Dans l’imaginaire collectif, l’archipel des Maldives est réputé pour son cliché de carte postale dépeignant la vue que pourrait avoir le touriste depuis sa chambre d’hôtel. Cette chambre d’hôtel avec vue sur la mer serait une sorte de hutte sur pilotis, avec un ponton donnant directement sur un vaste océan aux teintes turquoises et émeraudes s’arrêtant là où commence un ciel bleu profond. Bien que l’emploi d’un filtre polarisant contribue en grande partie à magnifier ce genre de paysages, il ne fait aucun doute que cette représentation n’est pas exagérée et qu’on peut reproduire une mise en scène de ce type en de nombreux endroits de l’archipel. Le revers de la médaille, c’est qu’il y a tellement de tourisme aux Maldives que le moindre petit îlot se profilant à l’horizon voit souvent sa silhouette hérissée d’une antenne relais alors que s’étend sur la mer une ribambelle de cabanes de resorts, comme sur la photo ci-dessous.

Guirlandes de chambres d’hôtel, avec vue sur la mer aux Maldives (Photo Joris Bertrand).

Pourtant, ce serait un peu oublier que le pays demeure habité par un petit peu moins de 400 000 autochtones dont le soucis premier n’est pas de se dorer la pilule ou d’admirer les merveilles du monde sous-marin. Et bien que tout soit fait pour que les contacts soient évités entre le touriste et les populations locales, il est tout de même possible d’avoir une idée de ce que vivent les maldiviens au quotidien sur l’île-capitale de Malé ainsi que sur quelques autres îles au statut un peu intermédiaire telle que Dhigurah, sur laquelle je me suis rendu. Ce que je retiens de cette expérience c’est qu’il y a une sorte de dénominateur commun à la vie de ces gens modestes des tropiques. Ils ne possèdent pas grand chose, mais Aznavour avait sans doute raison en supposant que la “misère » serait moins pénible au soleil. Ici, les gens pêchent et mangent les fruits qui poussent sans trop de mal autour de leur maison. Il prennent le temps d’emménager leur jardin et finisse d’y mettre la petite touche de couleur qui fait que les touristes occidentaux que nous sommes trouveront leur petit havre de paix authentique et paisible. C’est quelque chose que j’ai toujours pu noter lors de mes voyages en Nouvelle-Calédonie, à La Réunion, en Guyane, dans le Sud de Taïwan et maintenant ici. Le seule chose qui change vraiment aux Maldives c’est le poids palpable de l’islam. Les femmes déambulent voilées à l’ombre des arbres tropicaux, les rares bars (sans alcool) sont exclusivement occupés par les hommes et par moment, le va et vient de la houle se mêlent à l’appel de la prière du muezzin.

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Maldives, le plus loin possible des clichés…

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Je fais partie de ces provinciaux qui ont le privilège de pouvoir vivre Paris sans nécessairement avoir à la subir. A chaque fois que je me rends à la capitale, c’est toujours pour un court séjour même s’il arrive que ce soit pour des raisons sérieuses. Et ce que j’aime avant tout à Paris, c’est tout simplement errer dans les rues, appareil photo à la main en immortalisant à la volée un petit peu de ce que m’évoque la ville. Cette semaine, je vous propose donc une petite série prise sur deux jours début juin. La Seine était encore très haute, mais l’Euro de football n’avait pas tout à fait commencé. Et pendant ce temps, je parcourais la capitale en long en large et en travers en sortant des sentiers battus du mieux que je pouvais même si je n’ai pas toujours évité certains des lieux les plus iconiques… Pour le reste, j’aurais bien sûr aimé avoir plus de temps. Mais il faut toujours savoir garder un minimum de frustration pour avoir envie de mieux recommencer.

Techniquement parlant, j’ai photographié léger, tout au pancake, en jonglant entre les deux focales fixes que sont l’EF-S 24 mm F/2.8 STM et l’EF 40 mm F/2.8 STM. Les photos ont ensuite étaient éditées dans Adobe Lightroom, avec un traitement Noir & Blanc aux contrastes bien violents comme je les aime. Ce parti pris permet selon moi de souligner ce que j’ai voulu montrer, à savoir ce que la capitale à de plus sincère et intemporel.

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En passant par… Paris

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Quelques jours à Melbourne…

La Nature des Images me permet de partager mes carnets (photographiques) de voyage mais parfois, l’enchaînement des évènements est tel que j’ai bien du mal à rendre compte de mes pérégrinations en respectant l’ordre chronologique. Début novembre 2015, nous avons passé quelques jours à Melbourne. Puis je suis rentré en France dans la foulée et j’étais si heureux de revoir la mère patrie après presque deux ans d’errance que les paysages des Grands Causses ont un peu volé la vedette à la métropole australienne (voir le post en question en cliquant ici)…

La skyline des buildings du CBD de Melbourne, depuis la plage de St-Kilda (Photo Joris Bertrand)

La skyline des buildings du CBD de Melbourne et son Eureka Tower, reflétant les rayons du soleil couchant, depuis la plage de St-Kilda (Photo Joris Bertrand)

Avant toute chose, je me dois de resituer rapidement les choses dans leur contexte. Je réside à Sydney, et il « fallait » que je vois Melbourne car les deux cités tentent mutuellement de se faire de l’ombre dans une bataille qui se résumerait à peu près à savoir quelle est la métropole la plus rayonnante d’Australie: Miroir, mon beau miroir… Ceux qui penchent pour Sydney vantent les mérites de sa baie tentaculaire bordée d’une nature préservée, son imposant Harbour Bridge et son iconique Opera House, là où ceux qui tiennent plutôt pour Melbourne revendiquent son style de vie se reposant avant tout sur un gout prononcé pour la Culture et le bien-être. Un natif de Melbourne rencontré dans le Queensland nous avait une fois lancé de façon laconique que « Melbourne avait été bâtie par des aventuriers et des chercheurs d’or alors que Sydney avait été édifiée par des bagnards ».

Melbourne et son Street Art… Tout y passe (Photo Joris Bertrand)

Melbourne et son Street Art… Tout y passe… (Photo Joris Bertrand)

Premier aperçu de Melbourne, la Culturelle…

Melbourne a une tendance quasi-obsessionnelle à étaler sa culture. Au premier abord, ça peut paraître un peu énervant car ça a quelque chose d’assez arrogant. Et puis pour les européens que nous sommes, ça pourrait même devenir risible de voir des gens si fiers d’édifices de style victorien dont beaucoup sont sorti de terre à une époque à laquelle mes arrières grand-mères, que j’ai eu la chance de connaître, étaient déjà nées. Et puis en atterrissant à Melbourne, on ferme le Lonely Planet et on se rend compte que ce qui passe pour une manie a somme toute quelque chose de sincère et de vrai. Melbourne est une ville qui se porte économiquement bien et qui continue à considérablement investir dans son identité culturelle. A l’heure où on parle de restriction budgétaire à tout va, je trouve ça relativement sain. De loin, on voit le City Business Centre et ses environs se hérisser de buildings, comme dans toutes les métropoles. Mais à Melbourne, l’architecture est à la fois audacieuse et innovante, et à titre personnel, je la trouve plutôt esthétique. Arrivé en ville, on se rend compte que dans le même temps, la ville entretien son folklore en mêlant l’utile à l’agréable. Melbourne cultive son style de vie dans son centre urbain historique d’une façon très européenne. Il y a là des cafés avec des terrasses, en roof top ou donnant directement sur la rue. A priori, ça n’a rien de vraiment exceptionnel pour des européens, mais je dois dire que j’avais un peu oublié à quel point ça me manquait là où j’ai posé mes bagages au cours de ces deux dernières années. L’ambiance à Sydney est globalement plus pub à l’anglaise, tournée vers l’intérieur et la culture du café en terrasse est par exemple encore quasi-inexistante à Taipei. Avec le recul, je me rends compte que Toulouse et ses petites places n’avait rien à envier à personne…

