûr il y a du bon sens dans cette affirmation, mais d’un autre côté, j’ai l’impression de voir beaucoup de photographes amateurs s’enfermer dans une pseudo-identité avant même d’avoir fait leurs propres armes. Pour moi, les photographes que j’ai choisi d’évoquer aujourd’hui sont un peu aux antipodes de ces dogmes assez strict et parfois, un peu stériles. On a vraiment l’impression que tous font de la photo de manière complètement décomplexée en y prenant beaucoup de plaisir. Ainsi, certains n’hésitent pas à s’exprimer indifféremment en photo animalière aussi bien qu’en macro, en portrait ou en paysage. Certains restent également des photographes amateurs et vivent donc la photo avec passion sans avoir forcement la nécessité de devoir en dépendre financièrement. Cela ne les empêche pas d’avoir un style personnel bien affirmé. Au demeurant, je pense que tous démontrent brillamment que le fait de « toucher à tout » peut dans tous les cas être quelque chose d’enrichissant même pour aiguiser un style qui nous est plus propre dans certains domaines bien précis. Un seul mot d’ordre à tout ça, faisons nous plaisir et restons ouverts!

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Un autre éclairage sur le HDR… (Partie 1)

H D R… La dernière version de Lightroom (la 6 ou la CC) est sortie depuis une grosse semaine et voilà que c’est l’effervescence. Bien sûr, cette technique dont le nom correspond à l’acronyme anglais High Dynamic Range n’est pas apparue avec la dernière version du logiciel. Mais si on en parle autant, c’est tout simplement car la ladite version de Lightroom incorpore enfin cette fonctionnalité qu’elle permet à la fois d’implémenter de façon très simple, pour un rendu plutôt subtil et réaliste. En plus, elle fournit en sortie un fichier .raw (ou plutôt .dng) à plage dynamique étendue, à partir duquel vous aurez toute latitude pour continuer à éditer le résultat (plutôt qu’en vous basant sur un .tiff ou un .jpeg). Ce qui est drôle dans l’histoire, c’est que j’avais commencé à planifier un petit cycle d’articles sur la photo HDR alors que je ne savais même pas: 1) que le nouveau Lightroom allait gérer le HDR et 2) que j’allais craquer et investir dans Lightroom dès sa sortie… Loin de moi l’idée de faire un tutoriel digne de ce nom là dessus aujourd’hui. D’abord, parce que ce sujet a déjà été traité via des tutoriels vidéos plus digestes qu’une tartine bloggesque sur Internet et puis parce que je confesse que je n’avais jamais vraiment expérimenté cette technique jusqu’à mes dernières vacances. Je ne suis donc pas spécialiste de la question pour diverses raisons que je développerai ci-après ou la semaine prochaine. Aujourd’hui, j’envisageais plutôt d’aller jusqu’à timidement « rechausser les crampons » de l’enseignant en biologie que j’ai été (et que je redeviendrai peut-être…) pour essayer de m’interroger sur les dessous biologico-techniques du machin. La semaine prochaine, je me livrerai à un petit comparatif illustré de différentes méthodes pour réaliser des images HDR.

Un exemple, au rendu volontairement un peu excessif pour bien illustrer le HDR (Photo mdbeckwith)

Un exemple au rendu volontairement un peu excessif pour bien illustrer le HDR. Aucune ombre portée, tout est si “parfaitement » exposé qu’on croirait presque avoir affaire à un dessin. (Photo mdbeckwith)

Il n’y a pas de mauvais appareils photos, il n’y a que de mauvais photographes…

Mon œil… Car c’est bien de lui qu’il s’agit. On a tous déjà rencontré ce genre de situations où on aimerait par exemple restituer l’ambiance confortable de notre salon chaleureusement éclairé par un bon feu de cheminée alors que dehors, la neige tombe à gros flocons. Si vous êtes originaire d’une région où il n’y a pas de cheminée et/ou, où la neige ne tombe jamais, ce n’est pas grave car ça fonctionne aussi sans cheminée et sans neige, mais c’était juste moins poétique. Le problème réel, c’est que si je tente de photographier à la fois ce qui se passe à l’intérieur et à l’extérieur, je risque systématiquement de me retrouver avec un intérieur sous-exposé (très sombre) et un extérieur surexposé (fortement éclairé). Je peux bien tenter de trafiquer mon mode de mesure ou appliquer de la compensation d’exposition, j’arriverai probablement tour à tour à exposer correctement l’intérieur où l’extérieur, mais jamais je n’obtiendrai un rendu convenable ou du moins, qui soit conforme à ma vision. Pourquoi? Le photographe répondra que c’est un problème d’étendue de plage dynamique du capteur. OK! Mais qu’est-ce que cela veut-il pouvoir bien dire? Une réponse pragmatique consisterait en fait à avouer que c’est parce que tous les appareils photos sont nuls, en tout cas (et sur ce point bien précis) comparés à nos petites mirettes.

