Autour de l'image

La mise à jour de Lightroom…

Je me souviens que l’achat d’une licence perpétuelle d’Adobe Lightroom (en 2015) avait déjà été choix compliqué pour moi en sachant qu’à l’époque, deux évènements m’avaient aidé à passer le cap. Premièrement, le disque dur externe sur lequel je stockais ma photothèque m’avait subitement lâché. Je possédais bien une copie de sauvegarde, mais pas complètement à jour, sur un autre disque dur externe, et j’avais tout de même perdu mes photos les plus récentes lors de cette mésaventure (par ici si vous voulez lire ou relire le post en question). Deuxièmement, Apple arrêtait le développement et la maintenance d’iPhoto que j’utilisais jusqu’alors. À l’époque, j’hésitais déjà à l’idée de cautionner l’achat d’un logiciel via une formule d’abonnement plutôt que via l’achat d’une formule perpétuelle (par ici, si vous voulez lire ou relire le post en question) et j’avais finalement opté pour la version traditionnelle plutôt que pour la version CC d’Adobe Lightroom. Et voilà que presque 8 ans plus tard, la question se repose, pour des raisons différentes et dans un contexte ayant légèrement évolué. Je vous livre donc si après mes réflexions…

Le constat…

  • Ma version actuelle d’Adobe Lightroom commençait à montrer des signes de faiblesses inquiétants, entre plantages à répétition, redémarrages et angoisse interminable en attendant que l’intégrité du catalogue soit vérifiée, en ayant toujours peur que ce soit LA défaillance de trop. Je tiens à préciser que le module Cartes ne fonctionnait déjà plus depuis un certain temps et que l’outil Personnes était lui aussi devenu très capricieux. Le logiciel avait beaucoup perdu en fluidité et ça devenait vraiment gênant.
  • Les fichiers raw et craw (.cr3) de mon Canon EOS R7 n’étaient plus compatibles avec la version 6.14 de Lightroom pour laquelle je possède toujours cette licence perpétuelle. Les fichiers commençaient à s’accumuler par centaines sur la carte mémoire et je n’avais jusqu’alors catalogué aucune de mes images. J’avais simplement édité dans Canon Digital Photo Professional v.4, certains des fichiers raw que j’avais envie de partager. Bref, c’est mal (!)

Mes réticences…

  • De base, je suis comme beaucoup, plus attaché aux licences perpétuelles qu’aux abonnements. Un des arguments plaidant en la faveur d’une formule avec abonnement est de pouvoir bénéficier des mises à jours d’un logiciel sans limitation dans le temps (enfin, tant que vous continuez à payer). D’un autre côté, la version perpétuelle de Lightroom que je possédais me convenait toujours très bien pour faire ce que j’en faisais, à savoir cataloguer et effectuer des retouches mineures sur mes fichiers .raw. Je n’apprécie donc que moyennement l’idée de me faire forcer la main en ne me fournissant comme seule évolution possible un abonnement qui au bout d’un an, m’aura déjà couté le prix de ma licence perpétuelle acquise en 2014, et qui continuait à fonctionner.
  • Comme si ça ne suffisait pas de nous imposer une formule avec abonnement, Adobe nous force aussi (presque autant) la main pour que nos données soient stockées sur leur cloud. Selon les formules, nous aurons droit à 20 Go ou 1 To et si vous voulez plus, il faudra sortir le portefeuille…
  • La question de la compatibilité des catalogues entre une ancienne version désormais non-maintenue (6.14) et la version actuelle était aussi centrale pour moi.

Le choix…

  • Même après des années de pratique de la photographie plus ou moins intensive et quelques 36000 fichiers accumulés, la taille totale de mon catalogue Lightroom reste inférieure à 250 Go. J’aurais donc encore de la marge avec les 1 To proposé par la formule de base baptisée Lightroom. Au demeurant, et sauf erreur de ma part, cette formule m’imposerait de travailler sur un catalogue stocké en ligne.
  • Je ne ressentais pas spécialement le besoin de me tourner vers une formule Creative Cloud pour la Photo, car je n’envisage pas vraiment d’utiliser Photoshop. Dans le même temps, j’aimerais pouvoir posséder Lightroom Classic permettant une utilisation hors-ligne. Or la formule de base propose que 20 Go de stockage cloud et pour la version à 1 To, c’est 23,99€/mois (!)

J’ai finalement opté pour une formule Creative Cloud pour la Photo de base (avec 20 Go de stockage cloud). Cela me permet d’utiliser Lightroom Classic, en local comme je l’ai toujours fait avec Lightroom, avec un catalogue stocké sur un support physique (mais sans possibilité de sauvegarde de ce catalogue sur le cloud d’Adobe: pour rappel, il fait 250 Go…). En contrepartie, je ne change rien à mes habitudes et j’aurai au passage le luxe d’avoir la licence Photoshop incluse. Pour le reste, j’ai très vite retrouvé mes marques. A part quelques évolutions dans les outils que je commenterai petit à petit, je me suis très vite senti à l’aise avec ce nouvel Adobe Lightroom Classic. Je confirme une bonne compatibilité entre le catalogue de la version 6.14 et la version actuelle (moyennant une mise à jour de ce dernier relativement rapide). Il faut juste fair attention car le catalogue, une fois mis à jour, n’est plus rétrocompatible avec les anciennes versions de Lightroom (mais l’ancien catalogue n’est pas effacé pour autant). Les fichiers .cr3 délivrés par l’EOS R7 sont aussi parfaitement lus par cette nouvelle version de Lightroom.

L’avenir me dira si le choix que j’ai fait était judicieux… En attendant, n’hésitez pas à partager votre expérience en commentaire.

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Canon EOS R7: premières impressions…

Cela fait désormais deux mois que j’ai reçu et utilisé, de façon pour le moment assez peu intensive, mon Canon EOS R7. Je ne crois pas qu’il soit déjà temps de proposer un premier retour d’expérience à proprement parler mais je livre ci-après mes premières impressions, ne serait-ce que pour voir si elles se voient confirmées ou non à l’usage…

Un flamant rose (Phoenicopterus roseus) et tout ce qui ce reflète dans les étangs près de Sigean (Photo Joris BERTRAND)

J’ai adoré...