Le tramway de Melbourne, un peu “Old School” mais toujours en circulation et gratuit! (Photo Joris Bertrand)

Le tramway de Melbourne, un peu “Old School” mais toujours en circulation et gratuit! (Photo Joris Bertrand)

Melbourne au quotidien…

Arcades et terrasses, ingrédients de la réussite d’une ville où il fait bon-vivre.

Arcades et terrasses, ingrédients de la réussite d’une ville où il fait bon-vivre? (Photo Joris Bertrand)

C’est donc dans cette ambiance, très à l’européenne, que nous avons passé quatre jours bien sympathiques. Le centre ville est vraiment à taille humaine et tout peut se faire à pied de part et d’autre des rives de la Yarra river au son du tintement du tramway, omniprésent. Quand les distances parcourues auront fini par avoir raison de votre motivation, vous pourrez toujours sauter dans une rame et vous laisser aller (le Tramway est gratuit en centre ville). Se laisser aller est, je pense, la règle à adopter pour le touriste de passage. En fait, les seules choses qui ont rythmé nos pauses successives ont été l’appel du brunch et les averses… Melbourne est, à juste titre, réputée pour être la ville dans laquelle on peut passer par les quatre saisons en une seule journée. Il faut donc se laisser le temps de flâner dans les rues, d’observer le street art, sans nécessairement devoir l’admirer, de ne pas hésiter à se poser en terrasse, se faire un musée ou se caler en roof top pour la soirée. Et pour finir Melbourne respire. Si l’océan n’y est pas aussi présent qu’à Sydney, le Tramway vous propulsera jusqu’à la plage de St-Kilda. Là, nous n’avons pas nécessairement ressenti l’appel de la baignade. Peut-être est-ce à cause de la grisaille du jour et de la vue des manchots pygmées, se tenant là, dans les anfractuosités de la jetée…

St-Kilda, pas franchement engageant pour la baignade mais pas désagréable pour autant… (Photo Joris Bertrand)

St-Kilda, pas franchement engageant pour la baignade mais pas désagréable pour autant… (Photo Joris Bertrand)

Alors, Sydney ou Melbourne?

Quatre saisons dans une seule et même journée, on a testé… (Photo Joris Bertrand)

Quatre saisons dans une seule et même journée, on a testé… (Photo Joris Bertrand)

Je vais répondre de manière assez politicienne et pourtant sincèrement honnête: les deux. Je suis un amoureux de la nature et ce que j’aime à Sydney, c’est avant tout sa baie et ses parcs nationaux qui arrivent à se faire une place, presque jusqu’au cœur même de la ville. Mais je n’ai pas vraiment eu le temps de voir ce qu’il en était réellement à Melbourne sur ce point. Pour le reste, j’ai été très séduit par cette ville qui va bien et qui le fait savoir en investissant une part considérable de son dynamisme en continuant au jour le jour à se forger une identité ayant pour pierre angulaire le bien-être et la culture. D’ailleurs Melbourne est chaque année classée parmi les villes où il ferait le plus bon-vivre. Bien sûr, le fait que la métropole connaisse une situation économique prospère n’y est pas étranger. Mais j’ai envie de saluer l’initiative car beaucoup de villes qui se portent (économiquement) bien n’en font pas autant. En fait, une société qui a de l’énergie « à revendre » en misant à ce point sur l’art, la culture ou toutes les choses, a priori non commerciales est sans doute à la fois une société qui va bien mais aussi, une société qui préfère voir ses acteurs heureux plutôt que de tenter de niveler par le bas pour croître encore plus vite et plus loin. Bien sûr, derrière ce cadre idyllique se cache un développement à plusieurs vitesses. Il y a autant de SDF dans la rue que dans les autres grandes villes et la défense d’un folklore passe aussi par la persistance de traditions débiles. Notre séjour à Melbourne coïncidait par exemple avec leur fameuse Carnival Cup, sorte de réminiscence aristocratique devenue people et impliquant des courses de chevaux, des tenues farfelues et beaucoup d’alcool… Mais s’il est bien un domaine dans lequel on ne peut se permettre de donner de leçon au reste du monde en tant que français, c’est justement celui des traditions à la con…

Les rives de la Yarra River à la nuit tombée (Photo Joris Bertrand)

Les rives de la Yarra River à la nuit tombée (Photo Joris Bertrand)

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Hobart, petit bout de Tassie…

Il y a bien longtemps déjà que je savais pointer du doigt la Tasmanie sur une mappemonde. Je me souviens de ce petit bout de terre comme détaché, tout en bas en droite de la grande Australie. Sur l’atlas géant et adapté pour les enfants que je consultais souvent quand j’étais petit, une pomme figurait sur cette île qui à côté de l’Australie semblait si petite. Plus tard, j’ai comme beaucoup de monde entendu parlé du fameux diable de Tasmanie et de ses eucalyptus dont certains atteignent des hauteurs tout bonnement hallucinantes. La Tasmanie faisait donc partie des endroits où j’avais envie de poser les pieds, sans être sûr d’avoir un jour l’occasion que mon souhait se réalise. C’est désormais chose faite et même si le séjour y fût relativement bref, j’ai vraiment apprécié la virée qui reste à ce jour la plus australe de mon existence.

Un port de pêche, un ciel chargé, une ambiance authentique et une ville à taille humaine, voici Hobart (Photo Joris Bertrand)

Un port de pêche, un ciel chargé, une ambiance authentique et une ville à taille humaine, voici Hobart (Photo Joris Bertrand)

Jour 1: en arrivant sur Hobart…

D’après les australiens, Hobart, la capitale de la Tasmanie, serait une des villes les plus « européennes » du pays… Ils disent aussi ça de Melbourne, principalement parce que c’est une ville où il y a des cafés avec des terrasses… Je ne préférais donc pas me faire d’idées préconçues avant que l’avion ne touche terre et je crois avoir bien fait. La première chose sur laquelle je me plantais, c’était sur le climat. Dans mon imaginaire, la Tasmanie était à l’Australie ce que l’Irlande ou l’Écosse seraient à l’Europe. Or, Hobart serait la capitale d’état la plus sèche du pays après Adélaïde (qui est à proximité du désert) et ça, c’est déjà assez perceptible depuis les airs. On survole des forêts, mitées de grandes étendues pâturées sur laquelle l’herbe jaunâtre semble pâtir du manque de précipitations. C’est au milieu de ces étendues steppiques qui m’évoquent le causse Méjean que l’avion se pose et nous débarque dans une petite aérogare. Si la Tasmanie mise beaucoup sur le tourisme, elle n’est pas encore en mesure de devenir victime de son succès, et c’est probablement tant mieux. D’ailleurs, les gens sont d’une décontraction encore plus impressionnantes que les australiens du continent. C’est dire…

