Vue plongeante sur Berne (Photo Joris Bertrand).

Entre deux séjours entre les tropiques, je profite de la rubrique “Des images racontées” pour vous faire partager notre agréable découverte du week-end dernier: Berne, capitale fédérale de la Suisse. En ce début de juin, la ville s’affiche comme un musée de la Suisse à ciel ouvert, le tout dans un cadre verdoyant où la vieille ville semble comme contenue par un méandre de l’Aar. Quoique déjà assez large, cette rivière a encore tout de la fougue du petit torrent de montagne qu’elle a du être en amont. Son débit en ville est assez surprenant et pour avoir essayé d’y tremper les pieds, on peut vous dire qu’il en est de même pour sa fraîcheur. Il faut dire que le cours d’eau trouve sa source non loin de là, au pied des plus hauts sommets des Alpes bernoises.  Pour ce qui est de sa couleur, je vous laisserai seuls juges, mais je trouve que ce bleu-vert se mariait à merveille avec la végétation printanière et les toits de tuile de l’agglomération.

Une chose est sûre, Berne est une ville très photogénique avec ses rues pittoresques longues et étroites bordées d’arcades qui débouchent sur de vastes places pavées. En ce week-end prolongé de Pentecôte, les rues y étaient pleines d’activité si bien qu’il était bien souvent difficile s’affranchir des éléments “parasites”. J’avais d’ailleurs commencé la journée à la focale fixe (24, 40 et 50 mm) pour me contraindre à réfléchir à des compositions serrées (comme sur l’image présentée ci-dessus). Puis, j’ai quand même fini par céder à l’appel du grand angle et j’ai continué la sortie avec le Tokina 11-16 mm F/2.8… Du coup, si j’ai beaucoup aimé l’expérience, le photographe reste un petit peu sur sa faim et j’espère avoir un jour l’occasion de retourner visiter la ville à la nuit tombée, avec mon trépied.

Des images racontées...

Vue plongeante sur Berne

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Un îlot parmi tant d’autres, aux Maldives (Photo Joris Bertrand).

Voici une photo qui colle sous bien des aspects à la représentation que l’on se fait de l’île déserte. Elle émerge du bleu profond de l’océan alentour et apparaît comme ceinturée d’un petit récif corallien. Lorsque le corail finit par être abimé par la houle,  il est transformé en un sable blanc fin qui en reflétant la lumière, donnera ces teintes presque émeraudes splendides. Là, quelques propagules arrivent tant bien que mal à germer pour donner un semblant de végétation. Mais la couche de sol est mince, la présence d’eau douce est rare et temporaire et la vie se maintient donc ici dans un équilibre précaire. Pour une fois, le ciel était aussi assez chargé ce qui a eu pour mérite d’apporter un peu de matière à la composition. En général, j’avais au mieux une belle étendue bleue mais plus souvent encore un aplat délavé par la brume atmosphérique. Bien sûr, je n’aurais pas aimé me retrouver sur ce minuscule îlot en tant que naufragé. Il y a d’ailleurs aucune chance qu’on y trouve des pirates comme sur l’île Playmobil de mon enfance qui y ressemblait pourtant à s’y méprendre. Cela dit, j’y aurais bien, l’espace d’un moment, étendu ma serviette pour me relaxer. Je dis ça mais je pense que j’aurais bien eu du mal à rester plus de quelques minutes affalé sur le sable. La beauté et la richesse des fonds sous-marins incitaient plutôt à enfiler ses palmes, son masque et son tuba et à se jeter dans les eaux limpides dont la température ce jour là était de 29°C…

Cette photo a été prise avec le Canon EOS 70D et l’EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM à 15 mm, F/9, 1/60 s et 100 ISO. Je n’ai volontairement pas appliqué le profil de correction de l’objectif. Le vignettage (accentué par l’emploi du filtre polarisant circulaire) et la distorsion due à la courte focale sont marqués, mais j’ai trouvé qu’ils apportaient quelque chose en mettant au final plus en valeur un sujet très central.

 

Des images racontées...