Pour ne pas cramer le ciel, l’appareil a délivré une image sous-exposée et peu contrastée alors que ce que voyait notre oeil ressemblait plus à ce qu’il y a sur la droite. Et encore les écarts de luminosité n’étaient pas énormes ce jour là… (Photo Joris Bertrand)

Afin de ne pas cramer le ciel, l’appareil a délivré une image sous-exposée et peu contrastée alors que ce que voyait notre oeil ressemblait davantage à ce qu’il y a sur la droite. Et encore, les écarts de luminosité n’étaient pas très prononcés ce jour là… (Photo Joris Bertrand)

Oeil vs. capteur numérique

A l’heure où j’écris ces lignes, le modèle de capteur numérique le plus performant (en terme de plage dynamique) est (d’après DXOmark), celui équipant le Nikon D810 (un boîtier réflex à quelques 3000 €) et possédant une étendue de 13,8 valeurs d’exposition (ou E.V. pour Exposure Value). Il faut également préciser qu’entre deux évolutions de modèles d’appareil photo d’une gamme similaire, l’amélioration de l’étendue de la plage dynamique ne se compte de toute façon bien souvent qu’en dixième de valeurs d’exposition et que même les capteurs figurant au bas du classement de la base de donnée de DXOmark ont une étendue de plage dynamique déjà de l’ordre de 10 EVs. Concrètement, cette valeur signifie qu’entre la partie du spectre lumineux visible où les ombres seront complètement bouchées (pixels noirs) et celle où les lumières seront complètement cramées (pixels blancs), un capteur numérique d’appareil photo enregistrera au mieux 13,8 EV (ou IL pour Indice de Lumination, ou Stop…). Entre chaque unité de cette échelle, la quantité lumineuse reçue par le capteur est multipliée par deux, de sorte que sur une plage dynamique de 13,8 EV, un capteur est censé enregistrer des écarts de luminosité d’un ordre de grandeur de 16 000 (entre les ombres et les hautes lumières). Tout ce qui sera de part et d’autre de cette plage dynamique apparaîtra noir (du côté des ombres) ou blancs (du côté des hautes lumières) ce qui signifie que le capteur n’enregistrera aucune information colorimétrique sur ces zones. Or, les écarts de luminosité présents dans des conditions de prise du vue telles qu’un ciel légèrement voilé (voir exemple ci-dessus) et a fortiori une journée ensoleillée sont typiquement supérieurs ou égaux à ces fameux 13 ou 14 IL, d’autant plus que vous compliquerez le tout en ajoutant des contrastes intérieur/extérieur, de la neige, ou une mer aux reflets d’argents réfléchissant les rayons de l’astre solaire… Bref, il est donc techniquement impossible d’exposer correctement (c’est à dire sans aucune concession par rapport à ce que verrait notre œil), ce genre de scène sans artifices. C’est pour ça que le travail du photographe consiste bien souvent à trouver le moins pire des compromis quant à l’exposition de ce genre de scène.

Ce n’est pas l’oeil de Sauron, même si celui là me surveille en permanence. En plus ils sont deux. (Photo Joris Bertrand)

Ce n’est pas l’oeil de Sauron, même si celui là me surveille. En plus ils sont deux… (Photo Joris Bertrand)