Sur le pont d’un des vieux voiliers amarré dans le port d’Hobart (Photo Joris Bertrand)

Sur le pont d’un des vieux voiliers amarré dans le port d’Hobart (Photo Joris Bertrand)

Après un rapide trajet en navette, on franchit l’embouchure de la rivière Derwent, le long de laquelle s’étend sans entrave la ville depuis la mer et jusqu’au pied des montagnes. Arrivés en ville, on pose les bagages à l’auberge puis on se rend sur le port pour un premier breakfast: des œufs au bacon, poached (pochés) ou scrumbled (brouillés) sur des toasts. En dépit de son front de mer un peu hétéroclite, Hobart m’évoque bien une ville de la vieille Europe. Il y a ces bâtiments anciens en pierre et ces vieux gréements à l’amarre sous un ciel chargé. Moi qui de par mon vécu n’ai jamais été marin, je me sens bien dans les ports. Une fois le brunch terminé, on erre d’abord sur les quais. Ici les restaurants se nomment The Whaler (le baleinier) ou encore The Drunken Amiral (l’amiral ivre). Juste ça, ça fait un petit peu pirate. On se replonge quelques deux-cents ans en arrière et on s’imagine des bagnards s’épuisant à la tâche, des matelots bourrés et tout ce qui va avec. J’ai lu sur le Lonely Planet qu’il fut un temps où il y avait tant de baleines qui remontaient en chantant le cours de la large Derwent River que les habitants d’Hobart se plaignaient de ne pas pouvoir fermer l’œil…

Les anciennes infrastructures portuaires se sont converties en galeries d’art et autres magasins un peu chics (Photo Joris Bertrand)

Les anciennes infrastructures portuaires se sont converties en galeries d’art et autres magasins un peu chics (Photo Joris Bertrand)

Après avoir traversé la fameuse Salamanca Place, on gravit quelque marches jusqu’à Battery Point, un vieux quartier traditionnel de la ville où se côtoient tantôt des cottages « so british », tantôt des demeures coloniales, tantôt des maisons plus modestes en bois, dans un style plus typique de ce qui se fait ailleurs en Australie. Le soir, on se délecte de fish & chips, de burgers au saumon et on commence une dégustation en règles de bières et de cidres locaux.

Une des bâtisses ancienne typique de Battery Point, quartier historique d’Hobart (Photo Joris Bertrand)

Une des bâtisses anciennes typiques de Battery Point, quartier historique d’Hobart (Photo Joris Bertrand)

Jour 2: Bruny Island…

Le deuxième jour, on a met le cap sur Bruny Island, du nom d’une personnalité française célèbre. C’est le monsieur à qui Louis XVI avait commandé de monter une expédition pour partir à la recherche d’un autre explorateur de l’époque, La Pérouse, duquel on était sans nouvelles. Pour s’y rendre, on a pris un bus, un ferry puis à nouveau un bus avant de longer une partie des côtes avec un autre petit bateau. D’un côté, j’étais un peu déçu de ne pas avoir pu m’arrêter plus souvent pour prendre le temps de faire plus de photos des paysages de l’île tant ils étaient somptueux de simplicité et encensés par la lumière perçante d’un ciel de traîne. Les latitudes y sont des plus australes mais l’eau y est d’un bleu, à peine imaginable dans les plus tropicaux des lagons.

Voici à quel point l’eau est bleue sur Bruny Island (Photo Joris Bertrand)

Voici à quel point l’eau est bleue sur Bruny Island (Photo Joris Bertrand)

Là sur les rochers, les otaries à fourrures se pavanent pendant qu’en regardant vers le large, on voit les fous tailler leur route et peut-être plus loin encore, les albatros. Sur le retour, une troupe de dauphins nous accorde un petit peu de rêve en narguant toutes les lentilles braquées sur eux, de part et d’autre de l’embarcation.

Une vie de phoque… (Photo Joris Bertrand)

Une vie de phoque… (Photo Joris Bertrand)

Le soir en rentrant sur Hobart, on déguste des breuvages qu’on avait volontairement gardés pour les jours suivants. La distillerie Lark produit une sorte de gin, de la vodka et bien sûr du whisky. Je ne suis pas connaisseur des deux premiers élixirs mais les whiskies méritaient vraiment le détour. J’en profite, car compte-tenu de leur volume de production annuel, la bouteille n’est déjà pas donnée sur place. Ils exportent un petit peu vers le reste de l’Australie, mais j’imagine que leurs produits sont beaucoup moins abordables en France…

Depuis, l’intérieur de la distillerie Lark (Photo Joris Bertrand)

Depuis, l’intérieur de la distillerie Lark (Photo Joris Bertrand)

Jour 3: Bizarreries locale…

Le troisième jour est l’occasion de l’écarter un peu de la ville. Nous mettons le cap vers le Bonorong Wildlife Sanctuary pour découvrir la faune locale. Habituellement, je n’aime pas trop publier de photographies montrant des animaux en captivité. Mais je me permets de déroger un peu à ma règle dans la mesure où cette réserve naturelle a pour mission de soigner des animaux indigènes dans le but de les relâcher un jour dans leur milieu naturel. Cet endroit constitue donc l’occasion d’observer des animaux endémiques de la Tasmanie tels que le quoll, le pademelon, le bettong et bien évidemment le fameux diable de Tasmanie. En plus de ces bestioles dont les noms exotiques vous sont peut-être inconnus, il est aussi possible de côtoyer des animaux « à poche » plus conventionnels tels que des kangourous, des wombats ou encore des koalas.

Taz… En vrai! (Photo Joris Bertrand)

Taz… En vrai! (Photo Joris Bertrand)

Affichée ça et là, on trouve également une image en Noir & Blanc dont la mauvaise qualité suggère qu’elle est ancienne. C’est une photo du Thylacine, cet animal ressemblant grossièrement à un loup, dont l’arrière train est rayé, un peu comme un tigre et qui pourtant était un marsupial comme la plupart de ses proches cousins, les autres mammifères australiens. Il pourrait évoquer une créature des temps anciens, mais le dernier spécimen s’est en fait éteint non loin d’ici, au zoo d’Hobart, en 1936. S’il y a bien quelques mammifères placentaires indigènes en Australie, la quasi-totalité sont donc des marsupiaux (et possèdent une poche) à l’exception… de ceux qui pondent des œufs… Et je dois dire que cet amoureux des bêtes que je suis a ressenti un brin d’émotion quand il s’est retrouvé en face de ce genre de bizarrerie qu’est l’échidné… Tout recouvert de piquants, il pourrait rappeler un porc-épic, ou à la grande rigueur un hérisson. Pourtant ces deux derniers animaux nous sont plus apparentés que nous ne le sommes tous de l’échidné, lointain cousin de tous les autres mammifères vivant encore sur cette terre (à l’exception de l’ornithorynque).