« Île déserte… »

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Vu dans un atoll des Maldives (Photo Joris Bertrand)

J’ai rapporté de nombreuses images sur lesquelles les nuances de bleu des eaux des atolls des Maldives sont plutôt impressionnantes. Bien sûr, l’emploi d’un filtre polarisant circulaire a bien aidé à mettre en valeur cette extraordinaire palette de couleurs mais il n’a pas pu tout faire. Lors de mon séjour, le ciel arborait souvent une teinte un peu laiteuse qui ne permettait pas de réaliser de clichés à 100 % carte postale sans avoir à devoir effectuer un post-traitement un peu lourd. Un autre élément qui fait défaut sur la plupart des images de cette série, c’est qu’il manque un petit détail qui permette de donner une échelle à la scène. Ici c’est chose faite avec ce pêcheur sur sa barque. Au niveau des réglages, je suis à fond de focale (85 mm) avec l’EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM, F/11, au 1/160 s pour 125 ISO. Juste avant de poster cet article, je me rends compte que mon capteur est dégueulasse et qu’il serait temps de le nettoyer…

Des images racontées...

« Cinquante nuances de bleus, oui mais avec une échelle… »

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Matériel

« Noël approche, c’est le moment de faire sa liste… »

Cette semaine, je vous propose un petit article qui sent bon le recyclage, faute de temps… Je n’ai pas dans l’idée de suggérer une liste exhaustive des idées de cadeaux que vous pourriez offrir, ou vous faire offrir à Noël. Chacun la rédigera sa à sa guise et je suis convaincu que vous saurez très bien vous débrouiller tout seuls pour faire exploser votre budget, ou celui de vos proches. Ceci dit, faire sa liste de Noël quand on est photographe, ça peut aussi être l’occasion de solliciter le père Noël pour s’équiper en petit équipement, souvent plus abordable mais pas nécessairement inutile pour autant! Aujourd’hui, je vous propose donc quelques éléments de réflexion qui pour la plupart, font référence à d’anciens articles déjà publiés sur le blog. Si vous voulez en savoir un peu plus, je vous invite à cliquer sur les liens (ils sont soulignés dans le texte).

Le ciel, le soleil et la mer… Une conjonction d’ingrédients toujours particulièrement mises en valeur par l’emploi d’un filtre polarisant circulaire… (Photo Joris Bertrand)

Le ciel, le soleil et la mer… Une conjonction d’ingrédients toujours particulièrement bien mise en valeur par l’emploi d’un filtre polarisant circulaire… (Photo Joris Bertrand)

Une batterie supplémentaire? Oui! je pense qu’il en faut toujours au moins une de rechange. Mon expérience me prouve que pour avoir un produit fiable et qui dure dans le temps, il ne faut pas transiger sur la qualité. Je vous conseille donc d’investir dans un modèle de la marque de votre appareil plutôt que dans une marque bon marché avec lequel vous prenez le risque d’avoir une batterie qui ne sera plus en mesure de se charger au bout de quelques cycles d’utilisation seulement…

Une carte mémoire de plus grosse capacité? Pourquoi pas, mais personnellement, il m’arrive de plus en plus rarement de remplir ma carte mémoire lors d’une sortie sur la journée… En fait, ça ne m’est quasiment plus arrivé depuis que j’ai une carte de 16 Go… J’ai plus récemment investi dans une carte SD d’une capacité de 64 Go pour faire un peu de vidéo ou pour pouvoir partir en vacances sans ordinateur, mais je dois dire que je ne l’utilise presque jamais. Tout dépendra donc de si vous êtes un mitrailleur du déclencheur ou quelqu’un qui shoote un peu plus avec parcimonie, de si vous faites de la vidéo ou pas…

Un pare-soleil? Oui! et pas tant pour son côté pare-soleil que pour son côté pare-choc!

Le grip (ou poignée d’alimentation)? Pour moi, c’est plutôt non car c’est cher, c’est lourd et ça ne comporte au final aucun avantage qui me paraisse justifier l’investissement… Après, les gouts et les couleurs…

Un filtre? La réponse est plus compliquée qu’il n’y parait… En fait, elle requiert tellement d’explication que je réalise que je n’ai jamais vraiment dédié d’article à ce sujet sur La Nature des Images (idée pour 2017…). Comme vous le savez peut-être déjà, je suis un adepte du filtre protecteur à placer sur la lentille frontale de chacun de ses objectifs car je n’ai jamais vu d’altération significative sur la qualité de mes images avec ou sans. Si ça peut protéger sans engendrer de désagrément… Les deux autres types de filtres qu’il m’arrive d’utiliser sont le polarisant circulaire et le gris neutre (à densité variable)… Vous pourrez voir ou revoir quelques exemples utilisant l’un ou l’autre de ces dispositifs en cliquant sur les liens ci-après… L’un comme l’autre me sont particulièrement utiles pour la photographie de paysage. Bien qu’ils puissent représenter un investissement déjà assez conséquent, je pense qu’ils méritent leur place dans la besace du photographe dès les débuts. Le premier car il supprime les reflets et sature les ciels pour un rendu plus flatteur (mais attention aux excès…), le second car il permet de s’essayer à la pose longue même en plein jour

Polarisant quand tu nous tiens… Une petite dernière pour réchauffer les coeurs en cette période hivernale avec cette noix de coco échouée sur une île au beau milieu de la barrière de corail (Photo Joris Bertrand).