Et notre œil dans tout ça? C’est vrai qu’il est bizarre et que la comparaison n’est pas aisée avec un capteur numérique. Un capteur numérique s’affiche comme une matrice composée de millions de photosites semblables régulièrement agencés là où l’œil consiste plutôt en un entremêlement non-homogène de cellules sensibles pouvant être rangées en deux catégories. Les cônes permettent de discriminer les couleurs et sont subdivisés en trois types de sorte que chaque type de cônes est sensible à des radiations lumineuses différentes correspondant au rouge, au vert et au bleu. Les bâtonnets, ne permettent pas de distinguer les couleurs mais sont bien plus sensibles à la lumière ce qui nous confère une vision même en faibles conditions de luminosité. De même qu’un appareil photo peut voir être ajustée la sensibilité de son capteur en fonction de la luminosité ambiante (via la modification des valeurs d’ISO), l’œil s’accommode à sa manière aux écarts de luminosité en faisant varier en temps réel le diamètre et la sensibilité de la pupille. Dit comme ça, ça paraît un peu artisanal, mais c’est pourtant bougrement efficace. Et puis l’œil travaille en binôme avec le cerveau, qui permet entre autres de mémoriser plusieurs expositions d’une même scène pour en recréer une image composite (en fait, c’est lui qui a en quelque sorte inventé le procédé de HDR). Au final, la plage dynamique équivalente de notre système de vision serait tout de même de 23 à 26 EV (selon les sources)… On a donc la réponse à notre question en pouvant supputer au passage que ce n’est probablement pas demain que la passation de pouvoir aura lieu…

HDR, mise en pratique…

Différents filtres gradués gris neutre de marque Lee et le dispositif permettant de les placer sur l’objectif.

Différents filtres gradués gris neutre de marque Lee et le dispositif permettant de les placer sur l’objectif.

Alors quels sont donc les moyens pour tenter de rattraper tout ça sur nos photos? Dans l’ordre chronologique, il est tout d’abord possible d’agir dès la prise de vue en utilisant des filtres bien particuliers tels que les filtres gradués gris neutres. Ces filtres qui se montent en avant de la lentille frontale de l’objectif permettent  d’atténuer plus ou moins fortement et de manière plus ou moins graduelle  la luminosité sur une partie de la scène cadrée. Par exemple, lorsqu’on photographie la mer un jour où les écarts de luminosité sont marqués, on peut disposer ce genre de filtre en faisant coïncider la transition clair/obscur avec la ligne d’horizon pour sous-exposer le ciel et ainsi obtenir une exposition plus homogène. Certains appareils photos sont aussi pourvus d’un mode HDR qui dès la prise de vue, prend trois images (une « correctement » exposée, une sous-exposée et une surexposée) et s’occupe lui même de vous préparer une image composite à plage dynamique étendue. J’ai ce mode là sur l’EOS 70D. Je l’ai essayé et il fonctionne plutôt bien. Lorsqu’on presse le déclencheur, l’appareil prend trois photos, les assemble et vous renvoie le résultat à l’écran au bout de quelques secondes. On peut paramétrer l’ajustement de la plage dynamique (Auto, ±1 IL, ±2 IL ou ±3 IL) pour un effet plus ou moins marqué. On peut aussi choisir de laisser le mode activé en permanence ou juste pour une seule série. Il y a aussi une fonction d’alignement automatique des images qui peut s’avérer pratique quand on n’a d’autre choix que de shooter à main levée. Le seul petit bémol c’est que ce mode n’est opérationnel que lorsqu’on shoote en .jpeg. En plus il ne permet pas dans l’absolu de s’affranchir d’un petit travail en post-production. Si vous regardez l’exemple que je vous fournis ci-dessous, vous pourrez constater qu’une mouette a fait son chemin dans le cadre pendant que le boîtier faisait son boulot. Il en résulte un fantôme de mouette (ou phénomène de ghostting) qu’il faudrait tamponner pour avoir quelque chose de convenable… A samedi prochain pour ceux que ça intéresse, et à samedi d’après pour les autres… Je l’espère.

Un exemple d’image HDR réalisée avec la fonction dédiée de l’EOS 70D. Le rendu est correct mais on note quelques petites imperfections comme ce “ghost” de mouette, juste en avant de la mouette bien nette (Photo Joris Bertrand)

Un exemple d’image HDR réalisée avec la fonction dédiée de l’EOS 70D. Le rendu est correct mais on note quelques petites imperfections comme ce “ghost” de mouette, juste en avant de la mouette bien nette (Photo Joris Bertrand)

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Quand les photos sont des fichiers informatiques…