Bête à poils qui pond des oeufs (Photo Joris Bertrand)

Bête à poils qui pond des oeufs (Photo Joris Bertrand)

Mais arrêtons ici l’exposé d’S.V.T. pour se concentrer vers une autre bizarrerie de la capitale tasmanienne: le Mona. Ce musée d’art contemporain dont la thématique consiste dans les grandes lignes à mettre à l’honneur le sexe et la mort correspond à un délire de milliardaire qui n’a pas lésiné sur les moyens pour mettre sur pied son projet. Juste pour ça, ce musée mérite d’être visité. On s’y rend sur une sorte de bateau à la décoration type camouflage militaire un peu psychédélique et comportant un bar. On arrive dans cet énorme édifice en grande partie souterrain qu’est le musée, et on peut déambuler dans ce labyrinthe, lui aussi comportant un bar. Le soir, on regagne la cité et on se régale une fois de plus des produits de la mer.

Le bateau permettant de s’y rendre est un peu à l’image du reste du musée… Bizarre (Photo Joris Bertrand)

Le bateau permettant de s’y rendre est un peu à l’image du reste du musée… Bizarre (Photo Joris Bertrand)

Jour 4: Au Mont Wellington: une vue à couper le souffle mais un vent à décorner les bœufs…

Le dernier jour, nous nous rendons au Mont Wellington (ou Kunayi) qui domine l’agglomération du haut de ses 1271 mètres. En haut, la vue sur la baie très découpée d’Hobart est à couper le souffle. Mais un vent qui a tout ce qu’on pourrait qualifier d’antarctique nous incite à écouter nos contemplations. Les quelques centaines de mètres de dénivelé négatif qui nous attendent sont équivalent à un voyage latitudinal de plusieurs milliers de kilomètres. En à peine deux heures de marche, on passe d’une sorte de toundra à une lande arbustive avant de regagner une forêt d’abord sèche puis de plus en plus luxuriante jusqu’à évoquer des sortes de jungles jurassiques pleines de fougères arborescentes. L’après-midi sera l’occasion de quelques dernières flâneries en ville avant de regagner l’aéroport pour rentrer sur Sydney.

Vers le sommet du Mt Wellington (Photo Joris Bertrand)

Vers le sommet du Mt Wellington (Photo Joris Bertrand)

Hobart est donc, à n’en point douter une des, si ce n’est, la ville la plus « européenne » d’Australie. Tout y est à la fois dépaysant mais en demeurant à taille humaine et nous y avons donc passé un séjour très agréable. Pourvu que ce petit coin de bout du monde conserve lui aussi le plus longtemps possible cette quiétude qu’il mérite tout en sachant trouver le juste milieu entre développement touristique et durabilité. C’est visiblement à ça que les tasmaniens aspirent, et ils semblent mettre tout en œuvre pour y arriver. Cette ville du bout du monde est des plus accueillantes et gagne vraiment à être connue. D’ailleurs si l’Aurora Australis, imposant brise-glace, n’était pas là amarré dans le port, la douceur de vivre qui semble émaner d’Hobart nous ferait presque oublier que ce port fait partie des dernières bases arrières sur lesquelles la civilisation peut compter avant de franchir la porte des quarantièmes rugissants et des cinquantièmes hurlants qui mènent jusqu’à l’Antarctique, là-bas, plein Sud…

L’Aurora australis, dans le port d’Hobart (Photo Joris Bertrand)

L’Aurora australis, dans le port d’Hobart (Photo Joris Bertrand)

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The Thorsborne Trail (Hinchinbrook Island, Queensland, Australie)

Cette semaine, je vous propose d’enfiler les chaussures de marche, de veiller à glisser absolument tout ce dont on a besoin dans un grand sac à dos, et de mettre le cap sur l’île d’Hinchinbrook, dans la partie tropicale du Nord du Queensland. Un sentier de randonnée, le Thorsborne Trail, chemine à travers l’île sur une longueur totale de 32 km et dévoile une bonne partie de ce que cette région de l’Australie a à offrir de plus intact en terme d’environnement naturel. Bien qu’assez peu éloignée du continent (si tant est que l’Australie en soit un), Hinchinbrook Island est inhabitée et ne présente presque aucune trace de présence humaine, si ce n’est un ponton, quelques infrastructures sommaires pour assurer le bivouac et un sentier discrètement mais convenablement balisé. Notre escapade avait été préparée à l’avance dans la mesure où il est impossible de se rendre sur place à l’improviste. D’abord parce que dans un souci de préservation de la quiétude des lieux, les autorités n’autorisent pas la présence simultanée de plus de 43 personnes pouvant passer la nuit sur place. Cela nécessite donc un petit peu d’organisation. Il faut planifier son itinéraire, s’enregistrer en ligne sur le site Internet des parcs nationaux australiens et s’acquitter du paiement d’une somme modique de l’ordre de 5 $ AUS par nuit et par personne. Il faut également convenir à l’avance avec une société accréditée de votre acheminement sur place (et de votre retour) et ce service vous coutera une somme beaucoup moins modique de l’ordre de 100 $ AUS par traversée et par personne… Il faut enfin vous assurer de ne rien oublier qui puisse vous manquer une fois sur place car vous ne trouverez là-bas aucune facilité pouvant permettre de pallier à votre négligence. Il vous incombe donc d’emporter avec vous tout votre équipement en prévoyant notamment les vivres (et un répulsif insectifuge efficace…).

Hinchinbrook Island, vue de la côte (Joris Bertrand).

Hinchinbrook Island, vue de la côte (Joris Bertrand).

Généralement les randonneurs effectuent les 32 km du Thorsborne Trail sur trois ou quatre jours. Nous avions choisi de le faire en quatre jours pour découper le tout en étapes plus courtes (de moins de 10 km) et avoir ainsi plus de temps pour profiter de l’endroit qui s’annonçait paradisiaque. Pour le reste, nous nous y sommes rendu mi-août, ce qui correspond à la fin de la saison sèche « hivernale ». Avec le recul, c’était une bonne idée car nous n’avons pas eu une goutte de pluie et la plupart des creeks qu’il est visiblement parfois délicat de franchir en temps normal étaient tous à sec ou presque. En fait, nous n’avons jamais eu à quitter une seule fois nos chaussures pour traverser à gué ce qui est relativement rare sur cet itinéraire. Le dernier point qu’il convenait de prendre en compte, c’est qu’il faut veiller à traverser les creeks qui doivent l’être au niveau de leur embouchure à marée basse. En effet, il est fortement déconseillé de tenter de les franchir quand le niveau de l’eau dépasse celui de la ceinture car vous devenez ainsi vulnérable face aux des crocodiles… Si ça peut rassurer les plus inquiets, nous n’avons pas vu un seul crocodile sur l’île de tout le séjour, et pourtant nous avons bien cherché… Je m’en vais donc maintenant vous compter l’histoire de notre périple en agrémentant mon récit d’une petite sélection de photos. Que vous envisagiez ou non de marcher à votre tour sur le Thorsborne Trail, j’espère ainsi partager avec vous ce que j’ai pu immortaliser des plus beaux de ces paysages lors de notre éphémère passage.

