S’il est un domaine de la photographie qui soit exigeant en matière de de compromis, c’est bien celui de la macrophotographie. Acquérir un objectif macro digne de ce nom (permettant d’atteindre le rapport 1:1), c’est à coup sûr investir dans une optique d’excellente qualité. En d’autres termes, c’est avoir l’opportunité de révéler des détails bien souvent indiscernables à l’oeil nu. D’un autre côté, apprendre à maîtriser un objectif macro est une bonne manière d’appréhender les compromis en photographie…

La fleur n’apparait pas totalement nette, qu’à cela ne tienne, fermons-donc davantage notre diaphragme pour voir augmenter la profondeur de champ…

Mais que notre diaphragme soit un peu trop fermé et la lumière viendra à manquer… Jusqu’à un certain point, on pourra toujours compenser en laissant augmenter les ISO, mais ça se fera inexorablement au détriment de la qualité de l’image… Au bout de ce continuum, on se retrouvera avec une image dont la qualité laissera sans doute à désirer lorsque la photo ne sera pas carrément sujette au flou de bougé.

En des termes plus esthétiques, trop fermer son diaphragme s’est prendre le risque de massacrer le bokeh et de transformer un arrière-plan doux en un amas de brindilles disgracieux et en tout cas trop présent…

Pour photographier ce pied d’Ophrys lutea (ou Ophrys jaune), j’ai adopté une ouverture  intermédiaire de F/9 qui m’a permis de shooter au 1/160 s, une marge confortable mais pas superflue pour autant sur l’EF 100 mm F/2.8 Macro USM (une optique dépourvue de système de stabilisation), le tout à 250 ISO.

Pour que les deux fleurs apparaissent nettes, j’aurais pu fermer davantage encore mon diaphragme, à F/16? voire à F/32? Mais la vitesse d’obturation se serait alors dangereusement allongée et/ou les ISO auraient défilé et l’arrière-plan serait alors sans doute devenue trop présent…

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Les compromis du macro-photographe

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Une rue du centre historique de Perpignan (Photo Joris BERTRAND)

C’était vraiment le printemps aujourd’hui dans la capitale des ‘Pays Catalans’ et, chose assez exceptionnelle pour mériter d’être mentionnée, il n’y avait pas de vent… C’était donc l’occasion rêvée pour aller flâner dans les ruelles du centre historique, au son du chant des rouge-queues noirs et des cris des goélands leucophées, ponctués par le vacarme des trottinettes, des bruits de ballons rebondissant sur les murs et des mamans braillant sur leur progéniture. Du linge séchait au niveau de la moindre ouverture et vu la douceur relative, on sentait bien que les habitants préféraient vaquer à leurs occupations refaire le monde entre voisins dans la rue, plutôt que dans la fraicheur ombragée des intérieurs. On dirait le Sud, et j’aime bien.

Il faut dire qu’au cours de ces quatre années passées à l’étranger, j’avais connu des rues moins tortueuses et, disons-le sans détours, souvent un peu plus propres… Mais ces rues là étaient aussi à coup sûr moins chargées d’histoires. Au final, je me sens un peu en mode « heureux qui comme Ulysse… ». J’aime ces couleurs chaudes et au final, le désordre relatif des rues de Perpignan a quelque chose d’authentique et de rassurant.

Bien sûr, il a fallu se balader léger… Vous n’êtes sans doute pas sans savoir que ces derniers temps, j’ai troqué le trépied contre une poussette et il faut bien souvent enlever une paires d’objectifs du sac pour être sûr de laisser suffisamment de place pour tout le reste. C’est avec mon fidèle petit pancake, l’EF-S 24 mm F/2.8 STM que j’ai fait cette photo (et mon EOS 70D). Certes ça aura été souvent contraignant niveau cadrage, mais sa longueur de focale relativement courte permet toujours de sortir d’à peu près n’importe qu’elle situation. Côté réglage, j’étais à F/8, 1/100 s et 100 ISO.

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« On dirait le Sud »

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Balade littorale (Photo Joris Bertrand)

Si l’épisode neigeux a bel et bien retardé notre départ en vacances, en raison de la fermeture de l’A9, force est de constater que que je n’aurais pas de photo impressionnante de Perpignan sous la poudreuse à partager. Alors autant se faire à l’idée que l’hiver est sans doute bel et bien terminé sous ces latitudes méditerranéennes… Ce sera donc une image de notre dernière sortie dominicale (et accessible en poussette) mais pleine de contrastes et de perspectives atypiques que je vous propose…

Cette photo a été prise avec le Canon EOS 70D, l’EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM à 46 mm, F/7.1, au 1/60 s et à 100 ISO sur le site de Paulilles, Pyrénées-Orientale.