Polarisant quand tu nous tiens… Une petite dernière pour réchauffer les coeurs en cette période hivernale avec cette noix de coco échouée sur une île au beau milieu de la barrière de corail (Photo Joris Bertrand).

Par défaut
Grand bleu (Photo Joris Bertrand)

Grand bleu (Photo Joris Bertrand)

A la prise de vue

Votre hiver est mon été… Et c’est sans vouloir vous narguer que je vous envoie cette petite carte postale, en direct ou presque depuis l’autre hémisphère. Ce jour là, c’était grand bleu sur l’embouchure de la baie de Sydney. Grand bleu dans le ciel et grand bleu sur l’océan. Une brise légère venait juste tempérer l’ardeur du soleil. Les parapentistes s’en donnaient à cœur-joie pendant qu’en contrebas, les voiliers régataient, les yachts ronronnaient et fanfaronnaient alors que les ferrys traçaient leur route, imperturbables, rappelant par moment à l’ordre les imprudents zigzagant d’un bref mais cinglant coup de corne… J’aime bien cette photo car elle représente l’effervescence dominicale typique que peuvent connaître les alentours de la métropole australienne lorsque les conditions s’y prêtent. Pour ne rien rater de cette scène, j’ai utilisé mon zoom transtandard au plus large de ce qu’il pouvait cadrer (15 mm) pour saisir le panorama le plus vaste possible. J’ai shooté en mode priorité ouverture (Av) et à F/11 pour un temps de pose de 1/30 s et une sensibilité de 125 ISO. En relisant les exifs, je trouve le temps de pose relativement long, mais cela confirme, si besoin été que le système de stabilisation de l’EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM fonctionne très bien (et que je n’ai pas trop la tremblote). Et puis bien évidemment, vous vous serez sans doute doutés que le filtre polarisant circulaire était monté sur la lentille frontale ce qui donne à l’image ces bleus si profonds. Et plus, ma position par rapport au soleil était telle que l’effet de ce filtre était maximal.

En post-production

Dans Digital Photo Professional 4, la première chose que j’ai du faire, c’est appliquer le profil de correction de l’objectif car la distorsion inhérente aux courtes focales était perceptible et à mon sens, gênante sur cette image. J’ai ensuite donné un peu de peps au contraste (+2), à la saturation (+1) et à la netteté (+5, pour la force du masque de flou). Pour finir, j’ai juste procédé à un très léger recadrage depuis le bord supérieur droit pour éliminer un effet de vignettage engendré par la présence du filtre polarisant. Dans Adobe Lightroom, j’aurais pu corriger ça très facilement et sans aucun recadrage avec l’outil « Suppression des défauts ». Ici, je n’ai juste pas voulu m’enquiquiner…

Des images racontées...

« Grand bleu sur la baie de Sydney »

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Nudey Beach à Fitzroy Island, Queensland, Australie (Photo Joris Bertrand)

Nudey Beach à Fitzroy Island, Queensland, Australie (Photo Joris Bertrand)

A la prise de vue

Je ne suis pas un grand fan du format carré même si j’ai toujours trouvé qu’il était parfois le plus adapté pour mettre en valeur les contrastes, les textures ou encore les nuances colorées de formes abstraites. Ici, la scène photographiée représente des détails qui sont tout à fait identifiables, mais dans ce cas précis, ce format 1:1 m’a permis d’élaguer un peu le bleu marine du ciel et le beige éclatant du sable. Je trouvais la composition plus harmonieuse ainsi que suivant le portrait au format 3:2 que j’avais initialement réalisé pour dépeindre l’enchaînement des éléments du décor de cette plage paradisiaque de Fitzroy Island (Queensland, Australie). Un filtre polarisant circulaire est vissé sur la lentille frontale de mon objectif, permettant ainsi de limiter les reflets en donnant un rendu bien saturé aux nuances bleues de l’eau et du ciel magnifiant ainsi encore un peu plus ce paysage de carte postale. En ce qui concerne les paramètres de prise de vue, je suis en position grand angle (15 mm avec cet objectif), et la lumière est telle que le mode « priorité ouverture », m’autorise sans aucun soucis un temps de pose d’1/100 s à sensibilité minimale (100 ISO) et avec un diaphragme bien fermé (F/11).