Jour 1: Ramsay Bay à Little Ramsay Bay

Le premier jour, nous quittons la petite ville de Cardwell de bonne heure à bord d’une sorte de zodiac pouvant assez confortablement accueillir une douzaine de personnes. L’embarcation s’échappe à faible allure d’une marina bordée de maisons pour millionnaires. Puis, elle sillonne pendant environ une heure les eaux troubles et peu profondes du détroit. On se rapproche de l’île montagneuse avant de la contourner et de pénétrer une dense mangrove au bout de laquelle se trouve un ponton. Une fois débarqués sur l’île, le zodiac repart et nous rejoignons la plage de Ramsay Bay, point de départ de la randonnée. C’est le moment d’ajuster les réglages de nos sacs à dos un peu surchargés, de quitter les polaires, de sortir les lunettes de soleil et se tartiner de crème solaire.

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Ramsay Bay, point de départ de la randonnée (Photo Joris Bertrand).

Au bout de la plage, le sentier monte sur la droite et serpente à travers une forêt dense où à peu près tout nous est inconnu, des chants d’oiseaux à l’allure des plantes qui semblent tout droit sorties de Jurassic Park. Sur cette portion, une bifurcation sur la droite vous invite à laisser votre chargement sur le bord du sentier et gravir Nina Peak (312 m) pour avoir une vue imprenable sur la façade Est de l’île. Mais ma compagne traînant encore des résidus d’états grippaux des jours précédents, nous préférons économiser nos forces et tracer notre route.

Un sous-bois typique de la randonnée et un passage aménagé dans un tronc d’arbre à terre (Photo Joris Bertrand).

Un sous-bois typique de la randonnée et un passage aménagé dans un tronc d’arbre à terre (Photo Joris Bertrand).

Peu après, on regagne la plage à Nina Bay. C’est l’occasion pour nous de faire une petite pause et d’observer les premiers portiques et autres food boxes (sortes de coffres en métal) mis à disposition des randonneurs sur les aires de bivouac. En effet, l’île est notamment habitée par des sortes de rats kangourous indigènes dont la dentition permet de creuser de parfaits trous bien circulaires dans les noix de coco. Il faut donc veiller à ce que la nourriture soit hors de leur portée car il va de soi qu’aucune toile de tente ou de sac à dos ne pourrait résister à leurs petites dents.

Quand le sable blanc fait place au galets rose à Boulder Bay (Photo Joris Bertrand).

Quand le sable blanc fait place au galets roses à Boulder Bay (Photo Joris Bertrand).

Le sentier se poursuit et du sable blanc de Nina Bay, on arrive sur une plage de gros galets roses à Boulder Bay. C’est un terrain assez ludique car il faut parfois poser les mains pour franchir certains petits escarpements rocheux. En plus de ça, le paysage offre une palette de couleurs splendides. C’est l’endroit que nous choisissons pour pique-niquer sur la plage et faire une petite sieste réparatrice. L’étape du jour se termine deux heures plus tard sur une plage de sable blanc à Little Ramsay Bay. L’aire de camping se situe dans un sous-bois à deux pas de la plage et non loin d’une sorte de lagune alimentée par un creek dont le débit en cette saison n’est vraiment pas très impressionnant. Après avoir installé le campement, il ne faut pas hésiter à sauter de rocher en rocher pour remonter le cours d’eau jusqu’à trouver un flot d’eau courante afin de se ravitailler. Nous préférons glisser quelques pastilles purifiantes dans les gourdes et autres poches à eau même si cette précaution n’est d’après d’autres randonneurs croisés sur le sentier, pas de rigueur. En me baladant sur la plage, je me fais houspiller par un œdicnème des récifs visiblement très territorial. Je fais en sorte de contourner l’oiseau en gardant mes distances pour ne pas lui occasionner de stress superflu.

Little Ramsay Bay, sa lagune et au fond les plus hauts sommets de l’île (Photo Joris Bertrand).

Little Ramsay Bay, sa lagune et au fond les plus hauts sommets de l’île (Photo Joris Bertrand).

Jour 2: Little Ramsay Bay à Zoe Beach

Le lendemain matin, départ à la première heure de Little Ramsay Bay en direction de Zoe Beach pour la plus longue étape de notre périple. Le paysage est d’abord assez similaire à celui de la veille avec une alternance entre sable blanc et galets. Puis le sentier fait un crochet à l’intérieur des terres où on passe successivement par des forêts assez denses puis des milieux un peu plus ouverts. Cette zone est aussi censée être assez marécageuse et le franchissement de certains creeks peut, d’après ce que nous avions pu lire sur Internet, parfois poser quelques petits problèmes. Mais comme je l’avais déjà dit plus haut, les conditions étaient relativement sèches lors de notre séjour. Nous avons pique-niqué sur les berges de Little Fan Palm Creek.

Peu après Little Ramsay Bay, point de départ de l’étape la plus longue de la randonnée (Photo Joris Bertrand).

Peu après Little Ramsay Bay, point de départ de l’étape la plus longue de la randonnée (Photo Joris Bertrand).

La longueur de l’étape finit un petit peu par peser au propre comme au figuré… En ce qui me concerne, le sac affichait un poids de quelques 23 kilos ce qui est à la limite du supportable. Comme la veille, l’étape se termine sur une plage et l’aire de bivouac se situe non loin de South Zoe Creek. Nous avions lu que la partie la plus proche du cours d’eau a été condamnée pour des problèmes de cohabitation avec des voisins un peu gênants: les crocodiles. Nous choisissons de monter notre guitoune de l’autre côté. Une fois le campement installé, il reste un petit quart d’heure de marche pour atteindre les magnifiques chutes de Zoe Falls, se ravitailler en eau, et si le cœur vous en dit, piquer une petite tête. Le soir, on se fait la popote mais on ne s’attardera pas à l’extérieur. C’est de loin le coin où nous avons été le plus enquiquinés par les moustiques et autres petites mouches piqueuses: les sand flies. En guise de dessert, des compagnons de fortune nous offrent un peu de noix de coco qu’ils ont ramassé sur le chemin. Vu la peine qu’ils ont eu à l’ouvrir, nous avons consenti à leur donner en échange un peu de fouet catalan acheté à Sydney et que nous avons pu acheminer jusqu’ici. La nuit, notre sommeil sera troublé par de petits mammifères en maraude, mais rien de bien grave. C’est même un peu amusant d’apercevoir dans le faisceau de la lampe, une petite boule de poil s’éloignant en bondissant comme un kangourou miniature.

Les eaux limpides de Zoe Falls (Photo Joris Bertrand).

Les eaux limpides de Zoe Falls (Photo Joris Bertrand).

Jour 3: Zoe Beach à Mulligan Falls

A chaque jour son défi. L’étape de la veille était la plus longue de la randonnée et celle d’aujourd’hui passera par le point culminant de notre escapade. Peu après Zoe Falls la route s’élève d’abord brutalement. Puis la pente s’adoucit et suit le cours d’un creek jusqu’à un col à proximité du Diamantina Mount (955 m). Là, on peut observer quelques plantes carnivores. Le milieu se fait plus aride et la végétation ressemble plus à une sorte de garigue. D’ailleurs, les arbres portent les stigmates des incendies du passé. Dans ce milieu, nous croisons une famille de mérion ravissants, un splendide petit oiseau endémique de cette région de l’Australie.