  • L’exposition est généralement parfaite et je crois que je n’ai à présent eu que peu ou pas de zones cramées sur mes images, même dans des conditions qui auraient à coup sûr rendu chèvre la cellule de mon EOS 70D. Jusqu’à présent, je n’ai donc jamais eu à essayer d’autre mode de mesure que Mesure Évaluative. Je précise que j’ai utilisé la fonction Priorité hautes lumières en mode optimisé (D2+).
  • C’est peut-être un détail pour la plupart des utilisateurs, mais le niveau 3D, dans le viseur électronique ou depuis l’écran arrière est très utile pour shooter bien d’aplomb, notamment en photo de paysage ou d’architecture comportant des éléments verticaux ou horizontaux. On se croirait dans un cockpit d’avion de chasse et j’adore…
Comme dans un cockpit d’avion de chasse… L’écran arrière ou le viseur du Canon EOS R7 (Source: Manuel d’utilisation de l’EOS R7)

J’ai aimé…

  • J’ai bien pu valider qu’avec la bague d’adaptation fournie, tous mes objectifs sont pleinement compatibles avec l’EOS R7 dans le sens où je confirme le bon fonctionnement de l’autofocus sur toutes les optiques.
  • Un déclenchement beaucoup moins bruyant que tout ce que j’avais connu jusqu’alors avec mes réflex (hybride oblige): fini le miroir qui claque! Même avec l’obturateur mécanique, le léger bruit émis par le déclenchement est à la fois discret et agréable à l’oreille. Un point positif qui a toute son importance en photographie animalière (mais pas que…)
  • Le poids. Typiquement le genre d’aspect sur lequel on se dit a priori, « Cool mais sans plus » avant de reprendre quelques jours plus tard son ancien matériel et de sentir réellement la différence.
Une cigogne blanche (Ciconia ciconia) en vol. Les conditions de luminosité étaient loin d’être optimales et l’autofocus a parfois eu du mal à accrocher le sujet. Une fois que c’est fait, le suivi est en revanche irréprochable (Photo Joris BERTRAND)

Je ne suis pas encore convaincu

  • Le paramétrage de l’autofocus en mode Servo est sans doute à incriminer, mais j’ai l’impression que l’appareil s’entête souvent à faire la mise au point là où je ne veux pas. L’accroche du sujet n’est donc pas 100% convaincante pour le moment et j’espère que c’est juste un soucis de réglage et non pas un soucis technique avec mon matériel. Bref, je ne suis pas très copain avec l’IA et ses paramètres par défaut mais je retrouve un peu de sérénité en repassant en mode One Shot en faisant la mise au point au centre puis en décentrant si nécessaire et en activant manuellement le mode Servo (sans aucun automatisme) via la touche AF-ON que j’ai réglé pour ce faire si je souhaite suivre mon sujet mobile (souvent un oiseau en vol en ce qui me concerne). Si vous êtes aussi concernés, je prendrai volontiers connaissance de vos témoignages que vous pouvez laisser en commentaire.
Comme toutes les images de ce post, la combinaison Canon EOS R7 + RF 800 mm F/11 IS STM donne de très bon résultats, même en montant en ISO, et permet de shooter à des distances que je n’avais jamais envisagé: ici environ 15 mètres sans aucun recadrage (Photo Joris BERTRAND)

J’ai moins aimé…

  • La bague d’adaptation (Mount Adapter EF-EOS R) est volumineuse: elle a l’encombrement d’un EF-S 24 mm F/2.8 STM ou d’un EF 40 mm F/2.8 STM. Cela revient donc à empiler deux pancakes l’un sur l’autre, ce qui un est non-sens pour qui veut photographier discret et léger… L’utilité de type de configuration (avec monture EF et EF-S) risque donc de devenir très vite obsolète en poussant les utilisateurs à investir vers des solutions en monture RF et RF-S: RF 16 mm F/2.8 STM (par exemple).
  • Il y a bien un temps de latence entre le moment où on colle son oeil dans l’oeilleton et le moment où l’appareil est prêt à déclencher. Je pense que c’est d’autant plus vrai que l’appareil est paramétré en priorité mise au point plutôt que déclenchement, mais c’est un changement par rapport au réflex qui m’a un peu dérangé.

Conclusions

Au final, je suis pour l’instant très enthousiaste sur ce boîtier. Bien sûr, il va encore me demander un certains temps d’adaptation, notamment en animalier mais je suis sûr que c’est le prix à payer pour tirer le meilleur de la bête. Pour de la photo plus cool et notamment pour la photo de famille à Noël il m’a donné entière satisfaction en délivrant des images bien piquées et parfaitement exposées. Je ne note même plus les légers défauts de mise au point (notamment de back focus) que j’avais pu noter avec mon EOS 70D et certaines de mes optiques. Bref, si vous hésitez encore à franchir le cap, je vous recommande chaudement la bestiole.

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Nouveau départ: en hybride et avec un tromblon long comme jamais!

La lassitude du réflex…

Cela faisait près d’un an et demi maintenant que je n’avais plus vraiment parlé matériel photo sur La Nature des Images. J’avais d’ailleurs carrément arrêté d’alimenter mon blog depuis près d’un an. Comme j’ai eu l’occasion de l’écrire à plusieurs reprises, en particulier lors de mon dernier Édito (qui remonte à 2021…), je fais face à un manque chronique de motivation. La photo n’occupe plus une place aussi importante dans ma vie que par le passé. Mon matériel vieillit et son encombrement fait que j’hésite de plus en plus à emporter boîtier et objectif(s) lors de mes sorties. J’ai plusieurs fois envisagé d’acquérir du nouveau matériel en espérant que ça aurait pu redonner de l’entrain dans ma pratique photographique, mais était-ce raisonnable d’acheter un nouveau boîtier réflex et/ou des objectifs en monture EF ou EF-S qui allaient de toute façon devenir très vite « obsolètes ». Et dans le même temps, je rêvais secrètement de la sortie d’un boîtier Canon hybride à capteur APS-C dont les caractéristiques s’approcheraient de celles d’un EOS 7D MkII, à la mode 2022…

Et cet hybride Canon à capteur APS-C taillé pour la photo d’action dont j’attendais la sortie depuis des années ne sortira pas en 2021, mais bien en 2022. En effet, le 24 mai 2022 était annoncée la sortie simultanée de non pas un, mais deux modèles d’appareils à capteur APS-C: l’EOS R7 et l’EOS R10.

Au premier abord, des dimensions somme toute similaires pour les Canon EOS R7 et R10 (Source canon.fr)

Canon EOS R7: la première référence hybride APS-C Canon, pour l’animalier (et pour le reste)

Sur le papier, le Canon EOS R7, c’est à peu près tout ce que je recherchais. D’abord, le format APS-C me convient très bien et je n’ai jamais réellement ressenti le besoin de « passer au plein format ». La qualité des images délivrée par ces petits capteurs me suffit, et les boîtiers APS-C sont d’une manière générale moins volumineux et moins lourds que les boîtiers plein format. Ajoutons à cela que les photographes de nature auront tendance à apprécier le crop factor (de 1,6X pour les capteurs APS-C Canon). Pour finir, les montures RF et RF-S seront inexorablement le futur des objectifs de la marque et il faudra tôt ou tard y passer pour pouvoir rester à jour.

Techniquement, la bestiole possède un capteur de 32,5 mégapixels (contre 20,2 pour mon vieil EOS 70D) avec toutes les technologies actuelles: un processeur Digic X (Digic 5+ sur l’EOS 70D), la mise au point Dual Pixel CMOS AFII et un système de stabilisation du boîtier (baptisé IBIS) à laquelle peut s’additionner la stabilisation des optiques pour un gain annoncé allant jusqu’à 8 stops! La mise au point pourrait se faire dans des conditions très faibles de luminosité (-5 IL, contre -2IL pour l’EOS 70D) et le capteur peut de toute façon travailler à 32000 ISO (contre 12800 ISO et encore… pour l’EOS 70D). La cadence de la rafale atteint quant à elle 15 images par seconde (et même 30 im./s en utilisant l’obturateur électronique, contre 7 im./s pour mon boîtier actuel). Sur le papier, on a donc bien une dizaine d’années de progrès technique entre les deux boîtiers et je suis impatient de voir ce que ça donne.