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« Balade littorale »

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Vie du blog

Édito 2018

Hors-saison… Plage des Chalets, Gruissan (Photo Joris Bertrand).

Au risque de me répéter, je commence par vous présenter mes excuses pour mon manque d’assiduité sur le blog en ce moment (voilà qui est fait), avant même de vous présenter mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année 2018. Comme c’est la tradition depuis les début du blog, je profite de la nouvelle année pour rédiger un édito de ce que sera a priori La Nature des Images au cours de l’années à venir. Dans la mesure où j’avais déjà un petit peu causé chiffres dans mon dernier post, je vous dispense, au moins pour cette année, du bilan statistique.

Une cadence de publication aléatoire…

L’année 2017, et plus particulièrement sa deuxième moitié aura été, à mon grand regret, celle du relâchement. Une situation professionnelle qui évolue et au programme un, euh, non que dis-je… deux déménagements et l’arrivée d’un bébé en octobre… Ceci expliquant peut-être cela, l’édito de cette année sera moins exotique que celui de 2015, et de 2016 (relire aussi celui de 2017). Mais l’année à venir promet encore du changement car je suis désormais établi, et cette fois-ci pour un bon bout de temps, au pied des Pyrénées catalanes, entre mer et montagne, dans le magnifique département des Pyrénées Orientales. Il y a donc tout pour que l’onglet carnet de rando’ du blog continue enfin à s’étoffer.

  • Retour d’expérience déjà promis en 2017…

Si j’ai enfin posté un premier retour concernant l’utilisation de mon Ghillie Suit, je dois toujours consacrer un article à la digiscopie, et plus particulièrement, à l’adaptateur de chez Novograde qui me permet d’adapter ma longue vue à mon boîtier. Sans rentrer dans les grandes lignes, ca dépanne mais ce n’est pas non plus la panacée… En revanche, 2017 aura aussi été l’année de mes balbutiements en photo sous-marine et j’envisage de vous proposer un retour d’expérience comparatif concernant l’utilisation des GoPro Hero 3, 4 et 5 et de l’évolution des modèles, puisque j’ai eu la chance d’avoir les trois générations en main lors de mes sessions de terrain aux Maldives et en Nouvelle-Calédonie.

Quelque part aux Maldives (Photo Joris Bertrand).

  • Retour d’expérience du Canon EOS 200D

L’EOS 200D est proposé en noir (plutôt classique), mais aussi en blanc et en marron.

Si vous êtes un habitué du blog, vous savez aussi très certainement que nous (ma compagne et moi) attendions avec impatience le remplaçant de l’EOS 100D car nous (enfin elle plus que moi) étions en quête d’un boîtier réflex compact sur lequel nous pourrions continuer à monter notre collection d’objectifs. C’est désormais chose faite, l’EOS 200D a été annoncé le 29 juin 2017 et il ne nous a pas fallu longtemps pour l’acheter. En attendant de vous en proposer un retour d’expérience digne de ce nom, je peux d’ores et déjà vous confirmer que cet appareil fait le job, et que nous ne sommes pas déçus par l’investissement.

  • Et pour le reste?

Pour le reste, je ne prévois pas de nouvelle d’acquisition matérielle dans un futur proche mais qui sait… Mon boulot d’enseignant-chercheur m’amène désormais à travailler sur les plantes… Il va peut-être falloir faire évoluer l’équipement pour obtenir des photos irréprochables en proxi- et en macro- (je pense notamment à l’éclairage). Je serai peut-etre tenté d’immortaliser un insecte pollinisateur fugace et un dispositif de type barrière infrarouge pourrait donc m’être d’une grande utilité…

Pour finir, n’hésitez pas à continuer à poser des questions, faire part de votre expérience et pourquoi pas me proposer des idées d’articles!