… Qu’est-ce que cela implique aussi bien lors de la prise de vue qu’au moment de les ranger? Suite au crash du disque dur externe hébergeant ma photothèque (lire ou relire l’article ici), je m’étais interrogé la semaine dernière sur une façon plus sûre de sauvegarder intelligemment mes images. Vous pouvez également relire l’article en question (en cliquant ici) mais en gros, j’en étais arrivé à la conclusion qu’il fallait posséder sa photothèque en au moins deux exemplaires de sorte que si l’une des copies venait à disparaître, il y ait toujours l’autre pour prendre le relais. Si on a pas mal parlé de support physique et de stockage en ligne, on a en revanche pas ou peu évoqué le format sous lequel il était préférable de stocker ses fichiers informatiques, car c’est bien de ça qu’il s’agit. On entre ici dans un débat aussi vieux que la photo numérique elle même et tout le monde a probablement déjà entendu parlé du débat .raw contre .jpeg, ou de manière plus générale, .raw contre tout le reste. Si notre appareil ne permet de toute façon de ne shooter qu’en .jpeg (comme mon compact actuel), on pourra difficilement faire plus qu’archiver nos images dans ce format (en préférant néanmoins le .jpeg de la plus haute résolution possible car c’est lui qui altèrera a minima le fichier natif). Mais pour ceux qui auraient le privilège de pouvoir shooter en .raw mais n’en profiteraient pas, c’est en dessous que ça se passe…

Qu’est-ce que le .raw et pourquoi c’est mieux?

Le .raw n’est pas une lubie, c’est un style de vie! (tee-shirt en vente sur spreadshit.fr)

Le .raw n’est pas une lubie, c’est un style de vie! (tee-shirt en vente sur spreadshit.fr)

Le .raw (« brut », in English) correspond à une image à peu près brute de capteur, une sorte de « négatif numérique » grosso modo. Il donne une image sans artifices (certes, parfois un peu fade) de ce qu’à « vu » votre appareil. Son avantage principal réside dans le fait que le fichier qui compose l’image n’a subi ni compression (engendrant une perte d’information) ni modification irréversible et donc destructrice des paramètres tels que la balance des blancs, la luminosité, le contraste, la saturation…) qui ait pu l’altérer avant que la photo soit « développée », ou autrement dit, convertie en un autre format de fichier (.jpeg, .tiff, .gif…). En contrepartie, ce fichier (non compressé) est relativement volumineux et c’est entre autres pour ça qu’on lui préfère souvent d’autres formats avant de l’imprimer et/ou le partager sur les réseaux sociaux par exemple. Si le .raw à tant d’adeptes parmi les photographes, ce n’est donc pas simplement par snobisme mais tout simplement car c’est la solution optimale pour avoir dans nos archives un fichier de la meilleure résolution possible. Un autre avantage indéniable c’est aussi qu’on pourra à souhait repartir du fichier original non altéré à chaque fois qu’on voudra éditer la photo en question. De plus, le .raw offre plus de latitude et de souplesse que d’autres formats tels que le .jpeg dans le traitement des photos, et en particulier de la balance des blancs. Il faut bien prendre en considération le fait qu’on évolue dans sa pratique photographique et que cela concerne aussi notre flux de travail en post-production. En ce qui me concerne, je ne retouche déjà plus mes photos de la même manière qu’à mes débuts et je suppose que mes habitudes vont continuer à s’enrichir. Lorsque je dois redévelopper un fichier correspondant à une image réalisée il y a plusieurs années de ça, je suis donc content de pouvoir repartir d’un fichier indemne de tout traitement tel qu’un petit massacre en règle de néophyte qui tire presque systématiquement trop son curseur de saturation, de contraste et de netteté. Comme je l’ai dit plus haut, tous les appareils ne permettent pas de shooter en .raw et le .jpeg (avec la plus haute résolution possible!) reste parfois la solution la plus optimale (ou en tout cas la moins pire). Mais dans le cas contraire, je pense qu’il n’y a absolument aucune réserve à émettre quant au fait de prendre ses photos en .raw, même s’il faut passer par l’investissement dans de plus « grosses » cartes mémoires et un nouveau disque dur… Pour ceux qui ne seraient pas intéressés par le fait d’optimiser leurs images après la prise de vue, il est tout de même possible d’appliquer à peu près tous les réglages possibles des la prise de vue (mais de façon non destructive) et de se contenter de convertir le tout en .jpeg avant de donner vie à votre photo une fois de retour à la maison. Mais si l’envie vous prenait de vous lancer dans cette aventure au départ déroutante mais néanmoins captivante qu’est le monde de la post-production, alors il n’y a pas d’hésitation à avoir.

