Matériel

Annonce du Canon EOS 6D Mark II et de l’EOS 200D!

Je dois dire que ça faisait bien longtemps que je n’avais pas à ce point été enthousiasmé par l’annonce d’une sortie matériel chez Canon. Pour être plus précis, ça remonte sans doute à l’arrivée simultanée de l’EOS 7D Mark II et de l’EF 400 mm F/4 DO IS II USM que j’avais évoqué dans un de mes posts. Mais c’est désormais chose faite, Canon met à jour son entrée de gamme en plein format en proposant l’EOS 6D Mark II et reformule le réflex le plus compact et le plus léger du marché avec l’EOS 200D (que je n’attendais plus!).

EOS 200D: le « mini réflex » que l’on attendait plus…

L’EOS 200D est proposé en noir (plutôt classique), mais aussi en blanc et en marron.

Je suis de ceux qui croient que dans ce monde où les hybrides sont de plus en plus convaincants, il existe néanmoins toujours une place pour un réflex compact d’entrée de gamme. Et après avoir vu défiler les EOS M3, EOS M5, EOS M6 ou encore EOS M10, je croyais que Canon avait cédé aux lois du marché en ne proposant que des hybrides pour succéder à l’EOS 100D. Je m’en étais d’ailleurs un peu inquiété dans certains de mes articles (ici, ici, ou encore ici). Mais ça y est, l’EOS 200D est bien là et la lecture de la fiche technique à de quoi (me) rassurer. En effet, je pense qu’il a en gros tout ce qu’il faut là où il faut. Notre EOS 200D est donc bel est bien un réflex avec une visée optique, un miroir et une monture EF/EF-S. Entre autres, il est pourvu d’un capteur de 24 Mpixels (contre 18 pour l’EOS 100D) et embarque désormais la technologie Dual Pixel. Pour le reste, le nombre de collimateur autofocus reste inchangé (9). C’est un point à vérifier car il est vrai que je trouvais parfois la mise au point un peu poussive sur l’EOS 100D que j’utilise au boulot. En même temps, je dois dire que je l’utilise presque exclusivement en conditions de faible lumière et à la limite de la distance minimale de mise au point… Au passage, l’EOS 200D progresse par rapport à son prédécesseur en étant désormais équipé d’un processeur de dernière génération (DIGIC 7), d’un écran orientable (tactile), que j’apprécie quand même pas mal sur l’EOS 70D. Pour le reste, ces mensurations ont tout pour plaire et je pense que ce petit boitier donnera entière satisfaction à ses propriétaires couplé à un petit pancake ou au nouveau petit EF-S 35 mm F/2.8 Macro IS STM que j’aimerais vraiment essayer.

EOS 6D Mark II: un plein format des plus accessibles…

En parallèle, Canon sort donc l’EOS 6D Mark II avec un capteur plein format de 26 Mpixels. Par rapport à son prédécesseur, il présente un autofocus aux performances dopées et le Digic 7 lui permet une rafale un petit peu plus rapide (6.5 im./s, soit deux de plus que le 6D). De plus, on peut noter l’arrivée d’un écran orientable tactile et du GPS qui faisaient défaut sur la première version. Bref, autant l’EOS 6D avaient des performances qui compromettait un peu son usage en animalier par exemple, autant la nouvelle version rectifie le tir sur les points à problème. L’EOS 6D Mk II devient donc une alternative crédible à l’EOS 7D Mk II pour les amoureux de la photo de nature qui voudraient bénéficier des avantages du plein format. Si votre budget le permet, libre à vous d’emporter les deux boîtiers dans votre besace.

Publicités
Par défaut
Matériel

Ghillie Suit: premier retour d’expérience prometteur!

Je me sens à la bourre dans à peu près tout en ce moment, mais je ne m’en plains pas car je suppose que c’est parce que j’ai une vie bien remplie. Les habitués de La Nature des Images auront d’ailleurs peut-être remarqué que je n’avais pas publié sur le blog depuis pas mal de temps. Je passe déjà des heures devant un écran d’ordinateur quand je suis au boulot et je n’ai pas forcement la force de remettre ça le soir après le dinner. J’ai pris des vacances, je prépare des chamboulements à venir dans ma vie personnelle et j’ai toujours beaucoup de photos à trier depuis ma dernière session de terrain. Bref, je suis tellement en retard que je n’avais même pas encore eu le temps de tester certains de mes cadeaux de Noël! Et pour ce faire, il fallait bien que je trouve des conditions favorables pour me remettre un peu à l’animalier. C’est désormais chose faite car les quelques jours que j’ai pu passer chez moi, en Aveyron, m’ont permis de brièvement tester mon Ghillie Suit.

Un Ghillie Suit: Qu’es aquò?

Si vous ne savez pas ce qu’est un ghillie suit,  je vous conseille de tapper les termes correspondant dans votre moteur de recherche préféré. Pour vous en donner une petite définition personnelle, je me contenterais de dire que c’est un costume qui vous déguise en une sorte de buisson, façon ents dans la trilogie du Seigneur des Anneaux. En gros, c’est censé vous aider à passer pour un végétal en cassant votre silhouette humaine tout en arborant des sortes de haillons aux teintes verdâtres, beiges et brunes, façon feuillage. Le revers de la médaille c’est qu’une fois vêtu de la sorte, vous aurez vite fait d’effrayer tous les promeneurs que vous viendriez à croiser, ou au minimum à passer pour un con. Le ridicule ne tue pas (mais il y contribue). Pour avoir envie d’évoluer dans un tel accoutrement, encore fallait-il donc que cette tenue soit suffisamment efficace pour ne pas se faire repérer par les Hommes et les bêtes.

Un Ghillie Suit: est-ce que c’est efficace?

