Ambiance dramatique au lac des Plagnes (Photo Joris BERTRAND).

« Parlez-moi de la pluie, et non pas du beau temps…« , temps maussade dimanche dernier en vallée d’Abondance (Haute-Savoie). C’est tant pis pour le pique-nique et la balade en forêt mais entre deux averses, on a parfois tout à gagner à sortir l’appareil photo pour immortaliser le paysage, ici, le lac des Plagnes et ses eaux cristallines. Ce n’est pas que le « bel azur me met en rage » mais il est est vrai qu’un ciel chargé de nuages sombres donne davantage de modelé qu’un bleu uniforme, qu’il soit d’azur, ou pire, laiteux.

Habituellement, je ne suis pas trop dans ce type de photo de paysage un peu sombre, façon « pub de Whisky » comme me le faisait remarquer un de nos lecteurs. Nul doute qu’ici, les produits de la Terre et les Hommes qui les confectionne sont aussi typés que le terroir qui les a façonné… Pourtant j’apprécie ces ciels chaotiques, surtout en peinture. Je me suis donc essayé à l’exercice.

Cette photo a été prise avec mon fidèle EOS 70D et le Tokina 11-16 mm F/2.8 à 11 mm, une ouverture de F/11 et un temps de pose d’1/40 s à 100 ISO. Pour accentuer l’effet dramatique de la scène, j’avais dès la prise de vue appliqué une sous-exposition (-0.67 IL). J’ai ensuite travaillé cette image dans Adobe Lightroom en suivant mon flux de travail habituel pour adapter l’exposition, le contraste et les différents paramètres de l’image. Une fois n’est pas coutume, j’ai aussi utilisé la brosse pour magnifier le contraste au niveau des nuages, mais sans en abuser, enfin j’espère…

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Des images racontées...

« Ciel chaotique et ambiance dramatique »

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Annonce du Canon EOS 6D Mark II et de l’EOS 200D!

Je dois dire que ça faisait bien longtemps que je n’avais pas à ce point été enthousiasmé par l’annonce d’une sortie matériel chez Canon. Pour être plus précis, ça remonte sans doute à l’arrivée simultanée de l’EOS 7D Mark II et de l’EF 400 mm F/4 DO IS II USM que j’avais évoqué dans un de mes posts. Mais c’est désormais chose faite, Canon met à jour son entrée de gamme en plein format en proposant l’EOS 6D Mark II et reformule le réflex le plus compact et le plus léger du marché avec l’EOS 200D (que je n’attendais plus!).

EOS 200D: le « mini réflex » que l’on attendait plus…

L’EOS 200D est proposé en noir (plutôt classique), mais aussi en blanc et en marron.

Je suis de ceux qui croient que dans ce monde où les hybrides sont de plus en plus convaincants, il existe néanmoins toujours une place pour un réflex compact d’entrée de gamme. Et après avoir vu défiler les EOS M3, EOS M5, EOS M6 ou encore EOS M10, je croyais que Canon avait cédé aux lois du marché en ne proposant que des hybrides pour succéder à l’EOS 100D. Je m’en étais d’ailleurs un peu inquiété dans certains de mes articles (ici, ici, ou encore ici). Mais ça y est, l’EOS 200D est bien là et la lecture de la fiche technique à de quoi (me) rassurer. En effet, je pense qu’il a en gros tout ce qu’il faut là où il faut. Notre EOS 200D est donc bel est bien un réflex avec une visée optique, un miroir et une monture EF/EF-S. Entre autres, il est pourvu d’un capteur de 24 Mpixels (contre 18 pour l’EOS 100D) et embarque désormais la technologie Dual Pixel. Pour le reste, le nombre de collimateur autofocus reste inchangé (9). C’est un point à vérifier car il est vrai que je trouvais parfois la mise au point un peu poussive sur l’EOS 100D que j’utilise au boulot. En même temps, je dois dire que je l’utilise presque exclusivement en conditions de faible lumière et à la limite de la distance minimale de mise au point… Au passage, l’EOS 200D progresse par rapport à son prédécesseur en étant désormais équipé d’un processeur de dernière génération (DIGIC 7), d’un écran orientable (tactile), que j’apprécie quand même pas mal sur l’EOS 70D. Pour le reste, ces mensurations ont tout pour plaire et je pense que ce petit boitier donnera entière satisfaction à ses propriétaires couplé à un petit pancake ou au nouveau petit EF-S 35 mm F/2.8 Macro IS STM que j’aimerais vraiment essayer.