Le toît de la randonnée (Photo Joris Bertrand).

Le toît de la randonnée (Photo Joris Bertrand).

Nous laissons sur notre gauche le sentier menant à Sunken Reef Bay et poursuivons notre descente jusqu’à l’aire de bivouac de Mulligan Falls que nous atteignons pour le déjeuner. Là, on passera l’après-midi à profiter des chutes se déversant dans une piscine naturelle aux eaux limpides.

Mulligan Falls (Photo Joris Bertrand)

Mulligan Falls (Photo Joris Bertrand)

Jour 4: Mulligan Falls à George Point

Le dernier jour, nous faisons en sorte de partir aux aurores pour être sûr de pouvoir franchir Mulligan Creek à marée basse. Après une bonne demi-heure à marcher dans la pénombre de la forêt, nous atteignons une dernière fois la plage.

Le “redoutable” Mulligan Creek, qu’il fallait à tout prix franchir à marée basse… (Photo Joris Bertrand)

Le “redoutable” Mulligan Creek, qu’il fallait à tout prix franchir à marée basse… (Photo Joris Bertrand)

La fin de balade consiste en une ligne droite un peu monotone sur une plage s’étendant à perte de vue. Pour éviter de trop se fatiguer à marcher dans le sable, nous nous rapprochons de l’eau à la limite des vagues pour profiter du substrat le plus dur possible. Le Thorsborne Trail se termine à George Point, que nous atteignons avec un peu d’avance sur le rendez-vous fixé avec le skipper. Nous avons le temps de ressortir le réchaud du sac pour nous préparer un café avant l’arrivée du bateau qui accostera sur la plage vers 10 heures du matin. Puis, l’embarcation contournera l’île par l’Ouest pour nous ramener jusqu’à Cardwell. On voit défiler les kilomètres de mangroves bordant cette île montagneuse qui culmine au Mont Bowen (1121 m), affichant fièrement sa silhouette pointue.

Arbres morts et ombres chinoises sur la fin du parcours (Photo Joris Bertrand).

Arbres morts et ombres chinoises sur la fin du parcours (Photo Joris Bertrand).

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Hommage à Taïwan (Partie 4) – Taïwan, un paradis pour photographes?

Les vacances étant passées par là, je n’ai toujours pas eu le temps de poster le quatrième et dernier petit article du cycle qui était consacré à mes au revoir à Taïwan. Mais je compte bien me rattraper aujourd’hui avec un petit billet de rentrée à la fois court et pratique dans lequel je m’interroge sur le fait de savoir si Taïwan ne serait pas un paradis pour photographes? (tout est dans le titre…). La réponse personnelle que je pourrais bien apporter à cette question tiendrait pas mal du « Oui… Mais… » et je vais vous expliquer pourquoi.   

Des prix de folie!!!

Je sais, c’est mal de commencer par l’argument financier, et je ferais mieux de d’abord insister sur des aspects plus artistiques que celui-là, mais ce qui m’a d’abord frappé à Taïwan, c’est à quel point le prix du matériel photo est avantageux comparé à ce qu’il est en Europe. La première fois que j’ai été trainer au croisement de deux rues dénommées BoiAi et HanKou à Taipei (voir la carte ci-dessous), j’ai assez vite compris que si j’allais faire des économies sur chacun des articles figurant sur ma liste de souhaits « photo », j’allais au final en dépenser plus que prévu en cumulant les achats, ou devrais-je dire, les « investissements » (pour avoir la conscience plus tranquille). Ce quartier de la capitale taïwanaise qui concentre la plus forte densité en boutiques photo dans le pays (et j’en mettrai presque ma main à couper… Au monde!) s’apparente à une véritable caverne d’Ali Baba ou vous pouvez à peu près trouver tout le matériel photo que vous imaginez à des prix imbattables. Les raisons à cela sont multiples. D’abord, il semblerait que l’équivalent taïwanais de notre T.V.A soit moins élevé. Ensuite, Taïwan est considéré par beaucoup de marques comme un marché encore « émergeant » ce que j’ai un peu de mal à saisir vu l’équipement photo du photographe taïwanais « moyen ». Les fabricants semblent ainsi faire des efforts pour pénétrer ces marchés en acceptant de réduire leurs marges (efforts auxquels il faut sans doute ajouter un cout du travail et des charges moins élevés). De ce que j’ai pu voir et en comptant les petites remises que vous pourrez négocier en plus en magasin, les réductions observées vont de 25% à 40% sur la plupart des marques (Canon, Nikon, Tokina… mais pas Samyang par exemple). Il est à noter que ces réductions sont également valables chez des marques autres que les fabricants d’appareils photo (par exemple, Apple). La contrepartie à tout ça c’est que parfois, la garantie fabricant semble ne pas s’appliquer en dehors de Taïwan. En tant qu’ex-résidant, je ne me posais pas trop ce genre d’interrogation d’autant que je n’ai pas non plus cassé ma tirelire là-bas, mais je suppose que c’est le genre de questions qu’il faut se poser si l’envie vous prenait d’aller acquérir un super-téléobjectif à grande ouverture là-bas en tant que touriste, dans le but de le rapporter en Europe. Quand le matériel neuf demeure au delà de son budget, on peut toujours compter sur un marché de l’occasion assez bien fourni et organisé avec des magasins spécialisés. En effet, les taïwanais sont généralement avides de « modernité » et font en sorte de toujours posséder LA dernière version de tout (Smartphones et matériel photo en tête).

Pour le reste, je n’ai jamais eu de mauvaises surprises. Les prix affichés sur les emballages (lorsqu’ils le sont) ne correspondent souvent pas au montant final de la facture mais c’est toujours à votre avantage. Bien souvent, et sans avoir recours à la négociation berbère, le vendeur vous proposera assez rapidement un prix canon (même si vous achetez du Nikon… :-p) et vous offrira bien souvent une carte mémoire, un filtre, un kit de nettoyage, une batterie supplémentaire, tout en prenant le soin de vous placer un petit film protecteur sur l’écran LCD du boîtier que vous pourriez acheter. Il existe également de légères différences de prix d’une boutique à l’autre. Aussi, je vous conseille de ne pas hésiter à passer par plusieurs d’entre elles (elles sont bien souvent attenantes les unes aux autres) et faire jouer la concurrence avant de sortir le portefeuille. En revanche, les prix peuvent parfois être bien plus élevés, voire plus haut qu’en Europe si vous tentez votre chance dans des zones où la densité en boutique photo est plus faible (Attention donc!). Enfin, le dernier point négatif que je voudrais évoquer tient plus du petit désagrément que d’un réel problème, mais les magasins s’apparentent souvent à de petites échoppes étriquées où le matériel n’est pas directement visible. Il vous faudra donc parler chinois, au mieux bredouiller quelques mots d’anglais (ce qui ne fonctionnera pas dans tous les magasins) ou arriver avec la référence écrite noir sur blanc pour être sûr d’arriver à vous faire comprendre. On est donc bien loin des hyper store de la photo à la sauce japonaise que je n’ai jamais eu l’occasion de visiter personnellement mais qui, de ce qu’on m’en a dit ou de ce que j’ai pu en lire, me font déjà rêver…

La fameuse Camera Street de Taipei, à l’heure où elle ne grouille pas d’une activité frénétique (Photo Joris Bertrand).