Votre serviteur a donc fait le test en profitant de ses vacances pour se lever aux aurores et aller parcourir les avant-causses du Larzac, un milieu que je parcours depuis mes vertes années, dans le but d’approcher chevreuils, renards ou encore lièvres matinaux. On ne pas va se leurrer, le succès de la billebaude consiste avant tout à se trouver au bon endroit au bon moment. On maximisera les chances de faire une belle rencontre en se levant de bon matin et en évoluant discrètement dans des habitats que l’on sait favorable, mais quoi qu’en disent les pros, l’équipement et les connaissances naturalistes ne font pas tout. La chance joue ainsi un rôle prépondérant dans la pratique et moins vous en avez, plus vous aurez à accumuler les sorties avant de rapporter de bonnes images.

Du temps, j’en ai eu très peu (trois jours en tout et pour tout) et compte-tenu de mon expérience, de la chance, je crois pouvoir dire que j’en ai eu pas mal. J’ai par exemple pu approcher un couple de lièvre et un renard avec une proximité que j’avais rarement pu égaler dans ces conditions. Cela étant dit, la réaction des animaux face à moi m’a paru totalement inédite et c’est en ca que je pense que le ghillie suit est relativement efficace.

3 août, vers 6h40: deux lièvres surexcités et visiblement plus occupés à se courser (pour…) qu’à se préoccuper de leur environnement me foncent littéralement dessus. La lumière est encore faible mais je mitraille tant que je peux alors que la sensibilité du capteur plafonne à 3200 ISO. De cette rafale, bien des images seront floues ou mal cadrées mais il faut dire que les animaux ont accouru dans ma direction jusqu’à ne plus rentrer dans le viseur et passeront au final à quelques mètres de moi sans même noter ma présence. Je poursuis mon chemin et recroiserai mes deux lièvres au retour une grosse heure plus tard.

Deux lièvres à fond! (Photo Joris Bertrand)

4 août, vers 7h20: En fait j’avais déjà suivi à bonne distance ce renard environ une heure plus tôt. Il mulotait dans une luzerne encore un peu épargnée par la fournaise de ce début d’août. J’étais trop loin, à découvert, et je n’aurais pas pu le rattraper sans faire trop de bruit. J’ai donc tracé ma route et ce n’est qu’au retour que j’ai a nouveau surpris sa petite croupe rousse s’enfoncer dans un fourré. Le renard était hors d’atteinte. Mais plutôt que de chercher à le traquer, j’ai attendu quelque minutes et grand bien m’en a pris. Voilà que le renard sort tout guilleret et croise dans ma direction. Le bruit de la rafale le mettra en alerte. Comme le font souvent les renards, il s’éloignera en trottinant plutôt qu’en détalant. Mais à aucun moment, l’animal ne m’aura formellement identifié en tant qu’être humain.

Renard en alerte (Photo Joris Bertrand).

A l’heure du bilan

Je n’ai pas la prétention de dire que j’ai fait un test de Ghillie Suit en bonne et due forme. Il m’aurait fallu le tester sur une période plus longue, observer la réaction d’autres mammifères « faciles » à approcher en premier lieu desquels les chevreuils et des oiseaux. Mais je crois pouvoir dire sans me tromper que cet étranger accoutrement est d’une efficacité prouvée. Vous ferez ce que voudrez mais en ce qui me concerne, je continuerai donc à le porter, quitte à prendre le risque me ridiculiser un petit peu de temps en temps.

Par défaut
Matériel

Réflex tombé dans l’eau: tout n’est peut-être pas perdu!

Ceux qui découvrent ce blog en lisant ces lignes se diront certainement que je suis maladroit, ou juste malchanceux. Ceux qui me suivent depuis plus longtemps penseront très certainement que je suis imprudent, voire négligeant. Car il y a quelques semaines, mon appareil photo a (de nouveau) pris un bain! Et cette fois, ce n’était ni mon Smartphone ni mon compact d’appoint mais bien “la prunelle de mes yeux »: mon réflex (Canon EOS 70D) avec son zoom transtandard monté dessus (Canon EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM). Pour rappel, j’avais déjà plus ou moins réussi à ressusciter mon Canon PowerShot D30, un modèle qui était censé être étanche mais qui s’est avéré au final ne pas l’être (pour moi, mais aussi pour bien d’autre de ses malheureux possesseurs…). Mais cette fois-ci, il s’agissait de tenter de sauver des eaux un appareil qui n’était pas conçu pour subir un tel traitement… Alors que faire si votre appareil photo venait à tomber dans l’eau?

1) Enlever la batterie, égoutter le matériel mais ne rien tenter d’autre, tant que vous ne serez pas rentré à la maison…

Sur le moment, la surprise laisse assez rapidement la place à une bonne paire de glandes. En ce qui me concerne, je venais de passer à l’eau avec quelque 1500 € de matériel photo autour du cou… Pour vous ça sera peut-être plus ou moins que ça mais une chose est sûre, c’est déjà trop. Lors de mon plongeon, l’appareil était allumé et je me souviens qu’au moment où je suis sorti, l’écran de contrôle affichait encore les paramètres de prise de vue. J’ai immédiatement mis l’appareil en position OFF et enlevé la batterie. Ca permet sans doute d’éviter des courts-circuits ou qu’un courant électrique ne provoquent une oxydation prématurée des composants électronique. Bref, je ne suis pas électronicien, mais je suis sûr d’une chose:  il est recommandé d’enlever la batterie. J’ai ensuite cherché à ôter un maximum de flotte d’entrée. J’ai commencé par dévisser l’objectif et j’ai pu constater que par chance, tout l’espace contenant le miroir et le capteur n’avait visiblement pas été inondé. J’ai donc fait le choix de remettre l’objectif. En revanche, celui-ci semblait avoir pas mal chargé et l’espace entre la lentille frontale et le filtre protecteur était complètement rempli d’eau. J’ai enlevé le filtre mais il était évident qu’il restait de l’eau sur la face interne de la lentille frontale… Pour le reste il y avait des gouttelettes dans le compartiment de la batterie, celui de la carte mémoire ainsi qu’au niveau des fiches permettant de brancher les différentes prises.