Les travers du .raw…

Au demeurant, le .raw a aussi ses travers au premier rang desquels se cachent en réalité sous cette appellation générique de « .raw » un certain nombre de format dits « propriétaires »: à l’heure actuelle ».cr2″ (chez Canon), « .nef » (chez Nikon), « .pef » (chez Pentax), .arw (chez Sony) et j’en passe car il y en aurait plus de 200 d’après Wikipédia… C’est là que le bat blesse car si on utilise le logiciel de développement et de retouche souvent gratuitement mis à disposition par le fabriquant de notre boîtier, il ne faudra pas en demander plus. Je ne pourrai pas retoucher (et parfois même pas lire) un fichier .raw de chez Nikon, dans Digital Photo Profesionnal (ou DPP pour les intimes), le logiciel maison de chez Canon et vice et versa. Dans l’absolu, ça ne serait pas vraiment grave si ce genre de mésaventure ne se produisait pas au sein même des marques! Ainsi, j’ai été très récemment passablement agacé de voir que la dernière version de DPP (la version 4) n’était même pas en mesure de prendre en charge les fichiers .raw de mon bon vieil EOS 400D! Les formats .raw évoluent et il y a donc un risque réel pour la pérennité de nos images. Jusqu’à très récemment, j’utilisais iPhoto, le logiciel amateur de retouche et de catalogage de chez Apple. J’en étais plutôt satisfait même si j’avais du acheter une licence pour la dernière version pour être en mesure de lire aussi bien les fichiers .raw produits par mon EOS 400D que par mon boîtier actuel, l’EOS 70D (une petite quinzaine d’euros). Mais je me suis fait mal de soucis quand j’ai appris que même le géant Apple allait à son tour arrêter le développement d’iPhoto et de sa mouture plus « pro » Aperture. Là encore, Apple promettait une compatibilité maximale au travers de sa nouvelle application Photos mais en tant que photographes voulant conserver notre photothèque sur plusieurs dizaines d’années, je crois qu’on se doit d’être méfiants.

Capture d’écran de DPP4: le petit crayon accompagné d’un sens interdit indique que je ne peux plus modifier les fichiers .raw pris avec mon ancien boîtier. Misère...

Capture d’écran de DPP4: le petit crayon accompagné d’un sens interdit indique que je ne peux plus modifier les fichiers .raw pris avec mon ancien boîtier. Misère…

Un format .raw « universel »?

La solution qui offre la plus grande souplesse à l’heure actuelle, c’est Adobe qui la propose avec son format .dng (abréviation de Digital Negative). Le .dng est une sorte de format .raw « universel » ayant été crée par le géant du monde de la photo qui ne fabrique ni boîtiers ni objectifs mais est incontournable ou presque pour ses logiciels tels que Lightroom et Photoshop… Ce format .dng est donc entre guillemets « au dessus de la mêlée » car il s’affranchit de l’appartenance à un quelconque fabriquant. On se doute bien que la multinationale n’a pas créé ce format de fichier pour nourrir une quelconque aspiration altermondialiste. Cela dit, en optant pour le .dng, on s’assure de posséder nos photos dans un format de fichier ouvert et a priori pérenne car développé par une société qui devrait encore être de la partie demain, et même après demain… Ironie du sort, certaines marques (Hasselblad, Leica, Ricoh, Pentax ou Samsung) proposent même aujourd’hui des modèles qui shootent directement en .dng. Adobe et ses logiciels phares (dont Photoshop et Lightroom) ont bien sûr des concurrents directs, mais leur position dominante est telle qu’ils devraient continuer à faire la pluie et le beau temps pendant de nombreuses années. Ainsi, même les alternatives meilleur marché voire gratuites sont donc d’ores et déjà incitées à prendre en compte et à gérer un format de fichier tel que le .dng qui est en plus pas mal en accord avec une philosophie open source. D’un point de vue technique, le .dng est très complet et performant et il peut même inclure une version d’un fichier .raw propriétaire (mais gare au poids du fichier) en plus de nombreuses métadonnées dont des mots-clés, des données de localisation, tout en gardant en mémoire et de manière non-destructive l’historique des modifications ayant été appliquées au fichier… En revanche, le .dng ne prend pas en compte certains paramètres qui me sont pourtant bien utiles (notamment en photo animalière) tel que l’affichage du ou des collimateur(s) autofocus ayant été actifs lors de la prise de vue. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur les avantages et les inconvénients du .dng, je ne pourrais de toute façon que vous conseiller la très bonne vidéo de Tom Migot ayant été proposée à ce sujet récemment en cliquant ici.

Comment organiser sa photothèque?