Par défaut

Pour que la photo, de même que la tenue d’un blog qui y est dédié, restent tous deux un plaisir, il faut savoir lever le pied dès que le simple fait d’envisager de poster nous porte peine. Il m’est ainsi déjà plusieurs fois arrivé de rester silencieux durant quelques semaines, parfois même peut-être un mois, lorsque les circonstances font que je n’ai pas spécialement de temps ou d’envie à consacrer à ma passion de photographe. Rien de tel cette fois-ci car depuis plus d’un mois, des photos j’en ai fait des dizaines, que dis-je des centaines et peut-être même presqu’un millier… L’occasion pour moi de travailler mon portrait de petit animal car je suis désormais papa. Mes journées ne sont donc plus les mêmes et mes nuits ne sont plus vraiment des nuits… Il faudra donc sans doute attendre un peu pour voir réapparaitre dans les colones de la Nature des Images des articles un peu fouillés sur le plan technique, ceux qui me demandent un petit effort de bibliographie et pas mal de concentration. En attendant, je vous disais récemment sur Facebook que nous venons de passer les 40 000 visiteurs pour 70 000 visites depuis la création de blog et nul doute que malgré une année 2017 un peu moins productive en terme d’articles rédigés, on s’achemine lentement mais sûrement vers un nouveau record annuel de plus de 40 000 clics sur les pages de la Nature des Images. Merci à tous et à très bientôt.

Nouvelle vie (Photo Joris BERTRAND)

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« Nouvelle vie… »

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Ambiance dramatique au lac des Plagnes (Photo Joris BERTRAND).

« Parlez-moi de la pluie, et non pas du beau temps…« , temps maussade dimanche dernier en vallée d’Abondance (Haute-Savoie). C’est tant pis pour le pique-nique et la balade en forêt mais entre deux averses, on a parfois tout à gagner à sortir l’appareil photo pour immortaliser le paysage, ici, le lac des Plagnes et ses eaux cristallines. Ce n’est pas que le « bel azur me met en rage » mais il est est vrai qu’un ciel chargé de nuages sombres donne davantage de modelé qu’un bleu uniforme, qu’il soit d’azur, ou pire, laiteux.

Habituellement, je ne suis pas trop dans ce type de photo de paysage un peu sombre, façon « pub de Whisky » comme me le faisait remarquer un de nos lecteurs. Nul doute qu’ici, les produits de la Terre et les Hommes qui les confectionne sont aussi typés que le terroir qui les a façonné… Pourtant j’apprécie ces ciels chaotiques, surtout en peinture. Je me suis donc essayé à l’exercice.

Cette photo a été prise avec mon fidèle EOS 70D et le Tokina 11-16 mm F/2.8 à 11 mm, une ouverture de F/11 et un temps de pose d’1/40 s à 100 ISO. Pour accentuer l’effet dramatique de la scène, j’avais dès la prise de vue appliqué une sous-exposition (-0.67 IL). J’ai ensuite travaillé cette image dans Adobe Lightroom en suivant mon flux de travail habituel pour adapter l’exposition, le contraste et les différents paramètres de l’image. Une fois n’est pas coutume, j’ai aussi utilisé la brosse pour magnifier le contraste au niveau des nuages, mais sans en abuser, enfin j’espère…

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« Ciel chaotique et ambiance dramatique »

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Matériel

Ghillie Suit: premier retour d’expérience prometteur!

Je me sens à la bourre dans à peu près tout en ce moment, mais je ne m’en plains pas car je suppose que c’est parce que j’ai une vie bien remplie. Les habitués de La Nature des Images auront d’ailleurs peut-être remarqué que je n’avais pas publié sur le blog depuis pas mal de temps. Je passe déjà des heures devant un écran d’ordinateur quand je suis au boulot et je n’ai pas forcement la force de remettre ça le soir après le dinner. J’ai pris des vacances, je prépare des chamboulements à venir dans ma vie personnelle et j’ai toujours beaucoup de photos à trier depuis ma dernière session de terrain. Bref, je suis tellement en retard que je n’avais même pas encore eu le temps de tester certains de mes cadeaux de Noël! Et pour ce faire, il fallait bien que je trouve des conditions favorables pour me remettre un peu à l’animalier. C’est désormais chose faite car les quelques jours que j’ai pu passer chez moi, en Aveyron, m’ont permis de brièvement tester mon Ghillie Suit.

Un Ghillie Suit: Qu’es aquò?