Le système de stabilisation du capteur IBIS permet d’associer la stabilisation du boîtier à celle de l’objectif, ou à défaut de « stabiliser » les objectifs dépourvus de stabilisation (Source canon.fr)

Autre point positif, l’EOS R7 fait 13 cm (de long) x 9 cm (de haut) x 9 cm (de profondeur) et pèse 612 g (avec la batterie) là ou mon EOS 70D faisait 14 cm x 10 cm x 8 cm et 755 g (avec la batterie). Autant c’est similaire en terme d’encombrement, autant, je pense que plus de 100 g d’écart sur la balance, c’est bien appréciable…

Hybride vs. reflex: quelques appréhensions

Bien sûr, j’ai toujours quelques appréhensions à l’idée de laisser tomber le reflex au profit de l’hybride. Je n’oublierai jamais ma déception la première fois que j’ai collé mon oeil dans un appareil photo à visée électronique (mais c’était un Sony Alpha 77 (SLT-A77) avec ses 786 432 points… car c’était en 2014). Depuis, j’ai fait de même avec un Canon EOS RP et ses 2,36 millions de points et j’admets bien volontiers que la technologie semble au point (c’est le cas de le dire). Pour des raisons plus personnelles, je regrette que l’EOS R7 n’inclue pas de module GPS intégré comme pour l’EOS 7D Mk II mais c’est sans doute car les hybrides ont tendance à être plus consommateurs en énergie que les réflex traditionnels. C’est peut-être pour les mêmes raisons que l’écran de contrôle a disparu de la face supérieure. Sur les réflex, je n’utilisais presque que lui (à part pour visionner les images et accéder aux menus avancés) au point que j’avais par exemple été jusqu’à désactiver la fonction tactile de l’écran arrière. Ça risque de demander un sacré changement dans mes habitudes! Enfin, l’EOS R7 (mais pas l’EOS R10) ne comporte pas de flash intégré. OK, il gère bien mieux la montée en ISO que mon EOS 70D mais j’avais tendance à pas mal utiliser les flash intégré en fill in pour le portrait et surtout pour commander mon flash annulaire en macro.

Avec un Canon EOS RF 800 mm F/11 IS STM !!!

Alors là, je vais me chercher des excuses en commençant par dire qu’il n’y a que les imbéciles qui ne change pas d’avis… Comme déjà évoqué dans mon article précédent, j’ai craqué pour le RF 800 mm F/11 IS STM alors que j’ai été le premier à décrier de la façon la plus virulente qui soit cet objectif lors de sa sortie, dans un post que vous pourrez relire ici. Mais quelle mouche m’a donc piqué pour que je change d’avis ?!

Premièrement, les premiers EOS R7 sont fournis avec la bague d’adaptation Canon (d’une valeur d’environ 100€) permettant d’adapter les objectifs EF et EF-S sur les boîtiers EOS R. Je possède déjà un certain nombre d’objectifs en monture EF et EF-S et je compte bien continuer à les utiliser. De plus, les objectifs pour lesquels je pourrais éventuellement craquer en monture EOS RF ou RF-S ne sont pas encore vraiment disponibles (à quelques exceptions près). Autant donc se diriger vers une focale que je ne possède pas, en sachant que jamais je n’aurais cru être en mesure d’être capable d’acheter un 800 mm à ce prix là.

Alors oui, à assumer, autant le faire jusqu’au bout en écartant d’emblée, le petit frère: le RF 600 mm F/11 IS STM. Il aurait été plus léger dans le sac à dos et ce petit détail aurait pu avoir son importance en randonnée en montagne, mais j’ai si souvent été trop court pour réaliser le cliché parfait que 800 mm pour un petit peu plus d’un kilo: 1,240 kg pour être exact, ça laisse rêveur… Bien sûr, il y a cette ouverture, inexorablement fixée à F/11. Pourvu que les 800 mm permettent d’obtenir un bokeh qu’on espère généralement pas avec une ouverture si petite. Pourvu que la maîtrise de la montée en ISO du capteur couplée à la stabilisation dernier cri (du capteur et de l’objectif) permettent tout de même d’utiliser cette optique en photo de nature… D’une manière générale, pourvu que la qualité d’image soit au rendez-vous… J’ai énormément lu et regardé de vidéos à ce sujet, épluché des tests et retours d’expérience et je dois dire que tous sont unanimement rassurants. Bien sûr, les gens sont plus ou moins emballés et le photographe pro qui a pris un crédit sur des années pour s’acheter un 600 mm F/4 n’avouera de toute façon jamais qu’un objectif à environ 1000 € fait le job d’un cailloux plus de 10 fois plus cher. Alors bien sûr, vous aurez aussi mon avis à moi aussi bientôt, mais une chose est sûre, j’ai pris la décision de me lancer.

Et pourquoi pas l’EOS R10 alors?

En même temps que l’EOS R7, Canon a aussi lancé un élégant petit EOS R10. Les deux boîtiers ont en fait énormément de points communs. Si on devait les distinguer, on pourrait dire que l’EOS R7 est une version body buildée plutôt adaptée à la photo d’action. D’abord, l’EOS R7 embarque la stabilisation capteur IBIS, l’EOS R10, non. Le capteur de l’EOS R7 présente aussi une meilleure résolution que l’EOS R10 (32,5 mégapixels contre 24,2 mégapixels). Il sait faire la mise au point dans des conditions de luminosités encore plus extrêmes (-5 IL contre -4 IL pour l’EOS R10). Le coefficient du viseur est aussi un peu plus gros sur l’EOS R7 (1,15X) que sur l’EOS R10 (0,95X) ce qui assure en théorie un peu plus de confort pour la visée. La rafale avec l’obturateur électronique se limite aussi à 23 im./s avec l’EOS R10 là où elle atteint 30 im./s avec l’EOS R7. En contrepartie, l’EOS R10 comporte un flash intégré et est au demeurant plus compact et plus léger (429 g contre 612 g). Compte-tenu de ma pratique, j’opte donc pour l’EOS R7, mais pour une utilisation plus standard, je n’hésiterais pas à préférer la compacité et le gain de poids de l’EOS R10 pour des caractéristiques tout à fait comparables.

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Canon RF 600 mm F/11 IS STM ou RF 800 mm IS F/11 STM?

Les Canon RF 600 mm F/11 IS STM (en haut) et RF 800 F/11 IS STM (en bas). Source: missnumerique

Et pourquoi pas un zoom type 100-400, 100-500 ou 150-600 d’abord?