Maintenant qu’on est convaincus du bien fondé du .raw, et pourquoi pas même du .dng, il reste à se poser la question de savoir comment organiser sa photothèque. Bien sûr on pourrait gérer ça via une arborescence bien pensée et des dossiers numérotés de sorte qu’ils rendent compte de la chronologie des prises de vues (Années > Mois > Jour >…). Mais même pour les plus organisés d’entre nous, cela peut vite devenir ingérable quand on commence à accumuler des années et des milliers de photos. Se pose donc la solution du logiciel de catalogage qui va nous aider à organiser les fichiers à notre place et faire le lien entre eux via un classement par évènements, lieux, visages, mots-clés en tout genre… Là encore, les solutions sont nombreuses et tout dépendra de ce qu’on veut faire: uniquement cataloguer? retoucher? ou les deux avec le même programme? Il me faudra très certainement consacrer un ou plusieurs articles spécifiquement à tout ça car le sujet est très vaste et parce que j’ai très récemment radicalement changé mes habitudes à ce sujet de sorte qu’il me faudra encore un peu de temps avant d’avoir pris suffisamment de recul là dessus pour apporter mon témoignage. La seule chose que je peux d’ores et déjà vous dire, c’est qu’après avoir pesé le pour et le contre, j’ai fait le choix de passer sous Lightroom après avoir utilisé iPhoto pendant plusieurs années… Je vous en livrerai donc une petite analyse comparative des que possible et je ferai également en sorte d’inclure d’autres solutions telles que Photos dans le test.

Les dessous d’une photothèque gérée par un logiciel de catalogage (ici iPhoto): les images sont organisées suivant une arborescence méticuleuse et d’autres fichiers mémorisent et font le lien entre l’interface graphique du programme et les fichiers.

Les dessous d’une photothèque gérée par un logiciel de catalogage (ici iPhoto): les images sont organisées suivant une arborescence méticuleuse pendant que d’autres fichiers font le lien entre l’interface graphique du programme, les modifications effectuées sur les images et les fichiers eux même.

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Le stockage de ses photos en question…

La semaine dernière, je vous faisais part de la mort tragique de mon disque dur externe survenue alors que je le croyais toujours en plein dans la force de l’âge (cliquer ici, pour lire ou relire l’article en question). D’ailleurs il était à ma grande surprise encore sous garantie! Je m’étais rendu à Digital Plaza, un quartier de Taipei où se concentrent un nombre assez impressionnant de boutiques d’informatique et de tout ce qui touche de près ou de loin à de l’électronique dans le but d’en racheter un nouveau. Et ce n’est qu’en passant par hasard à proximité du centre taïwanais de Western Digital (pour ne pas les nommer) que j’ai poussé la porte pour voir ce qu’il en était. Après un rapide diagnostic confirmant ce que je présumais déjà fortement, le disque dur défectueux m’a été échangé sans aucune réserve contre un nouvel article flambant neuf. Je ne comptais pas aujourd’hui m’étendre sur des aspects très techniques de stockage de fichiers car je suis largement incompétent en la matière. En revanche, je voudrais m’atteler à essayer de présenter les avancées que j’ai pu faire dans mes réflexions suite à cet évènement. A ce propos, plusieurs d’entre vous ont partagé leurs astuces personnelles à ce sujet en commentaire de l’article de la semaine dernière et je vous en remercie car vos interventions sont à la fois pleines de bon sens et ont été riches d’enseignements pour moi. Au passage, vous m’avez confronté à la réalité en me confirmant que malgré mes mauvaises expériences du passé, je ne suis toujours pas assez prudent quant au processus de sauvegarde de mes données. La suite, elle arrive juste en dessous si vous en avez l’envie et le courage…

Plusieurs copies sans pour autant mettre tous ses œufs dans le même panier…

Je crois que la base, c’est de posséder au minimum deux copies de sauvegarde de sa photothèque et j’imagine très bien que beaucoup de photographes ne se tiennent déjà pas à cette règle qui pourtant devrait être d’or! Imaginez que si vous stockez vos images (et le reste de vos données d’ailleurs) sur un unique support physique, il suffit d’un crash pour tout perdre. Moi quand j’y pense, ça me fait froid dans le dos dans la mesure où mon ordinateur portable c’est à la fois, ma photothèque bien sûr, mon outil de travail principal, mais aussi et accessoirement mon téléphone fixe, ma télé, ma chaîne Hi-Fi… Je ne m’éterniserai donc pas sur ce point mais je conclurais simplement en disant que si nos données ont une quelconque importance, sauvegardons-les impérativement en deux, trois exemplaires ou plus… Le seul souci à l’idée de gérer plus de deux copies de sauvegarde tient au fait qu’il va falloir être un minimum organisé pour synchroniser ses copies et faire en sorte de bien avoir sa sauvegarde à jour. Pour ce faire, des solutions existent mais il est évident que ceux qui avaient déjà du mal à gérer deux sauvegardes risquent de se confronter à une épreuve insurmontable quand il faudra le faire avec trois ou plus à actualiser et synchroniser régulièrement… Deux copies pourraient donc constituer un bon compromis de départ.