Si vous ne savez pas ce qu’est un ghillie suit,  je vous conseille de tapper les termes correspondant dans votre moteur de recherche préféré. Pour vous en donner une petite définition personnelle, je me contenterais de dire que c’est un costume qui vous déguise en une sorte de buisson, façon ents dans la trilogie du Seigneur des Anneaux. En gros, c’est censé vous aider à passer pour un végétal en cassant votre silhouette humaine tout en arborant des sortes de haillons aux teintes verdâtres, beiges et brunes, façon feuillage. Le revers de la médaille c’est qu’une fois vêtu de la sorte, vous aurez vite fait d’effrayer tous les promeneurs que vous viendriez à croiser, ou au minimum à passer pour un con. Le ridicule ne tue pas (mais il y contribue). Pour avoir envie d’évoluer dans un tel accoutrement, encore fallait-il donc que cette tenue soit suffisamment efficace pour ne pas se faire repérer par les Hommes et les bêtes.

Un Ghillie Suit: est-ce que c’est efficace?

Votre serviteur a donc fait le test en profitant de ses vacances pour se lever aux aurores et aller parcourir les avant-causses du Larzac, un milieu que je parcours depuis mes vertes années, dans le but d’approcher chevreuils, renards ou encore lièvres matinaux. On ne pas va se leurrer, le succès de la billebaude consiste avant tout à se trouver au bon endroit au bon moment. On maximisera les chances de faire une belle rencontre en se levant de bon matin et en évoluant discrètement dans des habitats que l’on sait favorable, mais quoi qu’en disent les pros, l’équipement et les connaissances naturalistes ne font pas tout. La chance joue ainsi un rôle prépondérant dans la pratique et moins vous en avez, plus vous aurez à accumuler les sorties avant de rapporter de bonnes images.

Du temps, j’en ai eu très peu (trois jours en tout et pour tout) et compte-tenu de mon expérience, de la chance, je crois pouvoir dire que j’en ai eu pas mal. J’ai par exemple pu approcher un couple de lièvre et un renard avec une proximité que j’avais rarement pu égaler dans ces conditions. Cela étant dit, la réaction des animaux face à moi m’a paru totalement inédite et c’est en ca que je pense que le ghillie suit est relativement efficace.

3 août, vers 6h40: deux lièvres surexcités et visiblement plus occupés à se courser (pour…) qu’à se préoccuper de leur environnement me foncent littéralement dessus. La lumière est encore faible mais je mitraille tant que je peux alors que la sensibilité du capteur plafonne à 3200 ISO. De cette rafale, bien des images seront floues ou mal cadrées mais il faut dire que les animaux ont accouru dans ma direction jusqu’à ne plus rentrer dans le viseur et passeront au final à quelques mètres de moi sans même noter ma présence. Je poursuis mon chemin et recroiserai mes deux lièvres au retour une grosse heure plus tard.

Deux lièvres à fond! (Photo Joris Bertrand)

4 août, vers 7h20: En fait j’avais déjà suivi à bonne distance ce renard environ une heure plus tôt. Il mulotait dans une luzerne encore un peu épargnée par la fournaise de ce début d’août. J’étais trop loin, à découvert, et je n’aurais pas pu le rattraper sans faire trop de bruit. J’ai donc tracé ma route et ce n’est qu’au retour que j’ai a nouveau surpris sa petite croupe rousse s’enfoncer dans un fourré. Le renard était hors d’atteinte. Mais plutôt que de chercher à le traquer, j’ai attendu quelque minutes et grand bien m’en a pris. Voilà que le renard sort tout guilleret et croise dans ma direction. Le bruit de la rafale le mettra en alerte. Comme le font souvent les renards, il s’éloignera en trottinant plutôt qu’en détalant. Mais à aucun moment, l’animal ne m’aura formellement identifié en tant qu’être humain.

Renard en alerte (Photo Joris Bertrand).

A l’heure du bilan

Je n’ai pas la prétention de dire que j’ai fait un test de Ghillie Suit en bonne et due forme. Il m’aurait fallu le tester sur une période plus longue, observer la réaction d’autres mammifères « faciles » à approcher en premier lieu desquels les chevreuils et des oiseaux. Mais je crois pouvoir dire sans me tromper que cet étranger accoutrement est d’une efficacité prouvée. Vous ferez ce que voudrez mais en ce qui me concerne, je continuerai donc à le porter, quitte à prendre le risque me ridiculiser un petit peu de temps en temps.

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