Dans l’imaginaire collectif, l’archipel des Maldives est réputé pour son cliché de carte postale dépeignant la vue que pourrait avoir le touriste depuis sa chambre d’hôtel. Cette chambre d’hôtel avec vue sur la mer serait une sorte de hutte sur pilotis, avec un ponton donnant directement sur un vaste océan aux teintes turquoises et émeraudes s’arrêtant là où commence un ciel bleu profond. Bien que l’emploi d’un filtre polarisant contribue en grande partie à magnifier ce genre de paysages, il ne fait aucun doute que cette représentation n’est pas exagérée et qu’on peut reproduire une mise en scène de ce type en de nombreux endroits de l’archipel. Le revers de la médaille, c’est qu’il y a tellement de tourisme aux Maldives que le moindre petit îlot se profilant à l’horizon voit souvent sa silhouette hérissée d’une antenne relais alors que s’étend sur la mer une ribambelle de cabanes de resorts, comme sur la photo ci-dessous.

Guirlandes de chambres d’hôtel, avec vue sur la mer aux Maldives (Photo Joris Bertrand).

Pourtant, ce serait un peu oublier que le pays demeure habité par un petit peu moins de 400 000 autochtones dont le soucis premier n’est pas de se dorer la pilule ou d’admirer les merveilles du monde sous-marin. Et bien que tout soit fait pour que les contacts soient évités entre le touriste et les populations locales, il est tout de même possible d’avoir une idée de ce que vivent les maldiviens au quotidien sur l’île-capitale de Malé ainsi que sur quelques autres îles au statut un peu intermédiaire telle que Dhigurah, sur laquelle je me suis rendu. Ce que je retiens de cette expérience c’est qu’il y a une sorte de dénominateur commun à la vie de ces gens modestes des tropiques. Ils ne possèdent pas grand chose, mais Aznavour avait sans doute raison en supposant que la “misère » serait moins pénible au soleil. Ici, les gens pêchent et mangent les fruits qui poussent sans trop de mal autour de leur maison. Il prennent le temps d’emménager leur jardin et finisse d’y mettre la petite touche de couleur qui fait que les touristes occidentaux que nous sommes trouveront leur petit havre de paix authentique et paisible. C’est quelque chose que j’ai toujours pu noter lors de mes voyages en Nouvelle-Calédonie, à La Réunion, en Guyane, dans le Sud de Taïwan et maintenant ici. Le seule chose qui change vraiment aux Maldives c’est le poids palpable de l’islam. Les femmes déambulent voilées à l’ombre des arbres tropicaux, les rares bars (sans alcool) sont exclusivement occupés par les hommes et par moment, le va et vient de la houle se mêlent à l’appel de la prière du muezzin.

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Maldives, le plus loin possible des clichés…

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Un îlot parmi tant d’autres, aux Maldives (Photo Joris Bertrand).

Voici une photo qui colle sous bien des aspects à la représentation que l’on se fait de l’île déserte. Elle émerge du bleu profond de l’océan alentour et apparaît comme ceinturée d’un petit récif corallien. Lorsque le corail finit par être abimé par la houle,  il est transformé en un sable blanc fin qui en reflétant la lumière, donnera ces teintes presque émeraudes splendides. Là, quelques propagules arrivent tant bien que mal à germer pour donner un semblant de végétation. Mais la couche de sol est mince, la présence d’eau douce est rare et temporaire et la vie se maintient donc ici dans un équilibre précaire. Pour une fois, le ciel était aussi assez chargé ce qui a eu pour mérite d’apporter un peu de matière à la composition. En général, j’avais au mieux une belle étendue bleue mais plus souvent encore un aplat délavé par la brume atmosphérique. Bien sûr, je n’aurais pas aimé me retrouver sur ce minuscule îlot en tant que naufragé. Il y a d’ailleurs aucune chance qu’on y trouve des pirates comme sur l’île Playmobil de mon enfance qui y ressemblait pourtant à s’y méprendre. Cela dit, j’y aurais bien, l’espace d’un moment, étendu ma serviette pour me relaxer. Je dis ça mais je pense que j’aurais bien eu du mal à rester plus de quelques minutes affalé sur le sable. La beauté et la richesse des fonds sous-marins incitaient plutôt à enfiler ses palmes, son masque et son tuba et à se jeter dans les eaux limpides dont la température ce jour là était de 29°C…

Cette photo a été prise avec le Canon EOS 70D et l’EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM à 15 mm, F/9, 1/60 s et 100 ISO. Je n’ai volontairement pas appliqué le profil de correction de l’objectif. Le vignettage (accentué par l’emploi du filtre polarisant circulaire) et la distorsion due à la courte focale sont marqués, mais j’ai trouvé qu’ils apportaient quelque chose en mettant au final plus en valeur un sujet très central.

 

Des images racontées...

« Île déserte… »

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Vu dans un atoll des Maldives (Photo Joris Bertrand)

J’ai rapporté de nombreuses images sur lesquelles les nuances de bleu des eaux des atolls des Maldives sont plutôt impressionnantes. Bien sûr, l’emploi d’un filtre polarisant circulaire a bien aidé à mettre en valeur cette extraordinaire palette de couleurs mais il n’a pas pu tout faire. Lors de mon séjour, le ciel arborait souvent une teinte un peu laiteuse qui ne permettait pas de réaliser de clichés à 100 % carte postale sans avoir à devoir effectuer un post-traitement un peu lourd. Un autre élément qui fait défaut sur la plupart des images de cette série, c’est qu’il manque un petit détail qui permette de donner une échelle à la scène. Ici c’est chose faite avec ce pêcheur sur sa barque. Au niveau des réglages, je suis à fond de focale (85 mm) avec l’EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM, F/11, au 1/160 s pour 125 ISO. Juste avant de poster cet article, je me rends compte que mon capteur est dégueulasse et qu’il serait temps de le nettoyer…

Des images racontées...

« Cinquante nuances de bleus, oui mais avec une échelle… »

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Lever de soleil, quelque part aux Maldives (Photo Joris Bertrand)

Les Maldives consistent en une mosaïque de quelques 1200 îles (dont 200 habitées) parfois très éloignés les unes des autres. Il faut parfois plusieurs heures de navigations pour naviguer d’un atoll à l’autre par voie maritime puisque le territoire s’étend sur environ 800 kilomètres du Nord au Sud. Pour rallier ces atolls à partir de l’unique aéroport international du territoire, l’hydravion demeure donc le moyen le plus rapide, surtout pour les touristes pouvant se permettre de dépenser sans compter car leur temps, lui, est bien compté. Il est à peine six heures du matin et déjà s’annonce une belle journée ensoleillée. Cette photo a été prise à main levée avec l’EOS 70D et l’EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM à 85 mm. La lumière était déjà suffisante pour me permettre de shooter à 400 ISO avec un diaphragme pas mal fermé (F/8) et un temps de pose de 1/125 s, suffisant pour assurer une photo nette même si je me trouvais sur un bateau. J’ai pris quelque libertés concernent des paramètres tels que la température de couleur et la saturation, mais avec les levers de soleil, c’est permis…

 

 

 

 

Des images racontées...

« Hydravion pour un aller-retour au paradis »

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