2) Mettre l’appareil à sécher, mais pas n’importe comment!

Le Silica Gel, sous sa présentation la plus classique.

Le Silica Gel, sous sa présentation la plus classique.

Après une interminable heure de trajet, je me retrouvais à la maison, prêt pour la suite des opérations. Avant de commencer, il faut bien préciser qu’il faut éviter à l’appareil toute source de chaleur excessive, car ça pourrait lui être dommageable. Il ne faut donc pas le poser sur ou trop près d’un radiateur  et mieux vaut privilégier une méthode de séchage “passive » à l’emploi du sèche-cheveux. Le mieux est donc d’enlever l’objectif, d’ouvrir toutes les trappes et de placer votre appareil dans une boîte hermétique (genre Tupperware) avec quelque chose qui puisse pomper l’humidité. Si vous avez du gel de silice en quantité suffisante, c’est le mieux, mais si vous n’en avez pas (ce qui était mon cas), alors du riz fera l’affaire. Pour ceux qui ne sont pas bien sûrs de savoir ce que c’est, le gel de silice (souvent appelé silica-gel) se présente sous la forme de petites perles, souvent ensachées qui et se trouve dans les emballages des appareils électroniques, où parfois aussi dans certains sables de litières pour chat. Il est possible de s’en procurer sur Internet mais il reste relativement cher et ne peut souvent se commander qu’en grosse quantité. D’un autre côté, et contrairement au riz, il est réutilisable et il suffit de le laisser 1 heure au four, à 150°C (en mode chaleur ventilée et sans la fonction grill) pour que son efficacité redevienne maximale. Je commence donc à penser que ça pourrait-être un bon investissement que d’en acquérir au moins un bon kilo et de la stocker à l’abri de l’humidité, en espérant ne jamais avoir à m’en servir (comptez une trentaine d’euros pour un kilo).

3) Attendre, au moins 72 heures et probablement plus…

C’est sans doute la phase la plus dure car une fois votre appareil placé dans la boîte, il va bien falloir attendre que le riz ou le silica-gel, absorbe petit à petit l’humidité. C’est un processus qui prend du temps, alors, même si le suspens est insoutenable: patience! En ce qui me concerne et dès le lendemain, j’ai remplacé le riz par du silica-gel. Il faut dire que le biologiste de métier que je suis a la chance d’avoir des collègues botanistes compréhensifs. Ces derniers, qui utilisent couramment de grandes quantités de silica-gel pour déshydrater les échantillons d’herbier ont bien voulu m’en confier un petit peu. Je précise qu’à ce stade là, je ne savais toujours pas si mon appareil allait redémarrer ou non. J’ai effectué un premier test au bout de 72 heures. A mon grand bonheur, l’appareil s’est mis en marche, le boîtier et l’objectif semblaient communiquer, la mise au point se faisait, j’ai pu prendre quelques photos et celles-ci semblaient exemptes de défauts. Cela dit, tout n’était pas parfait, loin de là. En manipulant les molettes et la roue codeuse sur la face arrière et sur le dessus du boitier, je constatai que celles-ci devaient effectuer plusieurs crans dans le vide avant de répondre… Pas terrible pour naviguer dans les menus. Mais je savais que c’était somme toute normal. Lors de sa convalescence, il avait fallu des jours et des jours pour que mon iPhone 4 arrête de faire n’importe quoi, sans doute le temps que les circuits soient suffisamment secs. Pour le reste, il y avait comme une trace de doigt grasse sur la face interne de l’objectif. Je pense qu’en s’introduisant dans l’objectif, l’eau a entrainé avec elle du lubrifiant se trouvant sur une pièce quelconque à moins que l’eau de surface dans lequel l’appareil a été immergé ait été souillée aux hydrocarbures (ou avec n’importe quel corps gras ?). Je pense que cette trace ne sera plus possible à nettoyer sans envoyer mon transtandard au SAV de chez Canon. Au demeurant, ce stigmate ne semble pas affecter la qualité des images!

Malgré cette traînée grasse à l’intérieur de la lentille, l’objectif semble continuer à fonctionner “normalement” (Photo Joris Bertrand).

Malgré cette traînée grasse à l’intérieur de la lentille, l’objectif semble continuer à fonctionner “normalement” (Photo Joris Bertrand).

4) Quelques semaines ont passé…

… et tout semble rentré dans l’ordre. L’appareil s’est remis à fonctionner normalement, les commandes répondent du tac au tac et je ne vois toujours pas les effets de cette fameuse traînée grasse sur la face interne de la lentille frontale au niveau de mes photos. On verra à l’usure mais en attendant, je vous livre une des premières images faite sans prétention avec le matériel rescapé…

Le toit de l’Europe, à F/11 et sans trace, depuis les premiers contreforts du Jura suisse, au dessus du lac Léman (Photo Joris Bertrand).

Le toit des Alpes, à F/11 et sans trace, depuis les premiers contreforts du Jura suisse, au dessus du lac Léman (Photo Joris Bertrand).

Bilan

Pour la troisième fois de ma vie, je constate avec bonheur que les appareils électroniques tels que les Smartphones ou les appareils photos numériques sont au final en mesure de se remettre d’une immersion, au moins dans l’eau douce. Bien sûr, je pense que les conséquences d’une telle mésaventure pourront être très différentes suivant le contexte et peut-être que dans votre cas, votre appareil ne s’en remettra pas, et j’en suis désolé. En attendant, si vous avez connu des déboires similaires, je ne saurais que vous encourager à tenter le sauvetage. Je sais déjà d’expérience qu’un réflex, même non-tropicalisé est en capacité d’encaisser une pluie fine, et même un peu moins fine, la neige ou l’humidité ambiante d’une forêt tropicale. Si ce n’était pas le cas, je pense que je ne ferais tout simplement pas ou plus de photo. Il faut dire qu’à ma modeste échelle, ma vie de petit aventurier met déjà le matériel à rude épreuve et je suis peu à peu devenu bien malgré moi une sorte de testeur (bénévole) en conditions difficiles pour Canon, et les autres… Contrairement aux fois d’avant, j’ai cette fois-ci même un peu plus donné de ma personne car mon appareil et moi avons pris ce fameux bain en passant au travers la glace d’un lac gelé. Plus de peur que de mal bien heureusement…

Par défaut
Matériel

Des nouveautés de chez Canon de ce début 2017…

Canon a récemment mis à jour deux de ses modèles réflex et continue d’étoffer son offre en matière d’hybrides. Sans rentrer dans les détails des fiches techniques, je me contenterai ci-après de commenter ce que j’en pense en matière d’innovation et d’utilité pour les consommateurs que nous sommes.