La fameuse Camera Street de Taipei, à l’heure où elle ne grouille pas d’une activité frénétique (Photo Joris Bertrand).

Une faune peu farouche mais une densité de population tout simplement exaspérante…

Un autre aspect au premier abord féérique, c’est de constater à quel point la faune et en particulier certaines espèces qui sont excessivement farouches chez nous peuvent faire preuve d’une totale indifférence, voire d’un certain intérêt à l’idée d’interagir avec les humains à Taïwan. C’est par exemple le cas des hérons et autres aigrettes ou encore des martins-pêcheurs que vous pourrez approcher, parfois à une distance de l’ordre du mètre sans prendre la moindre précaution. C’est également le cas pour bon nombre d’autres espèces qui pourraient apparaître comme relativement exotiques dans nos contrées. C’est agréable mais ça rend la photo « facile », et j’avais déjà eu l’occasion de vous faire part de mes états d’âme à ce sujet suite à une séance, pourtant inespérée en Europe, de prise de vue rapprochée de milans noirs dans le port de Keelung. Une autre conséquence à tout ça, c’est que cette activité facile qu’est la photo animalière se transforme à Taïwan plus qu’ailleurs en loisir de masse et intéressant en tout premier lieu, les personnes âgées. Lorsque vous venez vous mettre à l’affût à quelques mètres en dessous d’un nid d’épervier besra sans importuner le moins du monde les animaux, attendez-vous à essayer d’installer votre trépied aux côtés de dizaines d’autres. Les photographes se passent le mot sur les réseau sociaux dès qu’il y a une potentielle cible à se mettre dans le collimateur, et débarquent en véritables armées de photographes, souvent suréquipés et camouflés à un point qui frise le ridicule… Parfois c’est aussi l’occasion de voir des scènes touchantes. J’ai dans le souvenir, ce très très vieux monsieur arpentant un jardin public de Taipei traînant derrière lui une sorte de chariot de golf avant d’en sortir un trépied Gitzo Carbone et d’installer patiemment son Canon EOS 1-D X et son EF 600 mm F/4 L IS USM II dessus afin de réaliser LA photo parfaite de Zostérops du Japon dans les cerisiers en fleur. Bref, il y a du monde, beaucoup de monde, comme partout ailleurs sur cette petite île. Certains photographes, juste un poil arrogant n’hésiteront pas à vous regarder avec condescendance et à vous faire la leçon si d’aventure vous vous risquiez comme moi à photographier sans trépied ni déclencheur filaire et vêtu d’un short et d’une paire de tongs. Pour le reste, on est à Taïwan. Si, lors d’une séance d’affut, le soleil de plomb vous dessèche la langue, vous savez que vous pouvez laisser toute votre installation en place et aller vous chercher une boisson au 7-eleven (la superette du coin que l’on trouve absolument partout ici) en toute quiétude, car ici, et c’est bien appréciable, on ne vole pas.

En attendant "l’oiseau aux cinq couleurs”… Cette scène est loin d’être la plus affolante qu’il m’ait été donné d’observer (Photo Joris Bertrand)

En attendant « l’oiseau aux cinq couleurs »… Cette scène est loin d’être la plus affolante qu’il m’ait été donné d’observer (Photo Joris Bertrand)

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Hommage à Taïwan (Partie 3) – Éléments d’histoire…

J’avais récemment consacré un post à ce que la nature a de plus beau à offrir aux yeux à Taïwan. Puis, je vous avais emmené avec moi sur le terrain dans le cadre d’une campagne océanographique au large de l’île. Aujourd’hui, place à la culture et à l’histoire!

Quand on vient d’un pays où la plus modeste des maisonnettes de pierre, dans le plus minuscule des hameaux, possède un âge plus vénérable que les plus aristocratiques demeures et les temples les plus majestueux du pays où on se trouve, il y a parfois de quoi être un peu déçu. C’est un petit peu le cas à Taïwan lorsqu’on considère la quantité du bâti ancien ayant réussi a « traverser les âges » et parvenir jusqu’à nous, lorsque celui-ci n’a pas été mis à sac par les séismes ou rasé par la puissance dévastatrice des typhons. Au demeurant, ces restes témoignent d’une histoire mouvementée et on trouve sur l’île une architecture historique à la fois diversifiée et très souvent dépaysante. Bien sûr, je n’ai pas la prétention de dresser un bilan exhaustif de cette architecture, sans compter que je n’ai parfois pas su faire en sorte de la photographier de manière à la rendre esthétique. Mais il y a quand même quelques endroits qui m’ont marqué et que j’aimerais partager avec vous aujourd’hui. Je passerai aussi un peu sous silence la culture aborigène, bien que ces derniers soient les premiers habitants de l’île. Certaines tribus construisaient des bâtiments en dur qui pouvaient être relativement imposants. Cela dit, je n’en ai vu qu’en maquette et je ne suis pas sûr qu’il subsiste encore à Taïwan de telles constructions qui soient véritablement d’époque.

Une peinture mural évoquant la culture aborigène à Wulaï (Photo Joris Bertrand)

Une peinture murale évoquant la culture aborigène à Wulaï (Photo Joris Bertrand)

La demeure et le jardin de la famille Lin (ou Lin family mansion and garden ou 林本源園邸) à Taipei

Une porte de la maison de la famille Lin à Taipei (Photo Joris Bertrand)

Une porte aux surfaces laquées et patinées de la maison de la famille Lin à Taipei (Photo Joris Bertrand)

Cette construction, d’architecture traditionnelle chinoise est semble t’il la demeure bourgeoise la mieux conservée de Taïwan et sa construction remonte aux années 1850. Elle consiste en plusieurs bâtiments reliés entre eux par un dédale de jardins verdoyants et relativement calmes. J’aimais bien cet endroit car il était situé à deux pas de chez moi et constituait un petit havre de paix enserré d’immeubles et de ruelles étroites en plein milieu d’un quartier populaire et très animé du Nouveau Taipei. C’est une perle rare de la capitale taïwanaise car en dépit de sa beauté, ce lieu semble encore être un peu à l’écart des circuits touristiques et je n’y ai que très rarement croisé des hordes de touristes indisciplinés dont je tairais la nationalité… En fait les lieux ressemblent plutôt à une sorte de jardin public à l’ambiance zen dans lequel les personnes âgées du quartier (et les photographes) viennent se ressourcer.