Ceux qui suivent la Nature Des Images savent que je suis un inconditionnel de l’EF 300 mm F/4L IS USM dont je ne me suis jamais lassé, même après des années de pratique. Bien sûr, 300 mm, c’est parfois, et même souvent trop court en photo animalière et la focale fixe tendra toujours à manquer de ce que les anglophones appellent, la versatility. Mais pour le reste, un 300 F/4 reste sans doute un des meilleurs compromis possible (en photo de nature) en offrant à la fois un téléobjectif polyvalent qui sait tout (bien) faire ou presque. Il est relativement léger et peu encombrant tout en restant assez lumineux et il ne faut par exemple pas oublier qu’il constituera, une arme redoutable pour la proxy (chose que les photographes qui n’en possèdent pas ont tendance à ignorer). Compte-tenu de ma pratique, c’est toujours lui que je mettrais dans ma valise si je ne devais emporter qu’un seul de mes objectifs sur une île déserte et c’est probablement pour cette focale fixe que je craquerais à nouveau si toutefois Canon venait à en proposer une mise à jour (un peu à l’instar de ce qu’avait fait Nikon avec son AF-S Nikkor 300 mm F/4E PF ED VR) en monture RF (ou pourquoi pas RF-S…).

A l’époque, j’avais déjà pas mal hésité entre un EF 100-400 mm F/4.5-5.6L IS USM et un EF 300 mm F/4L IS USM avant d’opter pour la focale fixe, sur laquelle je pouvais au besoin adjoindre le Teleconverter EF 1.4X II. Plus tard, j’avais été plutôt bluffé par le rendu d’un Tamron 150-600 au point que je me suis mis à reconsidérer mon choix entre focales fixes et télézooms. Si je trouvais le range de ce type d’optique un peu trop étendu, et l’ouverture maximale un peu faible pour l’utilisation que j’aurais pu en faire, j’ai souvent rêvé de la sortie d’un Canon EF (ou EF-S) 200-500 mm F/5.6(L) IS USM (ou STM), à l’instar de l’AF-S NIKKOR 200-500 mm F/5.6E ED VR de chez Nikon. Là, encore, je l’ai attendu, et il n’est jamais venu… (Mais pourquoi est-ce que je continue à être fidèle à Canon moi?!) Et puis plus récemment, Canon est quand venu renverser la table avec non pas une, mais deux options que j’ai d’abord accueilli avec pas mal de scepticisme: le RF 600 mm F/11 IS STM et le RF 800 F/11 IS STM.

Le Canon EF 300 mm F/4L IS USM fait le job pour bien détacher le sujet (ici un Bihoreau gris) même très proche, de l’arrière-plan (Photo Joris BERTRAND)

Pourquoi les 600 mm et a fortiori, les 800 mm F/11 deviennent-ils crédibles?

Je ne vais pas me lancer dans une revue technique détaillée de ces deux objectifs que je n’ai à ce jour jamais essayé. Mais après avoir beaucoup lu et regardé de vidéos à leur sujet sur Internet, je suis désormais convaincu que ces deux optiques délivrent une qualité d’image tout à fait satisfaisante. Alors bien évidemment, avec leur ouverture figée à F/11, ces deux objectifs ne sont pas très lumineux. Le truc, c’est que c’est la solution sine qua non (j’allais dire, le prix à (ne pas) payer…) pour avoir un 600 ou un 800 mm à moins de 1000 €. Il est clair que je n’aurais jamais acheté ce type d’optique dépourvu d’autofocus et non-stabilisée. Mais là, Canon annonce que le système de stabilisation IS des objectifs permettrait un gain de 4 stops pour le 800 mm et 5 stops pour le 600 mm auquel pourra s’ajouter la stabilisation d’image dite « collaborative », entre l’optique et le boîtier, pour un gain pouvant aller jusqu’à 7 stops! Pour les néophytes, cela veut dire qu’alors qu’on a pour coutume de dire qu’il faut au moins shooter au 1/600s avec un 600 mm (ou 1/800s avec 800 mm) pour faire une photo nette (à multiplier par 1.6X avec un appareil à capteur APS-C…), vous pourriez théoriquement obtenir la même photo nette avec des temps de pose de l’ordre de 0,5 s avec un EOS R5, EOS R6 ou EOS R7 (si toutefois votre sujet ne bouge pas bien sûr). Ajoutons à cela que tous ces boîtiers récents gèrent de toute façon bien mieux la monté en ISO que les boîtiers plus anciens. Mon EOS 400D délivrait des images pourries à 1600 ISO, c’est passé à 12800 ISO sur mon EOS 70D, mais on peut désormais espérer plus! Bref, il y a bien moins de lumière qui passe au travers de la lentille, mais la technologie compense, et s’il y a bien des domaines sur lequel les appareils photo ont progressé ces dix dernières années: c’est la montée en ISO et la stabilisation des capteurs. En outre, les hybrides sont plus performants que leurs aïeux les réflex pour faire la mise au point, même par manque de lumière, ce qui explique pourquoi les fabricants peuvent désormais proposer des objectifs moins lumineux, mais plus compacts et tout aussi efficace en terme de performance de mise au point.

Grand et petit à la fois…

Le poids et l’encombrement

Le Canon RF 800 mm F/11 IS STM côte à côte avec l’EF 300 mm F/4 L IS USM

Sur la balance, on est à moins d’un kilo (930 g) pour le 600 F/11 contre 1260 g pour le 800 F/11. Quand je pense que mon EF 300 mm F/4L IS USM pèse déjà 1190 g, les 600 et 800 mm sont des poids plumes compte-tenu de leur longueur de focale! Côté mensurations, on est à 93 mm X 269,5 mm pour le 600 F/11 et 101,6 x 351,8 mm pour le 800 F/11. En sachant que ma référence qu’est le 300 F/4 fait 90 mm x 221 mm, on se rend vite compte que le 600 F/11 a des mensurations comparables à celui-ci. C’est d’autant plus vrai une fois l’objectif rétracté car sa longueur passe alors à 199,5 mm (et 281,8 mm pour le 800 F/11). En effet, Canon a prévu une configuration « de transport » qui consiste à gagner quelques centimètres sur l’ensemble, une fois l’objectif replié (et verrouillé): bien belle astuce. Certes les 600 et 800 F/11 ne sont pas des optiques de série L mais c’est une véritable prouesse que d’avoir de telles focales affichant ces dimensions et ce poids-là!

Le rapport de grandissement et la distance minimale de mise au point

Ni le 600 F/11, ni le 800 F/11 ne seront en revanche des as de la proxy car l’un comme l’autre affichent un grandissement maximal de 0,14x à la distance minimale de mise au point. Cette distance minimale de mise au point est de 4,5 m pour le 600 F/11 et atteint 6 m pour le 800 F/11. Là on commence à se dire qu’on va parfois manquer de recul au Zoo, mais aussi en pleine nature, même avec le 600 F/11… A titre de comparaison, mon EF 300 mm F/4L IS USM affichait une distance minimale de mise au point d’1,5 m et un rapport de grandissement honorable de 0,24x.

La polyvalence ou la focale !!!