Eos 77D et 800D: des valeurs sûres certes, mais qui font un peu doublons…

Les EOS 77D et 800D: vus de derrière (Source: Blog PARKCamera.com)

Les EOS 77D et 800D: vus de derrière (Source: Blog PARKCamera.com)

L’incompréhension que j’avais déjà exprimé lors de la sortie des EOS 750D et EOS 760D demeure… Canon s’obstine à vouloir distinguer un EOS 800D à la finition simple et délibérément amateur (dans la continuité de sa gamme à trois chiffre historique; depuis l’EOS 300D) d’un EOS 77D qui présente une ergonomie plus “expert » et qui adopte d’ailleurs désormais un nom à deux chiffres (comme la gamme de l’EOS 80D). Dans les faits, les différences entre les deux modèles consistent toujours principalement à voir la molette de sélection des modes de prise de vue placée sur la gauche de la face supérieure du boîtier pour laisser place à un écran de contrôle des paramètres de prise de vue sur la face supérieure droite ainsi qu’à la présence d’une roue codeuse plutôt que d’un trèfle de sélection sur la face arrière. Mon idée c’est que pour un écart de 50 € entre ces faux jumeaux, même l’amateur novice aura tout à gagner à investir d’entrée dans un EOS77D (comme c’était déjà le cas avec son prédécesseur: l’EOS 760D). Bien que l’ergonomie soit en apparence plus complexe sur ce dernier, elle reste bien pensée. Lorsque j’étais passé de l’EOS 400D à l’EOS 70D, il ne m’avait pas fallu beaucoup de temps pour m’approprier les commandes en passant d’une ergonomie résolument amateur de l’EOS 400D aux fonctions plus expert de l’EOS 70D. Pour le reste, EOS 77D et EOS 80D possèdent une fiche technique identique qui en fait des réflex présentant un rapport qualité-prix très intéressant. En cela, l’EOS 800D et l’EOS 77D restent donc des valeurs sûres.

Les EOS 77D et 800D vus de dessus (Source PARKCameras.com)

Les EOS 77D et 800D vus de dessus (Source PARKCameras.com)

EOS M6: oui, mais sans plus…

Dans la même veine, je vous avais déjà exprimé mes réserves concernant le rapport qualité-prix de l’EOS M5, un hybride expert donc la fiche technique tenait la route au point de pouvoir être comparée à celle d’un EOS 80D, la compacité en plus, mais à un tarif qui n’avait lui rien de petit. Là, Canon va un petit peu plus loin en sortant un EOS M6 qui ressemble un peu à une version “cheap” de son EOS M5 car le viseur est cette fois-ci en option. En terme de placement dans la gamme, l’EOS M6 viendrait donc s’intercaler entre l’EOS M3 et l’EOS M5 mais à un tarif somme toute comparable au haut de gamme (l’EOS M5). Même si le boitier bénéficie des dernières mises à jours technologiques, ça me parait un peu léger et la possibilité d’avoir un appareil photo au look “rétro” ne rendra pas mon jugement plus clément…

L’EOS M6 et son viseur en option...

L’EOS M6, son look rétro et son viseur électronique en option…

Bilan

Il semble donc que les lois du marketing soient impénétrables… Ce qui est sûr, c’est que je semble y être totalement hermétique… Moi qui attend encore et toujours un remplaçant pour l’EOS 100D qui me paraitrait être plus judicieux, quitte à prendre le risque de s’éloigner un peu des réflex plus traditionnels en adoptant un viseur électronique ou encore une monture EF-M… Bref, vous l’aurez compris, je suis globalement assez peu emballé par le côté peu innovant de ces nouveaux produits… Pour le reste, ça reste de la bonne marchandise et je pense qu’on peut conseiller à l’amateur perdu de casser sa tirelire pour s’offrir un EOS 77D (plutôt qu’un EOS 800D) si il a décidé 1) d’acquérir un appareil réflex et 2) d’avoir de bonnes raisons pour que celui-ci soit un Canon.

Par défaut
Matériel

« Noël approche, c’est le moment de faire sa liste… »

Cette semaine, je vous propose un petit article qui sent bon le recyclage, faute de temps… Je n’ai pas dans l’idée de suggérer une liste exhaustive des idées de cadeaux que vous pourriez offrir, ou vous faire offrir à Noël. Chacun la rédigera sa à sa guise et je suis convaincu que vous saurez très bien vous débrouiller tout seuls pour faire exploser votre budget, ou celui de vos proches. Ceci dit, faire sa liste de Noël quand on est photographe, ça peut aussi être l’occasion de solliciter le père Noël pour s’équiper en petit équipement, souvent plus abordable mais pas nécessairement inutile pour autant! Aujourd’hui, je vous propose donc quelques éléments de réflexion qui pour la plupart, font référence à d’anciens articles déjà publiés sur le blog. Si vous voulez en savoir un peu plus, je vous invite à cliquer sur les liens (ils sont soulignés dans le texte).