EOS 6D Mark II: un plein format des plus accessibles…

En parallèle, Canon sort donc l’EOS 6D Mark II avec un capteur plein format de 26 Mpixels. Par rapport à son prédécesseur, il présente un autofocus aux performances dopées et le Digic 7 lui permet une rafale un petit peu plus rapide (6.5 im./s, soit deux de plus que le 6D). De plus, on peut noter l’arrivée d’un écran orientable tactile et du GPS qui faisaient défaut sur la première version. Bref, autant l’EOS 6D avaient des performances qui compromettait un peu son usage en animalier par exemple, autant la nouvelle version rectifie le tir sur les points à problème. L’EOS 6D Mk II devient donc une alternative crédible à l’EOS 7D Mk II pour les amoureux de la photo de nature qui voudraient bénéficier des avantages du plein format. Si votre budget le permet, libre à vous d’emporter les deux boîtiers dans votre besace.

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Ghillie Suit: premier retour d’expérience prometteur!

Je me sens à la bourre dans à peu près tout en ce moment, mais je ne m’en plains pas car je suppose que c’est parce que j’ai une vie bien remplie. Les habitués de La Nature des Images auront d’ailleurs peut-être remarqué que je n’avais pas publié sur le blog depuis pas mal de temps. Je passe déjà des heures devant un écran d’ordinateur quand je suis au boulot et je n’ai pas forcement la force de remettre ça le soir après le dinner. J’ai pris des vacances, je prépare des chamboulements à venir dans ma vie personnelle et j’ai toujours beaucoup de photos à trier depuis ma dernière session de terrain. Bref, je suis tellement en retard que je n’avais même pas encore eu le temps de tester certains de mes cadeaux de Noël! Et pour ce faire, il fallait bien que je trouve des conditions favorables pour me remettre un peu à l’animalier. C’est désormais chose faite car les quelques jours que j’ai pu passer chez moi, en Aveyron, m’ont permis de brièvement tester mon Ghillie Suit.

Un Ghillie Suit: Qu’es aquò?

Si vous ne savez pas ce qu’est un ghillie suit,  je vous conseille de tapper les termes correspondant dans votre moteur de recherche préféré. Pour vous en donner une petite définition personnelle, je me contenterais de dire que c’est un costume qui vous déguise en une sorte de buisson, façon ents dans la trilogie du Seigneur des Anneaux. En gros, c’est censé vous aider à passer pour un végétal en cassant votre silhouette humaine tout en arborant des sortes de haillons aux teintes verdâtres, beiges et brunes, façon feuillage. Le revers de la médaille c’est qu’une fois vêtu de la sorte, vous aurez vite fait d’effrayer tous les promeneurs que vous viendriez à croiser, ou au minimum à passer pour un con. Le ridicule ne tue pas (mais il y contribue). Pour avoir envie d’évoluer dans un tel accoutrement, encore fallait-il donc que cette tenue soit suffisamment efficace pour ne pas se faire repérer par les Hommes et les bêtes.

Un Ghillie Suit: est-ce que c’est efficace?

Votre serviteur a donc fait le test en profitant de ses vacances pour se lever aux aurores et aller parcourir les avant-causses du Larzac, un milieu que je parcours depuis mes vertes années, dans le but d’approcher chevreuils, renards ou encore lièvres matinaux. On ne pas va se leurrer, le succès de la billebaude consiste avant tout à se trouver au bon endroit au bon moment. On maximisera les chances de faire une belle rencontre en se levant de bon matin et en évoluant discrètement dans des habitats que l’on sait favorable, mais quoi qu’en disent les pros, l’équipement et les connaissances naturalistes ne font pas tout. La chance joue ainsi un rôle prépondérant dans la pratique et moins vous en avez, plus vous aurez à accumuler les sorties avant de rapporter de bonnes images.

Du temps, j’en ai eu très peu (trois jours en tout et pour tout) et compte-tenu de mon expérience, de la chance, je crois pouvoir dire que j’en ai eu pas mal. J’ai par exemple pu approcher un couple de lièvre et un renard avec une proximité que j’avais rarement pu égaler dans ces conditions. Cela étant dit, la réaction des animaux face à moi m’a paru totalement inédite et c’est en ca que je pense que le ghillie suit est relativement efficace.

3 août, vers 6h40: deux lièvres surexcités et visiblement plus occupés à se courser (pour…) qu’à se préoccuper de leur environnement me foncent littéralement dessus. La lumière est encore faible mais je mitraille tant que je peux alors que la sensibilité du capteur plafonne à 3200 ISO. De cette rafale, bien des images seront floues ou mal cadrées mais il faut dire que les animaux ont accouru dans ma direction jusqu’à ne plus rentrer dans le viseur et passeront au final à quelques mètres de moi sans même noter ma présence. Je poursuis mon chemin et recroiserai mes deux lièvres au retour une grosse heure plus tard.