Il est évident que le RF 600 mm F/11 IS STM saura se montrer plus polyvalent que son grand frère, le RF 800 mm F/11 IS STM. Il se laissera plus facilement emporter dans un sac à dos lors d’une balade et j’avoue m’être bien posé la question de savoir si la différence affichée entre les deux n’allait pas m’orienter vers le RF 600 mm F/11 IS STM comme le choix de la raison. Maintenant que je vis à proximité des Pyrénées, j’ai tendance à me délester du superflu pour ne garder que l’essentiel lorsqu’il s’agit de prendre de l’altitude. Et puis 600 mm, c’est déjà pas si mal pour tirer le portrait d’une marmotte, d’un isard, ou d’un gypaète qui passe. D’un autre côté, je suis déjà équipé jusqu’à 300 mm, voire un peu plus de 400 mm avec le Teleconverter EF 1.4x II. Comme mentionné plus haut, je rêvais d’un 200-500 F/5.6 de chez Canon même si je dois me rendre à l’évidence: la sortie successive d’un RF 100-500 mm F/4.5-7.1 L IS STM et d’un RF 100-400 mm F/5.6-8 IS STM me laisse peu d’espoir pour un RF (ou RF-S) 200-500 mm F/5.6(L) IS STM… Alors maintenant que j’ai bien pesé le pour et le contre, assumons. Aurais-je un jour l’opportunité de me payer un 800 mm autre que celui-là? Non, probablement pas. Je fais donc ce pari là en étant assez confiant sur le fait que je ne serai pas déçu. En tout cas, je partagerai bien sûr, sur le blog, mon retour d’expérience en temps réel.

Les petits dépassements de budget: léger avantage au RF 600 mm F/11 IS STM

Le RF 800 mm F/11 IS STM est (logiquement) 150€ à 250€ plus cher que son petit frère (le RF 600 mm F/11 IS STM), mais la différence de budget, ne va pas tout à fait se limiter à ça. Assurez le coup en achetant un filtre UV de protection et le simple fait d’avoir un diamètre de lentille frontale de 82 mm sur le RF 600 mm F/11 IS STM contre 95 mm sur le RF 800 mm F/11 IS STM vous délestera d’une petite cinquantaine d’euros en plus si vous optez pour la plus longue des deux focales. Ajoutez une cinquantaine d’euros supplémentaire (quel que soit le modèle) pour avoir le pare-soleil de la marque, doublez la mise pour une protection en Néoprène et triplez la mise pour un étui de protection dédié… Dans tous les cas, le cashback Canon de l’été de respectivement 100€ et 120€ pour le RF 600 mm F/11 IS STM et le RF 800 mm F/11 IS STM auront tôt fait d’être engloutis…

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GR-R2: La Grande Traversée de l’île de La Réunion

Il y a longtemps que j’avais envie d’écrire un article sur cette belle aventure vécue en 2011 sur l’île de La Réunion. Mais le temps a passé, j’ai donné la priorité à bien d’autres articles et la paternité a fini de pomper tout ce qui me restait d’énergie vitale de blogueur. Bref, il aura bien fallu attendre l’enfermement lié à d’une bonne grosse pandémie mondiale pour me remotiver, et on va dire que sur ce point au moins, c’est peut-être un mal pour un bien… Pour replacer l’histoire dans son contexte, je précise avant toute chose que parcourir le GR-R2 n’était pas un objectif en soi. Nous étions, mes collègues et moi, en mission de terrain à La Réunion et ça faisait déjà environ un mois que nous passions notre temps à crapahuter, la plupart du temps à plus de 2000 mètres d’altitude pour étudier les oiseaux de l’île sur le massif du Piton de la Fournaise (2632 m). Nous avions d’ailleurs déjà profité de nos jours de repos pour effectuer l’ascension du Volcan ainsi que d’autres sommets de l’île comme le Grand Bénare (2898 m). C’est donc, physiquement bien affûtés que nous avons décidé de prolonger le séjour de deux semaines à l’issue de notre mission scientifique.

Jour 1 (22 mai 2011) – Le Brûlé – La plaine des Chicots (ou presque)

Nous étions à la base trois larrons, mais un de nos collègues doit rentrer en métropole et ne pourra donc pas effectuer la Grande Traversée avec nous. Avant de restituer la voiture de location à l’aéroport et sauter dans l’avion pour Paris, il se propose de nous monter jusqu’au Brûlé, manière de nous dispenser des 800 mètres de dénivelés positifs depuis La Providence (départ officiel de la randonnée). Avec le recul, c’était un peu fou dans le sens où il a du prendre des risques inconsidérés à la descente pour arriver à l’heure à Rolland Garros (l’aéroport de St-Denis). Mais il nous a peut-être sauvé la mise en nous permettant de nous préserver et d’économiser nos ressources à ce moment là. Il faut dire que nous avions prévu de pouvoir faire la randonnée en autonomie totale. Nous nous apprêtions donc à charrier près de 18 kg chacun.

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Tunnel végétal (Photo Joris BERTRAND)

Nous nous lançons sous le ciel lourd de l’après-midi sur un sentier boueux, au beau milieu d’une forêt luxuriante, typique des hauts de St-Denis. La charge du sac à dos parait déjà insupportable, mais c’est sans doute juste une affaire d’échauffement et de réglage des bretelles et de la ceinture. Nous progressons à notre rythme, mais il faudra vite se rendre à l’évidence, jamais nous ne parviendrons au gîte de la Roche Écrite (1837 m) avant la tombée de la nuit. Ce n’est pas grave, car nous avons la tente dans le sac et nous prévoyons de bivouaquer sur le bord du sentier. Facile à dire, mais pas facile à faire… A ce niveau, la forêt de calumets (Pastus borbonicus) est tellement dense que nous aurons toutes les peines du monde à trouver un emplacement dégagé et relativement plat pour notre petite guitoune. Nous devrons finalement nous résoudre à monter la tente, un peu à cheval sur le sentier. Je tiens à signaler que nous connaitrons par deux fois ce soucis au cours de la traversée. Qu’on se le dise, à La Réunion, il est parfois impossible de trouver un emplacement pour une tente en raison d’une végétation trop dense (et bien sûr, d’un terrain mal plat et possiblement marécageux)!

Jour 2 (23 mai 2011) –  La Plaine des Chicots à Dos d’Âne

Le lendemain, nous atteignons assez vite de gîte de la Roche Écrite, mais nous traçons notre route pour atteindre le sommet éponyme (2276 m). Nous laissons temporairement le sentier du GR-R2 sur notre droite, traversons la plaine des Chicots et nous dirigeons vers le sommet en suivant les marquages au sol sous un ciel parfaitement dégagé avant de contempler les cirques de Mafate et de Salazie dans la lumière du matin.

Joris_BERTRAND-Roche Ecrite
Cirque de Salazie avec au fond, l’Océan Indien, depuis le sommet de la Roche Écrite (Photo Joris BERTRAND)

Après une petite pause au gîte de la Roche Écrite, nous continuons notre chemin et entamons la descente vers Dos d’Âne (918 m). L’étape est censée se terminer à Dos d’Âne mais nous avons encore un peu de force et, de toute façon, notre maison sur notre dos… Nous décidons donc de nous lancer dans la descente vers le Cirque de Mafate. Nous essuyons la première, et avec une chance inouïe, une des dernières averses de notre périple. Une fois de plus, pris par la nuit, nous décidons de planter la tente dans la descente plutôt que de tenter coute que coute d’atteindre le lit de la rivière des Galets en contrebas.