En post-production

Dans Canon DPP 4, j’ai d’abord et comme souvent placé mon curseur de balance des blancs sur « Nuageux » pour réchauffer un peu le rendu des couleurs et j’ai appliqué une légère surexposition de +0,33 IL. J’ai ensuite recadré mon image (qui était initialement au format 3:2, portrait) en carré de façon à faire sauter un peu de sable et de ciel dans les parties hautes et basses de l’image (comme expliqué plus haut). Puis, j’ai procédé à un ajustement automatique de la luminosité et du gamma. J’ai ensuite affiné tout ça en appliquant les réglages suivant +2 (Contraste), +1 (Ombres), -1 (Lumière) et +1 (Saturation). Pour finir, j’ai passé la force du masque de flou à +5 pour accentuer encore un peu plus la netteté avant d’exporter le tout en .jpeg.

Des images racontées...

« Carré tropical »

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Expériences photographique

Un autre éclairage sur le HDR… (Partie 2)

L’art de la photographie, autrement dit celui de peindre ou d’écrire avec la lumière consiste largement à savoir mettre en adéquation la contrainte technique de l’exposition avec nos attentes en matière d’esthétique. Parfois, on va mettre à profit un contrejour ou jouer sur le clair-obscur pour mieux mettre en valeur des contrastes et des formes. Mais de manière plus conventionnelle et en tout cas lorsque l’on cherche à retranscrire une image fidèle à la réalité, on va s’atteler à trouver, avec ou sans l’aide de son appareil, la combinaison du triangle d’exposition la plus appropriée (ouverture du diaphragme, vitesse d’obturation, sensibilité ISO). Cela revient à faire rentrer la plus juste quantité de lumière possible pour obtenir des ombres qui ne soient pas trop bouchées, des hautes lumières pas trop cramées, et un histogramme homogène et plutôt bien étalé sur l’ensemble de la plage dynamique pour une scène couvrant une palette de couleurs variée. S’il incombe au photographe de faire les bons compromis, nous avons également vu la semaine dernière que les appareils photos étaient de toute façon techniquement limités. Pour une scène présentant de forts écarts de luminosité, il ne faut donc pas espérer obtenir d’emblée une image conforme à celle que perçoit l’œil humain. On a donc entrevu qu’il était possible d’utiliser dès la prise de vue des subterfuges pour atténuer les écarts de luminosité atteignant le capteur, par l’emploi de filtres gradués gris neutres ou directement en utilisant un mode HDR intégré à l’appareil. Ce dernier va permettre de prendre une série de photos différemment exposées et se charger lui même de les fusionner en une image composite à plage dynamique étendue. Aujourd’hui, j’envisage de m’attarder un peu plus sur certaines de ces méthodes qui permettent d’essayer d’obtenir un résultat similaire, mais de retour à la maison, devant son ordinateur.

Pour cette image j’ai utilisé la mesure matricielle sans compensation d’exposition (réglage par défaut). Si on se fie à l’histogramme, la cellule de l’appareil a plutôt bien fait son boulot même si à l’oeil, ça aurait mérité de voir exposés un peu plus la surface de l’eau et les parties ombragées sous le pont (Photo Joris Bertrand)

Pour cette image, j’ai utilisé la mesure matricielle sans compensation d’exposition (réglage par défaut). Si on se fie à l’histogramme, la cellule de l’appareil a plutôt bien fait son boulot même si à l’oeil, on aurait sans doute aimé voir  la surface de l’eau et les parties ombragées sous le pont un peu plus exposées. Je peux corriger ça en travaillant spécifiquement sur les tons foncés, en appliquant un filtre dégradé pour surexposer la partie basse de l’image, en peignant les parties ombragées du pont à l’aide d’une brosse ou… en créant une image HDR (Photo Joris Bertrand)