Deux lièvres à fond! (Photo Joris Bertrand)

4 août, vers 7h20: En fait j’avais déjà suivi à bonne distance ce renard environ une heure plus tôt. Il mulotait dans une luzerne encore un peu épargnée par la fournaise de ce début d’août. J’étais trop loin, à découvert, et je n’aurais pas pu le rattraper sans faire trop de bruit. J’ai donc tracé ma route et ce n’est qu’au retour que j’ai a nouveau surpris sa petite croupe rousse s’enfoncer dans un fourré. Le renard était hors d’atteinte. Mais plutôt que de chercher à le traquer, j’ai attendu quelque minutes et grand bien m’en a pris. Voilà que le renard sort tout guilleret et croise dans ma direction. Le bruit de la rafale le mettra en alerte. Comme le font souvent les renards, il s’éloignera en trottinant plutôt qu’en détalant. Mais à aucun moment, l’animal ne m’aura formellement identifié en tant qu’être humain.

Renard en alerte (Photo Joris Bertrand).

A l’heure du bilan

Je n’ai pas la prétention de dire que j’ai fait un test de Ghillie Suit en bonne et due forme. Il m’aurait fallu le tester sur une période plus longue, observer la réaction d’autres mammifères « faciles » à approcher en premier lieu desquels les chevreuils et des oiseaux. Mais je crois pouvoir dire sans me tromper que cet étranger accoutrement est d’une efficacité prouvée. Vous ferez ce que voudrez mais en ce qui me concerne, je continuerai donc à le porter, quitte à prendre le risque me ridiculiser un petit peu de temps en temps.

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Vue plongeante sur Berne (Photo Joris Bertrand).

Entre deux séjours entre les tropiques, je profite de la rubrique “Des images racontées” pour vous faire partager notre agréable découverte du week-end dernier: Berne, capitale fédérale de la Suisse. En ce début de juin, la ville s’affiche comme un musée de la Suisse à ciel ouvert, le tout dans un cadre verdoyant où la vieille ville semble comme contenue par un méandre de l’Aar. Quoique déjà assez large, cette rivière a encore tout de la fougue du petit torrent de montagne qu’elle a du être en amont. Son débit en ville est assez surprenant et pour avoir essayé d’y tremper les pieds, on peut vous dire qu’il en est de même pour sa fraîcheur. Il faut dire que le cours d’eau trouve sa source non loin de là, au pied des plus hauts sommets des Alpes bernoises.  Pour ce qui est de sa couleur, je vous laisserai seuls juges, mais je trouve que ce bleu-vert se mariait à merveille avec la végétation printanière et les toits de tuile de l’agglomération.

Une chose est sûre, Berne est une ville très photogénique avec ses rues pittoresques longues et étroites bordées d’arcades qui débouchent sur de vastes places pavées. En ce week-end prolongé de Pentecôte, les rues y étaient pleines d’activité si bien qu’il était bien souvent difficile s’affranchir des éléments “parasites”. J’avais d’ailleurs commencé la journée à la focale fixe (24, 40 et 50 mm) pour me contraindre à réfléchir à des compositions serrées (comme sur l’image présentée ci-dessus). Puis, j’ai quand même fini par céder à l’appel du grand angle et j’ai continué la sortie avec le Tokina 11-16 mm F/2.8… Du coup, si j’ai beaucoup aimé l’expérience, le photographe reste un petit peu sur sa faim et j’espère avoir un jour l’occasion de retourner visiter la ville à la nuit tombée, avec mon trépied.

Des images racontées...

Vue plongeante sur Berne

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Dans l’imaginaire collectif, l’archipel des Maldives est réputé pour son cliché de carte postale dépeignant la vue que pourrait avoir le touriste depuis sa chambre d’hôtel. Cette chambre d’hôtel avec vue sur la mer serait une sorte de hutte sur pilotis, avec un ponton donnant directement sur un vaste océan aux teintes turquoises et émeraudes s’arrêtant là où commence un ciel bleu profond. Bien que l’emploi d’un filtre polarisant contribue en grande partie à magnifier ce genre de paysages, il ne fait aucun doute que cette représentation n’est pas exagérée et qu’on peut reproduire une mise en scène de ce type en de nombreux endroits de l’archipel. Le revers de la médaille, c’est qu’il y a tellement de tourisme aux Maldives que le moindre petit îlot se profilant à l’horizon voit souvent sa silhouette hérissée d’une antenne relais alors que s’étend sur la mer une ribambelle de cabanes de resorts, comme sur la photo ci-dessous.

Guirlandes de chambres d’hôtel, avec vue sur la mer aux Maldives (Photo Joris Bertrand).