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Bibe (Nephila inaurata) et sa toile sous l’averse, dans la lumière du couchant (Photo Joris BERTRAND)

Jour 3 (24 mai 2011) – Dos d’Âne – Ilet des Orangers

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Cayenne, Cirque de Mafate (Photo Joris BERTRAND)

Nous nous levons aux aurores pour entamer l’épisode valloné, et devrais-je même escarpé du mythique Cirque de Mafate… Peu après nous être mis en marche, nous devons quitter nos chaussures pour franchir la rivière des Galets, au fond du cirque, puis plusieurs possibilités s’offre à nous… La route est encore longue et nous ferons finalement le choix de prendre la tangente en montant vers l’Ilet des Orangers, mais après une petite hésitation et un détour par Cayenne (petit havre de paix). Nous finissons la journée fatigués et arrivons à l’Ilet des Orangers sous un épais brouillard.

Jour 4 (25 mai 2011) – Ilet des Orangers – Marla

Après une bonne nuit de sommeil, somme toute assez froide et humide, nous continuons notre route vers Marla, dernière étape avant le passage du Cirque de Mafate au Cirque de Cilaos. Mes souvenirs de cette journée sont globalement assez flous mais il faisait suffisamment chaud pour que nous ayons épuisé nos réserves d’eau à la mi-journée. Le passage de la rivière des Galets sera l’occasion de remplir nos poches à eau et nos gourdes, juste avant de finir en beauté avec la terrible ascension sur Marla (1600 m) où nous trouverons refuge pour la nuit.

Joris_BERTRAND-Mafate
Quelque part entre Ilet des Orangers et Marlat (Photo Joris BERTRAND)

Jour 5 (26 mai 2011) – Marla – Cilaos

Dès l’aube, nous attaquons la montée du col du Taïbit (2081 m) avant de basculer vers le Cirque de Cilaos et entamer la longue descente jusqu’au village du même nom. Nous passons l’après-midi à Cilaos en profitant de l’occasion pour se faire un bon resto et de prendre un bus pour se faire déposer au Bloc. Il est tard et nous bivouaquons à proximité du parking. Dans la nuit, des bruits et des lueurs étranges me font sortir de la tente. Rien qu’un trailer qui passe à proximité. Il aura troublé notre sommeil, mais je me serais sans doute vengé en lui provoquant un petit coup de speed, émergeant soudainement de l’obscurité en ouvrant de manière frénétique la fermeture éclair de la tente.

Bref contact avec la civilisation, à Cilaos (Photo Joris BERTRAND)

Jour 6 (27 mai 2011) – Cilaos – Piton des Neiges

Au petit matin, nous quittons Le Bloc (1380 m) pour entamer les 1700 m de D+ de l’ascension du Piton des Neiges (3071 m). Dans mon souvenir, la montée est sévère mais s’est faite relativement bien jusqu’au gite de la Caverne Dufour où nous ferons une petite pause avant de reprendre notre route vers le sommet. En cette saison, les nuits sont déjà fraîches et on peut voir ça-et-là, une mince couche de givre recouvrant le sol des parties ombragées. Nous atteignons le sommet en fin d’après-midi. Les possibilités de divertissement sont assez peu nombreuses mais on ne se lasse ni de la vue imprenable à 360°, ni des incessants va-et-vient du petit tectec (Saxicola tectes), hôte de ces cimes. Nous arrivons à monter notre petite tente au niveau d’abris, sortes de petit enclos de cailloux qui auront un peu le mérite de nous couper le vent. Durant la nuit, un rat essayera tant bien que mal de nos chaparder un peu de nourriture dans le sac poubelle, pourtant enfermé dans le sac à dos. Les espèces invasives ont donc bel et bien colonisé jusqu’au toit de l’Océan Indien…

Au sommet du Piton des Neiges (Photo Joris BERTRAND)

Jour 7 (28 mai 2011) Piton des Neiges – Plaine des Caffres

Encore tout engourdis par le froid de la nuit, nous entamons la descente jusqu’à la plaine des Caffres. La température s’élève jusqu’à retrouver une valeur toutes tropicale. Je me souviens avoir eu l’impression que tous les randonneurs que nous croisions à la montée sentaient bon le savon ou la lessive. Je me souviens aussi m’être fait la réflexion que c’était des odeurs qui nous étaient alors inconnues depuis le départ de notre périple… Dans l’après-midi, nous atteignons la plaine des Cafres où une aire de pique-nique en bord de route nous offrira un point d’eau et nous permettra de passer la nuit avant d’entamer l’ascension du deuxième massif volcanique de l’île: celui du Piton de la Fournaise.

Descente sur la plaine des Caffres avec au fond, le massif du Piton de La Fournaise (Photo Joris BERTRAND)

Jour 8 (29 mai 2011) – Plaine des Caffres – Nez Coupé du Tremblet

Au petit matin, nous sommes réveillés par de la musique et des coups répétés. Dès l’aube, une famille réunionnaise a pris possession d’un des petits kiosques de l’aire de pique-nique et déballe son impressionnante batterie pour la journée seulement. Réchaud, marmite, bâche en plastique et feu de bois, de quoi assurer l’intendance pour une bonne douzaine de personnes. En montant, nous passons à proximité de l’aire de pique-nique de Bois Ozous, un de nos camps de bases lors de nos campagnes de suivis de l’avifaune locale. Puis on débouche sur la lunaire (ou martienne Plaine des Sables). Les réserves en eau se tarissent, il nous faut envisager un détour par le gite du Pas de Bellecombe avant d’entamer la descente sur le Tremblet. Nous passons le Nez Coupé dans l’après-midi et décidons de commencer la descente. Une fois de plus, il sera bien difficile de trouver ne serait-ce que deux petits mètres carrés suffisamment plats et dégagés pour monter la tente. Dans la nuit, nous serons encore emmerdés par des rats…

Le sentier lors de la traversée de la Plaine Des Sables (Photo Joris BERTRAND)

Jour 9 (30 mai 2011) – Nez Coupé du Tremblet – Plage du Tremblet

Dernier jour. On sent l’écurie mais il reste encore pas mal de dénivelé négatif à assurer. Les sacs sont lourds, la descente et raide, pleine de de trous et d’ornières souvent cachées par les racines et la végétation. Ca en deviendrait presque dangereux car la vigilance et la motivation ont été sérieusement éprouvées mais en milieu de journée, nous atteignons la plage du Tremblet, point final de notre petite aventure.

Vieux Port, fin de la randonnée (Photo Joris BERTRAND)
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Vie du blog

Édito 2021

Petit message pour souhaiter à tous les lecteurs de La Nature des Images une BONNE ANNÉE 2021! En 2020, je n’étais déjà pas parti sur de bonnes bases car je n’avais pas même pris la peine de rédiger un édito, comme le veut pourtant la « tradition » depuis 2015. Etait-ce un pressentiment de ce qu’allait être l’année 2020, niveau photo comme pour le reste? Probablement pas même si en ce qui me concerne, le bilan est sans appel: j’ai pris deux fois moins de photo en 2020 que ce que je le faisais les années précédentes. Mes dossiers Adobe Lightroom comptent 1361 images pour 2019, 1342 pour 2018, 1361 pour 2017 (vous notez la régularité involontaire mais saisissante) et 759 en 2020… Avant 2017, j’en faisais bien plus, mais je n’étais pas encore papa… Bref, je ne photographie pas les même choses, et l’un dans l’autre, je photographie moins. Le bilan 2020 est donc plutôt morose pour le blog: 6 articles publiés seulement pour environ 17500 vues par environ 11500 visiteurs (pas si mal compte-tenu de l’activité…). On essayera de redresser la barre en 2021 car on peut considérer que l’année 2020 s’est faite en roue libre…

Est-ce le moment de racheter du matos?