La, ou plutôt les retouche(s) de l’exposition

La première méthode revient à ajuster l’exposition en post-production (une fonctionnalité disponible même sur les programmes les plus basiques de traitement d’image). La manière la plus simple mais aussi la moins subtile pour faire ça consiste à jouer sur le curseur du même nom (exposition) pour sous-exposer ou surexposer indifféremment l’ensemble des pixels d’une image donnée. Cette méthode fonctionne de manière satisfaisante pour rattraper une erreur plus ou moins grossière de la mesure de l’exposition par la cellule de l’appareil dans une situation naturellement piégeuse pour elle. Mais si le photographe avait déjà fait en sorte d’aiguiller correctement son appareil au moment de la prise de vue, par exemple en utilisant le mode de mesure d’exposition adéquat et/ou le cas échéant en appliquant de la compensation d’exposition, alors jouer sur le curseur d’exposition ne permettra probablement pas de rattraper complètement les défauts. Il faut donc jouer de manière plus subtile en éditant de manière appropriée et différenciée certaines parties de l’image. Pour ce faire, on peut soit appliquer des ajustements spécifiques sur tels ou tels tons de l’image (clairs, moyens, foncés) soit appliquer des retouches localisées par le biais de certains outils tels que les brosses d’ajustement, soit les deux… Pas mal de logiciels, même assez basiques, permettent d’appliquer des ajustements différents aux tons clairs et aux tons foncés. C’est par exemple le cas de Digital Photo Professional, iPhoto, ou Photos. En revanche, la mise à disposition d’outils d’ajustements tels que les brosses ne concernent souvent que des logiciels plus sophistiqués tels que Lightroom ou Photoshop. Mais ces brosses permettront par exemple d’aller peindre finement un ciel trop lumineux pour en abaisser l’exposition ou au contraire aller déboucher les ombres sur un premier plan.

C’est la même scène que tout à l’heure mais sous-exposée d’1 I.L. Le temps de pose diminue, les couleurs du ciel sont plus saturées mais les parties qui était déjà ombragées sur l’image précédentes deviennent carrément sous-exposées (Photo Joris Bertrand)

C’est la même scène que ci-dessus, mais sous-exposée d’1 I.L. Le temps de pose diminue, les couleurs du ciel sont plus saturées et on obtient un joli modelé sur les nuages mais les parties qui étaient déjà ombragées sur l’image précédente deviennent carrément sous-exposées ici (Photo Joris Bertrand)

Il est à noter que certains logiciels tels que Lightroom implémentent même des filtres gradués qui permettent de simuler en post-production des filtres gradués gris neutres. Je connaissais leur existence pour en avoir déjà vu des applications lors de tutoriels vidéo que j’avais eu l’occasion de visionner sur Internet, mais je dois dire que j’ai été bluffé par le résultat depuis que je les utilise moi même. C’est très efficace pour redonner du modelé à un ciel chargé qui apparaissait jusqu’alors cramé, ou pour rendre sa belle couleur bleue à un ciel apparaissant exagérément voilé par le rendu de l’appareil. Depuis la dernière version (6 ou CC) on peut même conjuguer à façon, l’action des filtres (gradués et radiaux) à celle de la brosse d’ajustement pour que le rendu soit encore plus fin. Pour moi, c’est une avancée incroyable par rapport à ma période DPP!

Et pour finir, voici la même scène mais cette fois-ci surexposée d’1 I.L. Le rendu sur la surface de l’eau devient satisfaisant mais c’est maintenant le ciel qui devient presque cramé et prend un aspect blanchâtre (Photo Joris Bertrand)

Et pour finir, voici la même scène mais cette fois-ci surexposée d’1 I.L. Le temps de pose augmente, le rendu sur la surface de l’eau devient satisfaisant mais c’est maintenant le ciel qui devient presque cramé et prend un aspect blanchâtre (Photo Joris Bertrand)