Les barreaux émaillés de certaines fenêtres évoquent la forme de bambous (Photo Joris Bertrand)

Les barreaux émaillés de certaines fenêtres évoquent la forme de bambous (Photo Joris Bertrand)

A l’intérieur, certains plafonds sont richement illustrés de fresques mises en  lumière par des lanternes (Photo Joris Bertrand)

A l’intérieur, certains plafonds sont richement illustrés de fresques mises en lumière par des lanternes (Photo Joris Bertrand)

En se rendant vers les jardins… (Photo Joris Bertrand)

En se rendant vers les jardins… (Photo Joris Bertrand)

A l’abris des regards (Photo Joris Bertrand)

A l’abris des regards (Photo Joris Bertrand)

Une des cours de la demeure (Photo Joris Bertrand)

Une des cours de la demeure (Photo Joris Bertrand)

Un banian à l’allure tortueuse, trône dans le jardin (Photo Joris Bertrand)

Un banian à l’allure tortueuse trône dans le jardin (Photo Joris Bertrand)

Au niveau de certaines cours intérieures, on trouve même des bassin aux carpes (Photo Joris Bertrand)

Au niveau de certaines cours intérieures, on trouve même des bassins aux carpes (Photo Joris Bertrand)

Vous l’aurez compris, j’aimais bien cet endroit (peut-être la brique rouge qui me rappelle Toulouse?!) et j’ai déjà eu quelques difficultés à ne vous montrer qu’une dizaine de photos à son sujet. Mais si je veux faire un tour complet de Taïwan, il va falloir que j’accélère un petit peu…

Brique rouge et lanternes (Photo Joris Bertrand)

Brique rouge et lanternes (Photo Joris Bertrand)

Autres édifices historiques remarquables de Taipei: les temples de Longshan (龍山寺) et de Confucius (臺北孔子廟)

La tradition encerclée par la modernité, au temple de Longshan (Photo Joris Bertrand)

La tradition encerclée par la modernité, au temple de Longshan (Photo Joris Bertrand)

Taïwan compte également pléthore de temples dont la taille va du lieu de culte le plus basique occupant quelques mètres carrés jusqu’aux constructions tentaculaires qui peuvent parfois être grande comme un pâté de maison tout entier. Là encore, la déception est parfois de mise car beaucoup de temples sont en fait de construction relativement récente et en dépit de leurs riches ornements, ont un petit côté carton-pâte qui évoque plus une visite à Dysney land que celle d’un lieu sacré. Mais il existe également quelques temples de facture plus ancienne dont l’authenticité et la diversité de styles valent à coup sûr le détour. Parmi eux, j’aime bien le temple de Longshan et son ambiance sincère au beau milieu du quartier populaire de Wuanhua. De manière intéressante, beaucoup de temples à Taïwan voient cohabiter en leur sein, des symboles appartenant à différentes religions. Par exemple, le temple de Longshan a, à première vue, l’apparence d’un temple bouddhiste, mais on y vénère aussi des divinités plus issues du folklore chinois. Dans un style tout à fait différent, on trouve également le temple de Confucius, quelques stations de métro plus loin. Son style est beaucoup plus sobre, aéré et épuré que celui de Longshan.

Le temple de Longshan colle bien à l’image que l’on se fait de la Chine éternelle (Photo Joris Bertrand)

Le temple de Longshan colle bien à l’image que l’on se fait de la Chine éternelle (Photo Joris Bertrand)

Une porte au temple de Confucius, est une représentation moderne du gardien spirituel du lieu (Photo Joris Bertrand)

Une porte au temple de Confucius, est une représentation moderne du gardien spirituel du lieu (Photo Joris Bertrand)

Une décoration relativement sobre mais haute en couleur au temple de Confucius (Photo Joris Bertrand)

Une décoration relativement sobre mais haute en couleurs au temple de Confucius (Photo Joris Bertrand)

Architecture européenne (à Tamsui) et japonaise (à Sanxia)

Architecture à l’européenne à Tamsui (Photo Joris Bertrand)

Architecture à l’européenne à Tamsui (Photo Joris Bertrand)

Pour poursuivre ce petit tour d’horizon non exhaustif de l’architecture historique à Taïwan, j’ai choisi les styles européens à Tamsui et japonais à Sanxia. J’ai déjà évoqué Tamsui lors d’une récente image racontée. Ce district du Nord-Ouest de l’agglomération de Taipei a tour à tour été occupé par les espagnols, les hollandais puis les anglais qui ont laissé des traces de leur passage au niveau de certains bâtiments aux briques rouges et au style européen comportant des accents coloniaux. A Sanxia, une vieille rue du nom de Minquan Old Street (民權老街) évoque la période à laquelle le Japon a occupé Taïwan. Mais il ne faut pas s’attendre à y trouver une architecture traditionnelle typique. A la place, les japonais ont en fait employé une architecture coloniale qui apparaît comme très inspirée de l’architecture européenne.

La Minquan Old Street à Sanxia, juste après l’orage (Photo Joris Bertrand)

La Minquan Old Street à Sanxia, juste après l’orage (Photo Joris Bertrand)

Tainan: la capitale historique…

Enfin, je terminerai par la capitale historique de Taïwan, Tainan, qui présente l’avantage de rassembler un condensé de tous les styles qu’il me semble avoir évoqué ci-dessus, le tout dans une ambiance plus tropicale et décontractée que dans le contexte de la capitale actuelle, Taipei. Parmi ces sites, on trouve par exemple le fort Provincia (赤崁樓
). D’abord érigé par les hollandais, il a par la suite été remanié pour arborer un style plus chinois. Tainan compte également un grand nombre de lieux de cultes parmi lesquels un autre temple de Confucius, à l’esthétique sobre et élégante (孔廟
). Les architectures de styles japonais et européens sont également bien représentées.

Le temple de Confucius, à Tainan (Photo Joris Bertrand)

Le temple de Confucius, à Tainan (Photo Joris Bertrand)

Alignement de Bonzaï, au temple de Confucius de Tainan (Photo Joris Bertrand)

Alignement de Bonzaï, au temple de Confucius de Tainan (Photo Joris Bertrand)

Au fort Provincia (Photo Joris Bertrand)

Au fort Provincia (Photo Joris Bertrand)

Le fort Provincia de nuit (Photo Joris Bertrand)

Le fort Provincia de nuit (Photo Joris Bertrand)

Le mot de la fin

En guise de conclusion rapide, je signalerai simplement que l’accès aux sites comportant une architecture historique à Taïwan est très souvent gratuit ou presque (rarement plus de 2 € l’entrée) ce qui est relativement appréciable. En plus de cela, la tolérance est de rigueur dans tous les lieux de cultes et je dois dire que je n’ai jamais eu à sentir le regard oppressant d’une « grenouille de bénitier » locale sur le touriste, qui plus est équipé d’un gros appareil photo que j’étais. A l’image de ce que j’ai perçu de la société taïwanaise dans son ensemble, les gens vont et viennent et font leur train-train sans réellement vous prêter attention. Contrairement à ce qui se passe en occident, la religion semble avoir également une relation assez décomplexée avec l’argent. A l’entrée des temples, vous pourrez, si vous le voulez, passer par une sorte de caisse façon supermarché pour faire votre don. Mais si ce n’est pas dans vos intentions, il n’y a absolument aucun problème et même les moines cherchant à vous soutirer de l’argent à proximité des lieux de cultes ne sont jamais insistants.

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