En 2020, je n’ai donc pas trop pensé matos… Pourtant deux occasions auraient bien pu me faire craquer. Je suis tombé, par hasard en magasin, sur une occasion rare d’un modèle d’objectif qui me fait rêver depuis des années: le Canon EF 400 mm F/4L DO IS USM… Lors de mon délais de réflexion, j’ai ensuite eu la surprise de tomber sur son évolution, le Canon EF 400 mm F/4L DO IS II USM sur le bon coin! Même en occasion, cette acquisition demeure un investissement important et j’ai bien sûr hésité quelques jours encore. Etait-il encore judicieux pour le canoniste que je suis de casser sa tirelire pour acquérir des objectifs en monture EF ou EF-S? Au final, ni l’un ni l’autre des objectifs n’étaient plus disponibles lorsque j’ai failli me décider… Je me console en me disant qu’il est peut-être raisonnable d’attendre de voir ce que Canon va nous proposer en 2021. Peut-être un hybride à capteur APS-C et des objectifs alléchant pour les photographes de nature? Pour le reste, j’ai quelques petites idées d’articles pour la nouvelle année…

De nouvelles aventures avec le piège photo NUM’axes PIE1037

Le NUM’axes PIE1037 (source https://www.numaxes.com)

L’année 2021 sera peut-être l’année du renouveau pour le blog. Lors de la mise à jour de mon dernier post sur le piège photographique NUM’axes PIE1037, je vous annonçais que j’avais reçu en cadeau le panneau solaire avec batterie intégrée qui me permettra de laisser l’ensemble sur le terrain sans avoir à aller changer les piles si souvent. En attendant, n’hésitez pas à aller voir ou revoir mon premier petit montage vidéo sur le sujet sur la chaîne Youtube de La Nature des Images.

Le Pluto Trigger: un déclencheur multifonctions qui a l’air d’envoyer du bois!

Le Pluto Trigger (source plutotrigger.com)

Mais j’ai vraiment été gâté cette année car le père Noël m’a aussi apporté le Pluto Trigger, un déclencheur dont le nombre assez hallucinant de fonctions devraient me permettre de complémenter, voire de remplacer avantageusement mon Phottix Aion, efficace mais assez peu intuitif à faire fonctionner. Au passage, je n’aurais d’ailleurs utilisé que très peu cet appareil hormis dans des conditions très particulières telles que la fois où je m’étais essayé au Time-lapse lors de mon séjour à Taïwan. En revanche, les possibilités du Pluto Trigger sont juste immenses et je suis sûr que j’aurai de quoi dédier une série de post à ce dispositif. Pour faire les choses comme il faut, je partagerai tout ça au fur et à mesure que je prendrai le déclencheur en main. Ce que je peux en dire pour l’instant c’est que l’appareil laisse présager d’une bonne qualité de fabrication. J’ai pu télécharger dans aucun soucis l’application dédiée (tout simplement baptisée Pluto Trigger depuis l’App Store et l’installer sur mon iPhone SE (première version). L’appareil a été détecté sans soucis par le Smartphone via la connexion Bluetooth, et j’ai pu effectuer quelques tests rapides. Tout se pilote depuis l’application et le fonctionnement du Pluto Trigger se révèle très intuitif (il est à noter que l’application n’est disponible qu’en anglais, au moins sur iOS).

Voilà donc pour un programme a minima! Meilleurs voeux donc pour cette nouvelle année et à (très) bientôt j’espère!

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Matériel

Choix d’un piège photo… Et premier retour d’expérience

Le NUM’axes PIE1037 (source https://www.numaxes.com)

Je ne peux pas faire le compte du nombre d’heures que j’ai passé à chercher des indices laissés par la faune sauvage. Des empreintes, des crottes, des pelotes de réjection, des poils coincés dans les fils barbelés ou amalgamés à de la boue, elle-même incrustée dans l’écorce rugueuse d’un arbre, une plume tombée au sol ou encore une noisette grignotée… Je suivais des passages si fréquentés que l’herbe avait fini par disparaître en m’imaginant le trafic à l’aube, au crépuscule ou au beau milieu de la nuit. Les récits enjolivés des adultes (à commencer par mes grands-parents) m’ont bien souvent aidé à rendre encore plus palpable cette vision, mais jamais je n’aurais alors rêvé qu’un jour, je pourrais « espionner » toute cette biodiversité, même à des centaines de kilomètres de là, confiné dans mon salon… Bref, une chose est sûre, si j’avais eu un piège photo quand j’étais petit, je m’en serais énormément servi. Grand (mais pas tant que ça), j’ai continué à y penser mais sans jamais vraiment franchir le cap. Et puis, l’épreuve COVID-19 de ce début d’année 2020 aura fini par me décider. Premièrement, j’allais me l’offrir ce piège photo et deuxièmement, j’allais opter pour un modèle capable de transférer les images, même très loin de mon jardin secret. Alors bien sûr, comme à mon habitude, j’ai pas mal hésité et je me suis mis à éplucher l’offre qui s’est bien étoffée depuis la dernière fois que je m’y étais vraiment intéressé. Il y a pas mal de fabricants, pléthore de modèles et la gamme de prix varie aussi énormément entre les dispositifs les plus basiques (dès 80 €) et les plus haut de gamme (à plus de 600 €). J’ai finalement opté pour le PIE1037 de chez NUM’axes car il convenait tout à fait à mon cahier des charges. Pour l’instant, je n’ai rien à regretter et j’espère simplement que vous prendrez autant de plaisir à découvrir les premières séquences que j’ai pu obtenir avec ce petit gadget que ce que j’ai eu à les découvrir en allant relever le piège. Je suis retombé en enfance et l’émotion que j’ai pu éprouver en voyant toute la faune sauvage de mon chez moi, du plus commun des chevreuils à la plus discrète genette était digne de celle d’un gamin qui découvre ses cadeaux de Noël au pied du sapin. Pour revenir un petit peu à des considérations plus terre à terre, je vous liste ci-dessous quelques avantages et inconvénients que j’ai pu noter sur ce modèle…

 