Produire une image HDR en post production

L’alternative à tout ça c’est de s’adonner directement à la HDR en post-production. Le seul prérequis consiste cependant à être rentré de sa séance photo avec plusieurs vues exposées différemment de la scène pour laquelle on souhaite réaliser un traitement HDR. Tous les logiciels permettant de faire un traitement HDR ne se valent pas. Par exemple, la version 3 de DPP permettait de combiner un maximum de trois images alors que la fonctionnalité HDR n’était plus disponible sur la première mouture de DPP 4. Il semblerait cependant que Canon soit en train de rattraper le coup avec une nouvelle version: la 4.2.31. Lightroom 6 (ou CC) autorise quant à lui la fusion de 5 images maximum mais certains logiciels dont ceux spécifiquement dédiés à la photo HDR tel Photomatix permettent l’emploi de davantage d’images. Il faut donc trouver le bon compromis entre extension de la plage dynamique étendue et rendu qui nous convient. De ceux que j’ai pu tester, Lightroom, permet de faire de la HDR simplement en s’occupant lui même de s’occuper de gérer les paramètres de fusion. En fait, l’utilisateur a juste à s’occuper de l’intensité de la correction des « effets fantômes » (voir la fameuse mouette sur mon article de la semaine dernière). Dans DPP (je n’ai pu recourir qu’à la version 3), le programme assemble d’emblée les trois vues puis vous propose différents préréglages et curseurs pour affiner le rendu final. J’ai bien sûr choisi le préréglage « Art éclatant » pour être sûr d’obtenir un rendu des plus flashy qui soit! Allez vite chercher une bassine, car une telle plage dynamique risque de vous donner la nausée. L’autre point négatif de DPP c’est qu’il ne corrige pas les effets fantômes… Or le ferry sur la droite de la scène a continué à avancer entre les trois images…

Voici le rendu “Made In Lightroom” de mon traitement HDR issu de la fusion des trois images précédentes. On se croirait un petit peu dans le monde des Playmobil mais ça passe encore, en tout cas comparé au rendu de l’image ci-dessous… (Photo Joris Bertrand)

Voici le rendu “Made In Lightroom” de mon traitement HDR issu de la fusion des trois images précédentes. On se croirait un petit peu dans le monde des Playmobil mais ça passe encore, en tout cas comparé au rendu de l’image ci-dessous… (Photo Joris Bertrand)

 

Et voilà le rendu “Made in DPP”… La surface de l’eau est moins “luisante” mais le ciel se pare de teintes qui virent presque au violet psychédélique par endroit. Vous pourrez aussi noter le joli phénomène de "ghostting" sur le bateau (Photo Joris Bertrand)

Et voilà le rendu “Made in DPP”… La surface de l’eau est moins “luisante” mais le ciel se pare de teintes qui virent presque au violet psychédélique par endroit. Vous pourrez aussi noter le joli phénomène de « ghostting » sur le bateau (Photo Joris Bertrand)

Le mot de la fin…

La photo HDR permet  d’étendre la plage dynamique d’une image et pourrait donc, à première vue être considérée comme un nouveau standard à envisager systématiquement dès la prise de vue lorsque cela s’y prête. Dans les faits, cette technique est en fait un petit peu lourde à mettre en place. Si elle peut se révéler utile pour des scènes plutôt statiques, elle deviendra très vite inefficace pour les sujets en mouvements. Il faut privilégier les traitements HDR à partir d’images qui auront été réalisées sur trépied. Bien sûr, il y a bien des algorithmes permettant d’aligner a posteriori des images qui auraient été réalisées à main levée, mais je suppose qu’ils ont leurs limites. Il en est de même pour les options de corrections des « effets fantômes ». Si entre vos trois prises de vues, le sujet à eu le temps de traverser la scène et quitter le cadre, on est probablement assez peu avancé si ce n’est pour tenter quelque chose d’un peu créatif. L’autre limite plus subjective des images HDR, c’est leur rendu qui demeure à mon goût très souvent trop artificiel. Bien sûr, ça doit être tout un art de magnifier une scène au moyen d’un traitement HDR sans que ce travail de post-production soit manifeste. Cela dit, je trouve qu’une bonne connaissance des techniques et de son matériel couplé à un travail de post-production d’ajustement de l’exposition plus conventionnel permet déjà de se sortir d’à peu près toutes les situations. Pour conclure, je dirais simplement qu’en ce qui me concerne, la photo HDR ca restera probablement « oui, avec modération » même si je vais essayer de prendre plus souvent des images en bracketing (avec plusieurs expositions). Cela laisserait la possibilité d’effectuer a posteriori un traitement HDR si l’envie nous prenait de magnifier la plage dynamique d’un panorama paysager ou d’une scène intérieur-extérieur. Mais au pire, on est toujours à tant de faire du pseudo-HDR en développant en post-production des fichiers sur et sous-exposés à partir d’un unique fichier .raw, puis appliquer un traitement HDR par la suite. Ce n’est pas une méthode très orthodoxe et elle s’accompagne forcement d’une dégradation de la qualité de l’image (surtout lorsqu’on surexpose) mais ça fonctionne et ça peut dépanner…

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