Un disque dur externe “classique

Un disque dur externe “classique »… Il tient dans la main et peut héberger des « milliers de Giga-octets »…

Le second point qui découle de cette règle de bon sens pourrait être de ne pas stocker toutes ses copies de sauvegarde au même endroit. La solution la plus simple consiste à garder un exemplaire de sa photothèque sur le disque dur interne de son ordinateur et une ou plusieurs copie(s) de sauvegarde sur un ou plusieurs supports externes (disques durs, cartes mémoire, clé USB, CD et DVD…) ou via des solutions de stockage en ligne type cloud. Contrairement à beaucoup d’autres fichiers, le problème avec les photos tient au fait qu’on doit souvent traiter un jeu de données très volumineux (des dizaines voire des centaines de Giga-octets) et que les supports traditionnels tels que les cartes mémoires, les clés USB, les CD ou les DVD ne s’avèreront très vite plus être d’un grand secours. En considérant le poids moyen des fichiers .raw de mon boîtier actuel (environ 25 Mo), je ne pourrais par exemple stocker qu’une petite trentaine de photos sur un CD, et tout au plus 200 sur un DVD (Et oui… les temps changent…). Il me faudrait donc quelques 400 CD ou 50 DVD pour stocker les quelques 250 Go actuels de ma photothèque qui ne cesse de grandir. Ce n’est pas vraiment pratique pour quelqu’un comme moi qui vit un peu avec sa maison sur son dos et qui est amené à déménager tous les ans dans un pays différent depuis quelques temps. Le disque dur externe reste au final le support physique le plus pratique et comparativement le moins onéreux, bien que les cartes mémoires et les clés USB continuent de voir s’étendre leurs capacités de stockage en même temps que leur prix baisse. Enfin, certains d’entre vous m’ont précisé qu’ils privilégiaient les dispositifs comportant au sein d’un même périphérique deux disques durs « accolés » qui sauvegardent « en miroir » les mêmes données simultanément (en double, du coup). On est bien d’accord sur le fait que statistiquement parlant, il y a réellement peu de chance pour que les deux disques durs tombent en panne en même temps. En contrepartie, vos deux copies de sauvegarde demeurent toutes les deux au même endroit et ce procédé trouve donc ses limites en cas de cambriolage ou de catastrophe naturelle…

Cloud et stockage en ligne: quand les sauvegardes tombent du ciel…

Flickr, permet d’héberger gratuitement jusqu’à 1 To (soit 1000 Go) de photos.

Flickr, permet d’héberger gratuitement jusqu’à 1 To (soit 1000 Go) de photos.