Avantages

  • Le mode photo + vidéo. Je pense que la plupart des modèles de pièges photos propose désormais ce mode de capture, mais je dois dire que c’était typiquement ce que je voulais. Lors de la détection d’un sujet, l’appareil commence par prendre une ou plusieurs photos en rafale (jusqu’à 5 avec le PIE 1037) avant d’enchaîner sur une séquence vidéo (dont la durée se règle de 5 à 59 s). Vous avez donc une première image pour immortaliser la rencontrer et permettre d’identifier rapidement qui s’est présenté devant l’objectif lorsque vous passerez en revue votre carte mémoire et une vidéo permettant quant à elle de capter de manière dynamique cette tranche de vie sauvage. Pour éviter d’enchaîner les prises de vue d’un sujet qui viendrait à stationner devant l’appareil, il est aussi possible de définir un intervalle minimal (de 5 s à 24h) entre deux déclenchements. De plus, il est possible de configurer jusqu’à 2 plages quotidiennes d’activité pour l’appareil. Cela permet d’éviter d’avoir un appareil qui engrange les fichiers sur la carte (et gaspille de l’énergie) 24h/24. Typiquement, on pourrait être tenter de désactiver le piège en milieu de journée, un moment où l’activité de la faune sauvage se fait plus limitée et où les jeux d’ombres et le vents font augmenter le nombre de déclenchements intempestifs. Pour finir, le capteur de mouvement lui-même peut être désactivé. L’appareil ne se déclenche alors que sur demande, à distance où en suivant un intervalomètre, permettant de réaliser des séquences time lapse pour lesquelles les prises de vues peuvent être espacées de 5 s à 24h.
  • Une prise en main vraiment facile et des commandes à distances… J’ai trouvé la paramétrage du piège photo relativement simple et intuitif que ce soit directement en navigant dans les menus de l’appareil, ou sur un modèle 4G comme celui-ci, par l’intermédiaire de application Smartphone dédiée: NumCam (disponible pour Android ou iOS). Cette dernière permet de s’affranchir les requêtes SMS à rallonge qui avait l’air de rendre les réglages si laborieux par le passé… Bref, je pense que les piège photos ont évolué et qu’on peut désormais les considérer comme étant à maturité de ce point de vue là. Certains modèles récents permettent également un réglage via une connexion Wifi (via un Smartphone) dès lors qu’on est à proximité de l’appareil.

Inconvénients

  • Autonomie de la batterie (lorsque l’appareil transmet les prises de vue via le réseau téléphonique). Autant, la batterie est censée tenir des semaines, et même des mois quand aucune carte SIM n’est insérée dans l’appareil, autant l’autonomie n’a été que d’une grosse dizaine de jours lors de mon test avec transmission des photos. Certes, l’appareil était installée dans une zone où la couverture réseau est généralement instable et ça a sans doute pu jouer mais quand même! Globalement je suis assez déçu par ce point là, moi qui naïvement me voyait déjà recevoir des images pendant des semaines avant de devoir retourner sur site m’occuper de changer les piles (ou la carte mémoire). A coup de 12 piles AA à chaque fois, j’envisage désormais de débourser les 80 balles pour investir dans le panneau solaire qui va avec ce modèle…
  • Déclenchements intempestifs… Là encore, je ne pense pas que ce soit propre à ce modèle particulier de piège photo mais il faudra sans doute vous attendre à voir pas mal de déchet s’accumuler sur la carte mémoire (et du coup une carte SD de 32 Go ne sera sans doute pas de trop!). La première fois que j’ai essayé le dispositif, j’avais sans doute trop voulu camoufler l’ensemble et je n’avais pas suffisamment dégagé la végétation alentour. Le lendemain, je m’étais retrouvé avec des dizaines de photos d’une branche qui, balancée par la brise nocturne, venait faire des va-et vient devant la lentille. Plus récemment, j’ai repositionné le piège photo au même endroit en veillant à ne pas reproduire la même erreur. Mais cette fois-ci, la météo était chaude (25-30°C) et assez ventée (environ 30-40 km/h) et le mouvement des brindilles ou les changements d’ombre et de lumière dans le champ de vision suffisait à faire déclencher l’appareil, y compris après avoir réglé la sensibilité du capteur PIR au minimum. Heureusement qu’il était possible de régler cette sensibilité à distance, via une requête SMS, car autrement la carte mémoire aurait été encombrée à un rythme encore plus soutenu. A ce propos, attention donc à la solution Spypoint qui propose avec ses appareils des cartes SIM vous permettant l’envoi de 100 photos par mois gratuitement… Pour un piège-photo installé régulièrement sur le terrain, je pense qu’il faut davantage tabler sur plusieurs centaines de photos et de vidéos…
  • Délais de déclenchement entre les prises de vue. Le délais de déclenchement de l’appareil est d’après la fiche technique de 0,2 s… Le délais entre deux prises n’est en revanche pas précisé mais lors de mon test en mode photo + vidéo, j’ai l’impression que le délais a été de plusieurs secondes entre la première photo et la vidéo qui s’en est suivie. Souvent, j’ai bien une bestiole sur l’image mais plus rien sur la vidéo qui suit…
  • Attention à la consommation de data hors forfait! Encore un point dépendra bien entendu de l’opérateur que vous aurez choisi. En ce qui me concerne, j’ai pu vérifier qu’un forfait Free mobile à 2€/mois ne facturait rien d’inattendu quand il s’agissait de recevoir les photos via MMS. En revanche, attention aux envois sur boîte mail! Avec ce forfait, la limite est fixée à 50 Mo par mois et vous aurez (très) vite fait d’exploser le quota (à coup de 10 Mo la vidéo de 10 s, ça a d’ailleurs bien failli m’arriver…).
  • Réception partielle des photos par MMS. Un dernier point que je soulève sans forcément avoir de réponse à y apporter. Sur l’ensemble des prises de vues réalisées, je n’ai pas été notifié pour toutes par MMS. Je ne sais pas si ce soucis relève de l’appareil, de l’opérateur où de la couverture du réseau 3G (car on peut même pas parler de 4G sur la zone de test)…
  • Les antennes rendent le modèle assez visible dans le milieu. Bien sûr, vous pouvez les enlever quand vous n’utilisez pas l’appareil en mode transmission de photo. Heureusement que j’ai acheté ce piège photo en pack chez Jama avec un boîtier de sécurité en métal, un cadenas et un antivol. Dans l’absolu rien n’empêchera jamais quelqu’un de mal intentionné de revenir sur site avec une grosse pince dès lors qu’il aura repéré votre appareil, mais je pense que les accessoires de sécurité ne sont pas de trop pour dissuader le larron de passer à l’action. En ce qui me concerne, j’ai d’ailleurs pu voir que mon piège photo avait été repéré par un chasseur qui passait régulièrement devant. Heureusement, celui-ci n’a jamais chercher à me dérober mon joujou. Comme quoi, il y a le bon et le mauvais chasseur…

Voilà, pour résumer, je liste plus d’inconvénients que d’avantages mais c’est vraiment pour chercher la petite bête. Ce piège photo, c’est que du bonheur et je suis super content d’en avoir fait l’acquisition. Peut-être que si j’avais eu l’occasion de lire un article de blog comme celui-ci, j’aurais été conforté dans mes impressions et aurais franchi le cap plus tôt. Du coup, pesez bien le pour et le contre mais n’hésitez pas trop longtemps… Vous n’imaginez pas le nombre de clichés et de séquences que vous êtes sans doute en train de rater! Et si jamais vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser en commentaire. