Vue plongeante sur Berne (Photo Joris Bertrand).

Entre deux séjours entre les tropiques, je profite de la rubrique “Des images racontées” pour vous faire partager notre agréable découverte du week-end dernier: Berne, capitale fédérale de la Suisse. En ce début de juin, la ville s’affiche comme un musée de la Suisse à ciel ouvert, le tout dans un cadre verdoyant où la vieille ville semble comme contenue par un méandre de l’Aar. Quoique déjà assez large, cette rivière a encore tout de la fougue du petit torrent de montagne qu’elle a du être en amont. Son débit en ville est assez surprenant et pour avoir essayé d’y tremper les pieds, on peut vous dire qu’il en est de même pour sa fraîcheur. Il faut dire que le cours d’eau trouve sa source non loin de là, au pied des plus hauts sommets des Alpes bernoises.  Pour ce qui est de sa couleur, je vous laisserai seuls juges, mais je trouve que ce bleu-vert se mariait à merveille avec la végétation printanière et les toits de tuile de l’agglomération.

Une chose est sûre, Berne est une ville très photogénique avec ses rues pittoresques longues et étroites bordées d’arcades qui débouchent sur de vastes places pavées. En ce week-end prolongé de Pentecôte, les rues y étaient pleines d’activité si bien qu’il était bien souvent difficile s’affranchir des éléments “parasites”. J’avais d’ailleurs commencé la journée à la focale fixe (24, 40 et 50 mm) pour me contraindre à réfléchir à des compositions serrées (comme sur l’image présentée ci-dessus). Puis, j’ai quand même fini par céder à l’appel du grand angle et j’ai continué la sortie avec le Tokina 11-16 mm F/2.8… Du coup, si j’ai beaucoup aimé l’expérience, le photographe reste un petit peu sur sa faim et j’espère avoir un jour l’occasion de retourner visiter la ville à la nuit tombée, avec mon trépied.

Des images racontées...

Vue plongeante sur Berne

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Jour de glace au lac de Joux (Photo Joris Bertrand).

Jour de glace au lac de Joux (Photo Joris Bertrand).

Ca n’arrive pas tous les ans et de toute façon, changement climatique oblige, ça arrive de moins en moins souvent… Mais parfois, un phénomène se produisant sur une courte période semble comme faire mentir l’inexorable tendance qu’on ne peut nier à moyen ou à plus long terme. De ce que j’ai pu entendre dire, le mois de janvier 2017 aura été le plus froid qu’on ait connu sur les rives du lac Léman depuis trente ans. On a d’ailleurs bien senti le froid à Lausanne où le thermomètre n’a pour ainsi dire jamais dépassé les zéro degrés. C’était pire encore dans le Jura voisin, une région déjà connue pour détenir des records de froid, aussi bien côté français avec -36,7°C (à Mouthe en 1968) que côté suisse avec -41,8°C (à La Brévine, en 1987). En ce 29 janvier, le lac de Joux était complètement recouvert d’une épaisse couche de glace et était entièrement ouvert à la marche. Les gens de la région avaient profité des aléas climatiques pour faire du lac un immense terrain de jeu. L’ambiance y était joviale et on aurait presque pu se croire au milieu d’une fête foraine à la fois insolite et d’un autre temps. On pouvait y louer des patins à glace, se faire tracter sur une luge ou tout simplement déambuler à pied sur des kilomètres. Pour se réchauffer, des stands installés pour l’occasion proposaient des churros ou encore des Vacherins Mont-Dore chauds aux passants et on pouvait s’attabler sur l’étendue glacée pour déguster le tout. D’autres faisaient évoluer leur drone au dessus de la foule pendant qu’une montgolfière survolait paisiblement les alentours. Fidèle à mon habitude du moment, j’appliqué un traitement Noir & Blanc très contrasté à cette image prise  avec l’EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM à 50 mm, F/5 et 1/800 s pour 100 ISO.

Des images racontées...

« Sillonnons la glace en évoquant de vieux souvenirs… »

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La montagne en constrastes (Photo Joris Bertrqnd°.

La montagne en constrastes (Photo Joris Bertrand).

La montagne est d’autant plus majestueuse quand elle est toute plâtrée de neige. Mais quand l’hiver s’installe, il entame son travail de sape sur la végétation et ternit peu à peu les couleurs des arbres et des prairies. A l’exception du bleu du ciel, tout se convertit donc peu à peu en un désert de glace où le minéral prend visuellement le pas sur l’organique. Quitte à avoir perdu la couleur, autant jouer à fond la carte du contraste. C’est alors que l’emploi du Noir & Blanc peut permettre de magnifier les paysages en exploitant au mieux les ombrages des sous-bois, à la limite du noir et les clairières enneigées et ensoleillées, à la limite du blanc éclatant. Les arbres et les rochers, les traces dans la neige et la présence d’un vieux chalet viennent alors modeler le tout en rajoutant un petit peu de texture.

Cette photo a été prise lors d’une sortie en raquettes, entre le col du Pillon et le col d’Isenau, à proximité des Diablerets, dans le canton de Vaud, en Suisse. J’ai utilisé mon boîtier habituel avec mon transtandard: l’EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM à 57 mm, F/5, 160 s et 100 ISO. Si vous souhaitez en voir une autre de la même série, je vous renvoie sur ma galerie 500 px.

Des images racontées...

La montagne en contrastes…

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Matin d’hiver à Lausanne (Photo Joris Bertrand)

Matin d’hiver à Lausanne (Photo Joris Bertrand)

A la prise de vue

Je vous avais annoncé que les hivers des latitudes tempérées et la neige m’avaient manqués… Ça tombe bien, la neige est arrivée et j’ai vraiment envie de la mettre en valeur du mieux que je peux sur mon blog. On va donc faire ça en respectant l’ordre chronologique. Comme souvent, la neige blanchit le sol à la nuit tombée, et ce n’est qu’au petit matin, en ouvrant les volets, qu’une lueur, plus immaculée qu’à l’accoutumée nous saute aux yeux, éveillant en nous une joie toute enfantine… D’un point de vue technique, cette image peut paraître banale. Pourtant elle a nécessité l’emploi du trépied car la lumière venait encore à manquer et il m’a fallu adopter une vitesse d’obturation de 3,2 s pour pouvoir exposer correctement la scène à 100 ISO en dépit d’une grande ouverture de F/2.8. Dans Lightroom j’ai du un peu rattraper les perspectives et appliquer le profil de correction de l’objectif car c’est là un élément qui ne pardonne pas dans ces conditions où il y a des cadres dans le cadres, a fortiori quand on utilise un grand angle…

Des images racontées...

Juste avant le premier café…

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Lausanne, à l’heure bleue (Photo Joris Bertrand)

Je passe par cet endroit en allant et en revenant du travail et j’y ai, depuis la première fois, trouvé la perspective intéressante d’un point de vue photographique. Il y a cette vue plongeante sur le lac Léman, dans ce quartier paisible de Lausanne, un peu hors du temps. Dimanche soir, j’ai décidé de m’y rendre pour l’heure bleue, en sachant que ce jour là, le soleil se couchait à 16h46. Cette image a été prise environ trois quarts d’heure plus tard (comme indiqué sur l’horloge de l’église). Pour la réalisation de cette photo, j’ai équipé mon EOS 70D de mon plus grand angle: le Tokina 11-16 mm F/2.8 et j’ai installé le tout sur trépied. J’ai ensuite essayé pas mal de choses: des poses (très) longues en fermant fort le diaphragme et des poses plus courtes en ouvrant davantage. Au final c’est une vitesse d’obturation de 2 s qui m’a permis de réaliser l’image que j’ai décidé de partager. Pour ajuster le cadrage, je me suis mis à 13 mm, j’ai ouvert à fond (F/2.8) en gardant la sensibilité à sa valeur minimale (100 ISO), le tout en mode manuel. Cette combinaison de paramètres m’a paru être la plus judicieuse car elle permettait à la fois de bien imprimer sur le capteur toutes les teintes lumineuses de la scène: la lumière orangée des lampadaires et la lueur bleutée du ciel, à l’heure où commence à poindre les étoiles. Dans le même temps, les deux secondes de pose laissaient encore la possibilité de “saisir » ce couple de passants. Je remercie ces deux inconnus car la composition me paraissait un peu vide avant qu’ils ne me dépassent et ne descendent lentement les marches… J’ai alors sauté sur l’occasion pour “figer” les amoureux au moment où ils comblaient au mieux cet espace.

Au final, j’ai rapporté une image que je ne m’attendais pas du tout à réaliser ce soir là. Comme je l’ai suggéré ci-dessus, je me voyais davantage composer avec des temps de pose bien plus longs pour mieux jouer sur le filé des phares des voitures, du trolley-bus, ou du train et des bateaux, encore plus bas. Une chose est sûre, cet endroit me plaît. Nul doute donc que vous le verrez à nouveau sous d’autres visages dans les images racontées de la Nature Des Images…

Des images racontées...

« Ombres fuyantes de l’heure bleue… »

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L’automne se termine et l’hiver commence dans la campagne vaudoise (Photo Joris Bertrand)

L’automne se termine et l’hiver commence dans la campagne vaudoise (Photo Joris Bertrand)

Le vignoble du Lavaux avait revêtu sa parure d’automne depuis un bon moment déjà mais la neige qui avait d’abord timidement poudré les plus hauts sommets n’en avait que depuis plus récemment remis une couche en venant plâtrer plus franchement les alpes valaisannes. Le lac Léman était à sa place et les différentes formes géométriques: alignement des vignes, courbes de la route et maisons à la vue imprenable étaient là pour rappeler que l’homme, à l’instar de ces deux cyclistes, faisait ici ce qu’il pouvait pour s’accommoder de la pente. Cette photo a été prise au Canon EOS 70D grâce à l’indéfectible polyvalence de l’EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM, qui pour le coup était à fond de focale (85 mm). Pour le reste, j’avais mon diaphragme assez fermé (F/8) pour avoir une zone de netteté des plus étendues qui soit et un bon piqué. Le mode Av (priorité ouverture) de l’appareil a jugé bon de shooter au 1/160 s mais notons que le mode ISO auto a fait en sorte que la sensibilité ait été légèrement augmentée (250 ISO). C’est compréhensible car si l’appareil était resté à la sensibilité minimale du capteur (100 ISO), j’aurais alors déclenché avec un temps d’obturation de l’ordre de 1/80 s, un peu limite pour être sûr d’avoir une photo nette d’après la façon dont le mode a été programmé. Avec le très bon système de stabilisation de cet objectif, on avait encore de la marge et j’aurais pu faire le choix de demeurer à 100 ISO, mais il n’y a rien de significativement gênant ici au niveau du bruit.

Pour finir, je me suis un peu lâché dans Lightroom. En plus des optimisations « classiques », j’ai pris un peu le temps de jouer sur les curseurs de luminance et de saturation des différentes couleurs pour accentuer (mais pas trop j’espère) la beauté des couleurs de l’automne sur cette « carte postale » vaudoise.

Des images racontées...

« (Une) Carte postale suisse »

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Chape de plomb, sur le lac Léman (Photo Joris Bertrand).

Chape de plomb, sur le lac Léman (Photo Joris Bertrand).

 « Ce n’est pas aujourd’hui que tu feras de belles photos… » lançait l’autre jour un monsieur à la dame qui l’accompagnait… Elle, l’appareil en bandoulière semblait acquiescer, entre désespoir et résignation en regardant en direction du lac Léman, complètement bouché. Des rivages vaudois, on avait bien du mal à distinguer le rivage français et il était alors impossible de voir se détacher la silhouette poudrée des Alpes… Pourtant, s’il y avait bien un jour où on pouvait s’attendre à avoir des lumières qui sortaient de l’ordinaire, c’était peut-être celui-ci. Il suffisait juste d’être un peu patient pour voir s’esquisser une opportunité photographique. Par moment, le soleil arrivait à percer la sombre chape de nuages de ses rayons. L’instant était souvent fugace et il ne fallait pas hésiter à employer une focale anormalement longue pour du paysage pour aller chercher le détail de la scène et la composer sans fioritures. Sur l’exemple que je vous montre, j’ai utilisé l’EF 50 mm F/1.8 II à F/9 pour un temps de pose d’1/200 s à 100 ISO. La scène était peu lumineuse mais une brève éclaircie dans la couche supérieure de la couverture nuageuse a permis de faire ressortir les voiles blanches des bateaux s’apprêtant à affronter la tempête. J’ai alors employé un cadrage vertical pour n’avoir que ça dans mon image et éviter tout élément parasite, à l’exception la digue qui permettait au final de souligner l’ensemble. Les teintes confondues du ciel apocalyptique, chargé de neige, se reflétant dans le lac ont fait le reste. Pour finir, le tout a été rehaussé à la faveur d’un traitement adapté dans Adobe Lightroom.

Des images racontées...

« Aller chercher les sombres lumières »

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