Pourtant, ce serait un peu oublier que le pays demeure habité par un petit peu moins de 400 000 autochtones dont le soucis premier n’est pas de se dorer la pilule ou d’admirer les merveilles du monde sous-marin. Et bien que tout soit fait pour que les contacts soient évités entre le touriste et les populations locales, il est tout de même possible d’avoir une idée de ce que vivent les maldiviens au quotidien sur l’île-capitale de Malé ainsi que sur quelques autres îles au statut un peu intermédiaire telle que Dhigurah, sur laquelle je me suis rendu. Ce que je retiens de cette expérience c’est qu’il y a une sorte de dénominateur commun à la vie de ces gens modestes des tropiques. Ils ne possèdent pas grand chose, mais Aznavour avait sans doute raison en supposant que la “misère » serait moins pénible au soleil. Ici, les gens pêchent et mangent les fruits qui poussent sans trop de mal autour de leur maison. Il prennent le temps d’emménager leur jardin et finisse d’y mettre la petite touche de couleur qui fait que les touristes occidentaux que nous sommes trouveront leur petit havre de paix authentique et paisible. C’est quelque chose que j’ai toujours pu noter lors de mes voyages en Nouvelle-Calédonie, à La Réunion, en Guyane, dans le Sud de Taïwan et maintenant ici. Le seule chose qui change vraiment aux Maldives c’est le poids palpable de l’islam. Les femmes déambulent voilées à l’ombre des arbres tropicaux, les rares bars (sans alcool) sont exclusivement occupés par les hommes et par moment, le va et vient de la houle se mêlent à l’appel de la prière du muezzin.

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Destinations Photo

Maldives, le plus loin possible des clichés…

Galerie

Un îlot parmi tant d’autres, aux Maldives (Photo Joris Bertrand).

Voici une photo qui colle sous bien des aspects à la représentation que l’on se fait de l’île déserte. Elle émerge du bleu profond de l’océan alentour et apparaît comme ceinturée d’un petit récif corallien. Lorsque le corail finit par être abimé par la houle,  il est transformé en un sable blanc fin qui en reflétant la lumière, donnera ces teintes presque émeraudes splendides. Là, quelques propagules arrivent tant bien que mal à germer pour donner un semblant de végétation. Mais la couche de sol est mince, la présence d’eau douce est rare et temporaire et la vie se maintient donc ici dans un équilibre précaire. Pour une fois, le ciel était aussi assez chargé ce qui a eu pour mérite d’apporter un peu de matière à la composition. En général, j’avais au mieux une belle étendue bleue mais plus souvent encore un aplat délavé par la brume atmosphérique. Bien sûr, je n’aurais pas aimé me retrouver sur ce minuscule îlot en tant que naufragé. Il y a d’ailleurs aucune chance qu’on y trouve des pirates comme sur l’île Playmobil de mon enfance qui y ressemblait pourtant à s’y méprendre. Cela dit, j’y aurais bien, l’espace d’un moment, étendu ma serviette pour me relaxer. Je dis ça mais je pense que j’aurais bien eu du mal à rester plus de quelques minutes affalé sur le sable. La beauté et la richesse des fonds sous-marins incitaient plutôt à enfiler ses palmes, son masque et son tuba et à se jeter dans les eaux limpides dont la température ce jour là était de 29°C…

Cette photo a été prise avec le Canon EOS 70D et l’EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM à 15 mm, F/9, 1/60 s et 100 ISO. Je n’ai volontairement pas appliqué le profil de correction de l’objectif. Le vignettage (accentué par l’emploi du filtre polarisant circulaire) et la distorsion due à la courte focale sont marqués, mais j’ai trouvé qu’ils apportaient quelque chose en mettant au final plus en valeur un sujet très central.

 

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« Île déserte… »

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Vu dans un atoll des Maldives (Photo Joris Bertrand)

J’ai rapporté de nombreuses images sur lesquelles les nuances de bleu des eaux des atolls des Maldives sont plutôt impressionnantes. Bien sûr, l’emploi d’un filtre polarisant circulaire a bien aidé à mettre en valeur cette extraordinaire palette de couleurs mais il n’a pas pu tout faire. Lors de mon séjour, le ciel arborait souvent une teinte un peu laiteuse qui ne permettait pas de réaliser de clichés à 100 % carte postale sans avoir à devoir effectuer un post-traitement un peu lourd. Un autre élément qui fait défaut sur la plupart des images de cette série, c’est qu’il manque un petit détail qui permette de donner une échelle à la scène. Ici c’est chose faite avec ce pêcheur sur sa barque. Au niveau des réglages, je suis à fond de focale (85 mm) avec l’EF-S 15-85 mm F/3.5-5.6 IS USM, F/11, au 1/160 s pour 125 ISO. Juste avant de poster cet article, je me rends compte que mon capteur est dégueulasse et qu’il serait temps de le nettoyer…

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« Cinquante nuances de bleus, oui mais avec une échelle… »

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