J’aurais pu essayer de présenter ça de la manière la plus didactique possible, mais je dois dire que j’ai trouvé mon bonheur en préparant ce post en lisant l’article que vous pourrez retrouver ici. Il est récent, très clair et compare point par point plusieurs possibilités gratuites de stockage en ligne particulièrement adaptées à la photo. Je vais donc simplement me contenter de formuler quelques commentaires personnels gravitant autour de tout ça. Le principal avantage du stockage en ligne c’est que votre photothèque est hébergée à distance et (a priori) en toute sécurité et que vous n’avez donc pas à vous soucier de la sauvegarder. Pour peu que vous ayez une connexion Internet, vos photos sont accessibles de partout et ce, que se soit sur un ordinateur (vous appartenant ou non) voire même une tablette ou un Smartphone. Là où le bât blesse, c’est qu’on ne vous met souvent à disposition au mieux que quelques Go de stockage gratuitement (de 5 à 25…) et qu’il va ensuite falloir sortir la carte bleue pour bénéficier de plus. En fait, en terme de capacité de stockage, seul Flickr sort vraiment du lot en vous proposant d’emblée et gratuitement 1 To (soit 1000 Go). De plus, j’ai très récemment découvert qu’il était possible d’exporter de manière automatisée sa photothèque iPhoto (ou Lightroom) vers son compte Flickr ou Picasa/Google Photos via des applications dédiées gratuites ou presque qui sont téléchargeables sur l’Apple Store (ici). Je ne sais pas trop ce qu’il en est pour les « PC riders » mais je suppose qu’il y a des solutions équivalentes. Je trouve l’idée attrayante car avec 1 To d’espace, bon nombre d’utilisateurs ont de la marge pour voir venir et stocker des années de photos. En contrepartie, il n’est pas possible d’y déposer ses images au format .raw et le tout sera au mieux sauvé en .jpeg haute définition. Vous pourrez néanmoins bénéficier de ce qui fait pour moi la force de Flickr, à savoir son ergonomie très bien pensée pour le visionnage et le partage des photos tel que les superbes galeries, l’affichage des paramètres de prise de vue de chaque image ainsi que la possibilité de choisir de partager ou non l’accès à chacune de vos images avec des personnes autres que vous (amis et/ou famille et/ou monde entier!). A titre de comparaison, vous ne pourrez stocker gratuitement sur un espace Google Drive que 15 Go mais il va très vite falloir délester votre portefeuille (à raison d’une vingtaine d’euros par an pour 100 Go et une centaine d’euros par an pour 1 To) pour aller plus loin. Il y a tout de même une exception à cela car Google Plus autorise un stockage illimité des images dont le côté le plus long fait 2048 pixels. J’avoue ne pas être très sensible à cet argument car je voudrais une sorte de coffre-fort qui puisse conserver mes fichiers originaux dans leur résolution maximale. Pour moi, Flickr serait donc au top du top s’il permettait une gestion du format .raw. Pour le reste, j’ai lu à droite à gauche sur le web que des gens sont plus en faveur de Google Plus en mettant en avant le fait qu’il propose des fonctionnalités de retouche et de partage plus sophistiquées. Il faudrait que je regarde ça plus en détail mais j’étais déjà relativement satisfait de ce que faisait Flickr sans tout ça.

Le mot de la fin…

A l’heure actuelle je possède donc ma photothèque en deux exemplaires: une sur un premier disque dur externe et l’autre sur un deuxième disque dur externe. Il serait peut-être plus pratique d’en posséder un exemplaire sur mon disque dur interne et une copie de sauvegarde sur un disque dur externe (au moins) mais en ce qui me concerne, ce n’est tout simplement pas possible faute d’espace disque disponible. La seule chose que j’ai changé à ce propos, c’est que j’ai désormais installé un petit utilitaire (iBackup) pour effectuer de manière automatique (et hebdomadaire) la sauvegarde de ma photothèque d’un disque dur sur l’autre, là où j’effectuais un copier-coller manuel et bien trop occasionnel jusqu’alors. De ce point de vue là, je ne ressens à l’heure actuelle pas le besoin d’employer un programme de synchronisation plus complexe car ce que je veux, c’est bien enregistrer des modifications régulièrement effectuées dans une copie de travail sur une copie de sauvegarde. Bien que j’utilise aussi bien Flickr que Google Drive (ou d’autres espaces de stockage similaires genre Dropbox), je n’ai pas non plus à proprement parler de copie de sauvegarde en ligne. Je n’ai pas assez de place pour héberger ma photothèque sur Google Drive ou Dropbox, et je ne suis toujours pas prêt à payer pour tenter de le faire. Seul Flickr me permettrait en fait de réaliser l’opération mais en dépit de ses 1 To, son incapacité à stocker et afficher des .raw fait que je ne continuerai probablement pas à l’utiliser autrement que pour y partager mes photos de vacances… Bref, je ne suis donc toujours pas prêt à passer au stockage en ligne et préfère m’en tenir à de bons vieux supports physiques, plus pour des raisons à la fois pratiques et financières que par des réticences en terme de sécurité de mes données d’ailleurs. Pour finir, il y a un dernier point que nous n’avons toujours pas vraiment abordés et qui est celui de se demander sous quel format stocker ses images et quel programme utiliser pour gérer ce contenu. Je pense discuter de tout ça la semaine prochaine. Pour les moins « techniciens » d’entre vous, serrez les dents ou retrouvez la Nature Des Images la semaine d’après. Je vous promets de revenir à des choses à la fois plus artistiques et légère. En attendant merci encore à Pierre, Eric, Vincent et Benoît pour leur contribution à la discussion ainsi qu’à tous les autres lecteurs pour leur soutien, même silencieux à La Nature Des Images et n’hésitez pas à continuer à intervenir et partager vos trucs et astuces ou poser des questions.

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