Le ciel, le soleil et la mer… Une conjonction d’ingrédients toujours particulièrement mises en valeur par l’emploi d’un filtre polarisant circulaire… (Photo Joris Bertrand)

Le ciel, le soleil et la mer… Une conjonction d’ingrédients toujours particulièrement bien mise en valeur par l’emploi d’un filtre polarisant circulaire… (Photo Joris Bertrand)

Une batterie supplémentaire? Oui! je pense qu’il en faut toujours au moins une de rechange. Mon expérience me prouve que pour avoir un produit fiable et qui dure dans le temps, il ne faut pas transiger sur la qualité. Je vous conseille donc d’investir dans un modèle de la marque de votre appareil plutôt que dans une marque bon marché avec lequel vous prenez le risque d’avoir une batterie qui ne sera plus en mesure de se charger au bout de quelques cycles d’utilisation seulement…

Une carte mémoire de plus grosse capacité? Pourquoi pas, mais personnellement, il m’arrive de plus en plus rarement de remplir ma carte mémoire lors d’une sortie sur la journée… En fait, ça ne m’est quasiment plus arrivé depuis que j’ai une carte de 16 Go… J’ai plus récemment investi dans une carte SD d’une capacité de 64 Go pour faire un peu de vidéo ou pour pouvoir partir en vacances sans ordinateur, mais je dois dire que je ne l’utilise presque jamais. Tout dépendra donc de si vous êtes un mitrailleur du déclencheur ou quelqu’un qui shoote un peu plus avec parcimonie, de si vous faites de la vidéo ou pas…

Un pare-soleil? Oui! et pas tant pour son côté pare-soleil que pour son côté pare-choc!

Le grip (ou poignée d’alimentation)? Pour moi, c’est plutôt non car c’est cher, c’est lourd et ça ne comporte au final aucun avantage qui me paraisse justifier l’investissement… Après, les gouts et les couleurs…

Un filtre? La réponse est plus compliquée qu’il n’y parait… En fait, elle requiert tellement d’explication que je réalise que je n’ai jamais vraiment dédié d’article à ce sujet sur La Nature des Images (idée pour 2017…). Comme vous le savez peut-être déjà, je suis un adepte du filtre protecteur à placer sur la lentille frontale de chacun de ses objectifs car je n’ai jamais vu d’altération significative sur la qualité de mes images avec ou sans. Si ça peut protéger sans engendrer de désagrément… Les deux autres types de filtres qu’il m’arrive d’utiliser sont le polarisant circulaire et le gris neutre (à densité variable)… Vous pourrez voir ou revoir quelques exemples utilisant l’un ou l’autre de ces dispositifs en cliquant sur les liens ci-après… L’un comme l’autre me sont particulièrement utiles pour la photographie de paysage. Bien qu’ils puissent représenter un investissement déjà assez conséquent, je pense qu’ils méritent leur place dans la besace du photographe dès les débuts. Le premier car il supprime les reflets et sature les ciels pour un rendu plus flatteur (mais attention aux excès…), le second car il permet de s’essayer à la pose longue même en plein jour

Polarisant quand tu nous tiens… Une petite dernière pour réchauffer les coeurs en cette période hivernale avec cette noix de coco échouée sur une île au beau milieu de la barrière de corail (Photo Joris Bertrand).

Polarisant quand tu nous tiens… Une petite dernière pour réchauffer les coeurs en cette période hivernale avec cette noix de coco échouée sur une île au beau milieu de la barrière de corail (Photo Joris Bertrand).

Par défaut
Matériel

Focale fixe vs. (super) télézoom: 300 mm F/4 ou 150-600 mm F/5-6.3 ?!

A l’heure où j’écris ces lignes, c’est Tamron qui offre l’option la plus récente en matière de super télézoom.

A l’heure où j’écris ces lignes, c’est Tamron qui offre l’option la plus récente en matière de super télézoom.

Si vous êtes un habitué de la Nature des Images, vous vous souvenez peut-être que j’ai déjà confronté mon téléobjectif animalier de référence (le Canon EF 300 mm F/4L IS USM) à une de ses alternatives (comparable en terme de budget) que sont les 100-400 mm (ou à des focales qui s’en rapprochent: 80-400 mm chez Nikon, 70-400 mm chez Sony ou encore 120-400 mm chez Sigma…). Quand j’élève un 300 mm F/4 en référence pour la photographie animalière, je me base sur mon expérience de photographe et je n’ai  pas la prétention de parler de référence dans l’absolu. J’essaye juste d’étudier les arguments qui pourraient faire pencher un photographe qui me ressemble vers l’une ou l’autre des solutions. Il se trouve que je n’avais jamais proposé de duel visant à opposer sur le papier 300 mm F/4 et 150-600 mm F/5-6.3 (ou leurs équivalents). Pourtant, ça fait des années déjà que certaines marques, fabricants tiers en tête, proposent des supers télézooms de ce type. Mais depuis plus récemment, Tamron et Sigma ont poussé le bouchon encore plus loin en faisant évoluer leurs modèles et/ou en les déclinant en différentes gammes. L’offre s’enrichit et cela démontre que ces objectifs sont utiles à de nombreux photographes (et, en des termes plus capitalistes, se vendent bien…). J’ai d’ailleurs pu  remarquer que certains photographes de nature dont la réputation n’est plus à faire ont ajouté ces objectifs à leur panoplie. Comme souvent, les fabricants historiques (dont Canon et Nikon) ont eu un train de retard mais commenceraient également à plancher sur le développement de leurs supers télézooms maison « abordables”. Nikon a d’ailleurs déjà eu la bonne idée de sortir son AF-S Nikkor 200-500 mm F/5.6E ED VR en 2015. Pour résumer, l’offre semble arrivée à maturité et ça me parait être le moment opportun pour discuter un petit peu plus en détail de la pertinence de ce genre d’objectifs.

L’émergence des super télézooms

Bien appréciable de pouvoir encore ouvrir à F/5.6 avec un multiplicateur de focale 1.4x dans ces conditions avec le 300 F/4 (Photo Joris Bertrand).

Bien appréciable de pouvoir encore ouvrir à F/5.6 avec un multiplicateur de focale 1.4x dans ces conditions avec le 300 F/4 (Photo Joris Bertrand).

En fait, il existait déjà des supers télézooms avant l’avènement des boîtiers réflex numériques. En parcourant le net, j’ai par exemple pu découvrir (ou redécouvrir) les Sigma 170-500 mm F/5-6.3 APO DG et 150-500 mm F/5-6.3 DG APO OS HSM ou le Tamron AF 200-400 mm F/5.6 LD IF dont j’ignorais totalement l’existence; c’est dire si j’ai du en zapper quelques uns dans l’affaire… Dans un passé un petit peu plus récent, Sigma proposait déjà un 50-500 mm F/4-6.3 APO EX DG HSM en 2000 mais celui-ci a ensuite été modernisé en 2010 en 50-500 mm F/4.5-6.3 APO DG OS HSM (toujours en catalogue) dont le range faisait rêver le photographe débutant que j’étais vers la fin des années 2000. En parallèle, Tamron proposait déjà son SP AF 200-500 mm F/5-6,3 Di LD [IF] en 2004. Ce dernier figure aussi toujours au catalogue de la marque. En 2014, l’un comme l’autre se sont orientés vers des supers télézooms de type 150-600 mm. Là ou Tamron avait opté pour un modèle unique, Sigma a préféré décliner son offre en deux gammes: Contemporary (de base) et Sport (haut de gamme). En 2016, Tamron a répliqué à son tour en proposant une mise à jour de son SP 150-600 mm F/5-6.3 Di VC USD avec le SP 150-600 mm F/5-6.3 Di VC USD G2. Au fur et à mesure des versions, les formules optiques et la qualité de construction se sont peu à peu améliorées. Les systèmes de stabilisation, plus que de simples gadgets avec ce genre de focales, se sont aussi généralisés et perfectionnés. Le nouveau Tamron annonce comme beaucoup d’objectifs dernier cri, des performances de stabilisations qui permettraient de produire des photos nettes à des vitesses d’obturation jusqu’à 4,5 fois inférieures! Plutôt pas mal d’imaginer qu’il est encore possible de shooter net à 600 mm avec un temps de pose de l’ordre du 1/30 de secondes! En fait, mon seul regret c’est qu’aucun de ces objectifs de dernière génération n’a malheureusement été testé par l’équipe de DXO. La confrontation quantitative et objective avec les 300 mm F/4 devra donc attendre. C’est d’ailleurs une des raisons qui m’avait poussé à repousser la sortie de cet article… Au demeurant, il ne fait aucun doute que ces supers télézooms sont désormais en mesure de délivrer des images qui rivalisent en qualité avec les focales fixes. Ils sont donc des objectifs sur lesquels il faut indiscutablement compter en animalier et en sport et je pense que c’est pour ce type de tromblons que j’aurais cassé ma tirelire si je débutais dans ces disciplines aujourd’hui.

Avantages et inconvénients

Un 300 F/4 ne laissera pas autant de latitude dans le cadrage qu’un 150-600 mais poussera à des compositions “moins classiques” (Photo Joris Bertrand).

Un 300 F/4 ne laissera pas autant de latitude dans le cadrage qu’un 150-600, mais poussera à des compositions “moins classiques” (Photo Joris Bertrand).

La première chose que les photographes cherchent à vérifier quand ils s’intéressent à un objectif, c’est trop souvent sa qualité d’image, que beaucoup assimilent à son piqué, sans même véritablement savoir ce que cela signifie. Se faisant, ils ignorent en plus que cette notion est subjective et que de toute façon, tous les objectifs récents proposés par des fabricants reconnus sont au moins relativement bons: qu’on se le dise… Bien sûr, la qualité d’image est quelque chose de primordial et s’il est important pour le photographe de se rassurer sur ce point, qu’il le fasse au moins de façon objective en comparant les performances relatives du couple boîtier/objectif en question sur DXOmark.com. Et si vous êtes un peu perdu sur l’interprétation des scores de ce site, je vous invite à vous référer à la paire d’articles que j’avais rédigé là dessus (ici pour le capteur et ici pour les objectifs). Ce que je veux dire en faisant cette petite parenthèse, c’est que tout photographe devrait par défaut considérer que l’objectif qu’il va acheter délivre une qualité d’image suffisante pour ses besoins et gagnerait certainement à se focaliser en premier lieu sur une question plus pertinente, à savoir « Que vais-je faire avec cet objectif? »

Détail dans la brume, busards virevoltant sur la lande, j’utilise de plus en plus non téléobjectif pour capturer des détails du paysages (Photo Joris Bertrand).

Détail dans la brume, busard virevoltant sur la lande, j’utilise de plus en plus non téléobjectif pour capturer des détails du paysages (Photo Joris Bertrand).

C’est crucial et ça revient immédiatement à mieux se tourner vers d’autres caractéristiques essentielles de la fiche technique de l’objectif convoité telle que sa longueur de focale ou son range, son ouverture maximale, ses dimensions et son poids ou encore quelques détails additionnels tels que sa distance minimale de mise au point, son système de stabilisation, son degré d’accessoirisation… C’est là que le match 1) va pouvoir commencer et 2) ne consacrera probablement pas de vainqueur mais plutôt une préférence personnelle mûrement réfléchie. Si on reprend les choses dans l’ordre, on se souvient alors que le 300 mm F/4 est une focale fixe alors que les 150-600 mm F/5-5.6 ont une plage de focale phénoménale qui égale ou dépasse celle de téléobjectifs qui valent le prix d’une bagnole. Le télézoom marque donc un point mais il est bien évident qu’un tel range aura des répercussions sur d’autres caractéristiques (et peut-être même sur la qualité d’image). D’autre part, il faut vraiment être sûr d’avoir l’utilité de la plage de focale 150-300 mm… Moi, sur le terrain avec mon 300 mm F/4, j’aimerais souvent avoir plus, mais rarement avoir moins. Je n’exclue pas pour autant qu’avoir la possibilité de descendre jusqu’à 150 mm me donnerait plus de latitude dans le cadrage et vraisemblablement de nouvelles opportunités photographiques lors de mes sorties natures. Trop souvent, je ne cherche même pas à immortaliser un petit détail du paysage « à la volée » qui me paraît pourtant esthétique car je sais que je ne parviendrais pas à cadrer la scène qui m’intéresse avec le 300 mm. Pourtant, je tends de plus en plus à faire de la photo de paysage avec mon téléobjectif lors de mes billebaudes et je suis sûr que je finirais bien par trouver mon compte avec cette plage 150-300 mm. Si vous envisagez de passer du temps à photographier à l’affût, à la mangeoire de votre jardin ou tout simplement des animaux domestiques ou en captivité, alors il ne fait aucun doute que cette plage de « courtes » focales sera un réel atout.

Avec des rapports de grandissement de l’ordre de 0,25, les 300 F/4 et les 150-600 sont aussi redoutables en proxi (Photo Joris Bertrand)

Avec des rapports de grandissement de l’ordre de 0,25, les 300 F/4 et les 150-600 sont aussi redoutables en proxi (Photo Joris Bertrand)

Passons maintenant aux mensurations. Là, le 300 mm F/4 sera en général un petit peu plus compact mais surtout significativement plus léger que les 150-600. Là où il faut compter 755 g seulement pour un AF-S Nikkor 300 mm F/4E PF ED VR, le Sigma Sports | 150-600mm F5-6.3 DG OS HSM affiche quant à lui sur la balance un poids de 2860 g! Certes, je me base sur les deux extrêmes mais il faut tout de même prendre en compte qu’un 300 mm F/4 est de l’ordre de deux fois plus léger (un peu plus d’1 kg) qu’un 150-600 mm F/5-6.3 (un peu moins de 2 kg). Ca a son importance si, comme moi, vous photographiez beaucoup à l’approche et dans des régions où le dénivelé est relativement marqué. Je m’estime en assez bonne condition physique et pourtant, même les 1190 g de mon EF 300 mm F/4L IS USM finissent par se faire sentir lorsque j’ai porté mon petit tromblon à bout de bras pendant une paire d’heures. Difficile aussi d’aller visser un filtre (protecteur, gris neutre, polarisant) à l’avant de votre 150-600 mm là où c’est pleinement envisageable avec les 77 mm de diamètre de la lentille frontale d’un 300 mm F/4. En ce qui concerne l’ouverture, avantage au 300 mm F/4 qui pour des dimensions plus contenues offrira dans tous les cas une meilleure luminosité que les 150-600 mm. Là encore, tout dépend de l’utilisation que vous ferez de l’objectif mais souvenons-nous simplement que l’ouverture maximale est une composante essentielle d’un bon téléobjectif pour de l’animalier, même si les progrès en matière de système de stabilisation et de gestion de la montée en ISO ont quelque peu changé la donne. Match nul en revanche sur le rapport de grandissement qui s’élève jusqu’à 1:4 quelque soit le type d’objectif. En ce qui concerne le degré d’accessoirisation, les modèles de chez Tamron et Sigma ont tendance à fournir les pare-soleils et autre pieds de collier de série et présentent généralement le meilleur rapport qualité-prix. Les systèmes de stabilisations sont aussi souvent plus efficaces sur les 150-600 dans la mesure où ces modèles sont généralement plus récents que les 300 mm F/4 des constructeurs historiques (même si le petit dernier de chez Nikon s’est mis au pli avec la manière). Comme évoqué dans le paragraphe précédent, le match de la qualité d’image devra attendre…

Le 300 F/4 me parait être un des meilleurs compromis pour la photo à l’approche où il permet d’immortaliser des rencontres fortuites dans des compositions aérées et avec l’esthétique de ces bokeh qui suggèrent (Photo Joris Bertrand)

Le 300 F/4 me parait être un des meilleurs compromis pour la photo à l’approche où il permet d’immortaliser des rencontres fortuites dans des compositions aérées et avec l’esthétique de ces bokeh qui suggèrent (Photo Joris Bertrand)

Bilan

On pourrait assez rapidement conclure qu’on a opposé la grande polyvalence et surtout les 600 mm d’un 150-600 mm à un objectif plus spécialiste qu’est le 300 mm F/4. Ce dernier tire son épingle du jeu au niveau de la luminosité ainsi que d’autres caractéristiques qui sautent peut-être moins aux yeux au premier abord, notamment les dimensions et le poids. C’est sur ce point que je souhaiterais insister en précisant qu’un 300 mm F/4 dont j’ai pris l’habitude de comparer l’encombrement à celui d’une bonne bouteille de vin vous accompagnera sans aucun soucis en bagage cabine, discrètement rangé même à l’horizontale dans un sac à dos standard. Mon 300 mm F/4 m’a accompagné partout pour photographier la faune et en particulier les oiseaux mais il délivre aussi de superbes images en proxi. Je crois que je lui dois mes plus belles photos de fleurs, de papillons, de reptiles et d’amphibiens, tant son bokeh est à la fois subtil et surtout plus facile à gérer qu’avec mon 100 mm F/2.8 Macro. Pour finir, vous aurez tout le loisir (moyennant finance toutefois) d’adjoindre à votre 300 mm F/4 un multiplicateur (ou un doubleur) de focale. Avec un multiplicateur de focale 1.4 x on ne perd au final qu’un diaph’ et shooter à F/5.6 permet encore de se dépatouiller de pas mal de situations, même au brame lorsque le soleil se couche (ou se lève). En terme de qualité d’image, il va de soi que la traditionnelle différence entre zooms et focales fixes continue de se combler. Sur le terrain, je vous avais dit que quand j’étais à Taïwan, un collègue photographe sortait des images déjà excellentes avec le 150-600 de chez Tamron (de première génération). Une chose est sûre, ce n’est plus sur ce point que doit vraiment se faire le match et ne passez pas trop de temps à décortiquer les pages de tests… Je ne saurais donc que vous conseiller de vous poser plutôt les questions suivantes: avez-vous besoin d’être très mobile ou êtes vous un inconditionnel de l’affût? Shootez-vous souvent en conditions de basse lumière (brame et photo en sous-bois par exemple)? C’est en effet ce genre de questions qui je pense, vous permettront de faire le meilleur choix: celui qui convient le mieux au photographe que vous êtes.

Pour finir, je précise que je n’ai jamais eu la chance d’effectuer une sortie avec un 150-600 mm et j’aimerais vraiment avoir l’occasion de le faire.  Vous aurez compris je me vois dans l’immédiat plutôt rester au 300 mm F/4… Mais qui sait, peut-être que je pourrais me laisser tenter par un super télézoom. Et les récentes rumeurs que j’ai pu lire à droite à gauche sur le web laissent sous-entendre que Canon aurait dans les cartons un objectif qui à tout de l’ébauche de « mon télézoom idéal » que je vous avez décrit il y a quelques temps sur le blog. Je vais donc continuer à ouvrir l’œil et si j’ai l’occasion de tester un de ces télézooms en conditions de terrains, croyez bien que je me ferai un plaisir de vous faire un petit retour d’expérience, ici sur le blog.

Par défaut
Matériel

Et si le remplaçant de l’EOS 100D s’appelait l’EOS M5?

Canon EOS M5

Canon EOS M5

Le 15 septembre dernier, Canon introduisait son nouvel hybride: l’EOS M5. A ce jour, c’est sans conteste le mirorless le plus abouti que la marque ait sorti et les mauvaises langues ont même été jusqu’à dire que pour la première fois, les rouges sortaient enfin un hybride digne de ce nom. Mais avant de tenter de se forger notre jugement, jetons un premier coup d’œil rapide à la fiche technique de la bestiole.

L’EOS M5 en bref…

L’EOS M5 est un mirorless (sans miroir ou hybride) et cette particularité lui confère d’emblais des atouts attrayants en terme de compacité et de légèreté. Ses dimensions de 115,6 x 89,2 x 60,6 mm pour un poids de 427g sont intéressantes mais franchement très similaires aux 116,8 x 90,7 x 69,4 mm de l’EOS 100D, plus petit réflex de la marque. Rien de bien révolutionnaire de ce côté là donc. Le petit nouveau accuse même une vingtaine de grammes en plus sur la balance avec 427 g (batterie et carte mémoire incluses) contre 407 (en noir), ou 410 g (en blanc) de plus pour son prédécesseur (et oui, il faut croire que la peinture blanche pèse 3 g de plus que la peinture noire chez Canon)… La compacité exige aussi quelques contreparties et l’EOS M5 opte donc pour un viseur électronique OLED là ou l’EOS 100D, en vrai réflex, embarquait un viseur à pentamiroir. Dans le même esprit, l’EOS M5 troque également sa monture EF/EF-S contre une monture EF-M. Il sera toujours possible d’y visser les optiques à monture EF et/ou EF-S mais en intercalant entre les deux une bague d’adaptation EF/EOS-M qui coute une centaine d’euros.

Bague d’adaptation EF-EOS-M.

Bague d’adaptation EF-EOS-M

Pour le reste, l’EOS M5 possède une fiche technique tout à fait respectable (au moins en ce qui concerne son aptitude à la photo). On y trouve notamment un capteur APS-C de 24,2 Mpixels associé à un processeur de dernière génération: le Digit 7. Il est en outre équipé de la technologie autofocus Dual pixel et qui dit pas de miroir à faire claquer dit également vitesse de cadence en rafale plus que correcte de 7 im./s. Sans rentrer dans les détails, il embarque aussi d’autres caractéristiques bien sympathiques à savoir une connectivité NFC/Wifi/Bluetooth, une stabilisation 5 axes pour le mode vidéo et un écran tactile inclinable (mais pas orientable comme certains réflex de la marque).

L’EOS M5, pour qui pourquoi?

Si on fait le bilan, l’EOS M5 possède des caractéristiques techniques tout à fait satisfaisantes en offrant notamment aux « experts » toute la souplesse du réflex, le tout couplé à une compacité et une légèreté très intéressantes. Si j’ai longtemps attendu avec impatience le successeur de l’EOS 100D, c’est justement pour ces raisons là. En fait, c’était plus pour ma compagne que pour moi, utilisatrice de réflex depuis des années mais qui avait parfois un peu marre de devoir faire suivre partout son ensemble boîtier/objectif et ses optiques classiques. Elle comme bien d’autres habitués de réflex auraient peut-être eu un peu de mal à s’adapter à l’electronic view finder dont est équipé l’EOS M5. Se retrouver face à un écran quand on regarde au travers de l’œilleton a quelque chose d’un peu déroutant. Ca requiert sans doute un certain temps d’adaptation mais je ne suis pas sûr que ça constitue pour autant un détail rédhibitoire pour effectuer le changement du réflex vers l’hybride. Finalement, là où le bât blesse c’est avant tout sur le prix. Canon annonce son EOS M5 à un tarif de l’ordre de 1100 € (boîtier nu! MERDE! pardonnez-moi mon langage mais c’est presque deux fois plus qu’un EOS 760D et presque autant qu’un EOS 80D!). Il faudra rajouter une bonne centaine d’euros en plus pour avoir l’appareil en kit avec un EF-M 15-45 mm F/3.5-6.3 IS STM. Dans le même temps, Canon tente de lancer un objectif « couteau suisse » répondant au doux nom d’EF-M 18-150 mm F/3.5-6.3 IS STM (à 500 €) mais le mal est fait… Ca me paraît trop cher par rapport à la concurrence et ça me paraît surtout trop cher pour espérer pouvoir convertir les utilisateurs historiques de réflex de la marque… Personnellement, j’aurais sans doute préféré un réflex compact plus traditionnel mais aussi plus abordable, et je continue à espérer qu’il est toujours dans les cartons, même si mes espoirs s’amenuisent…

Par défaut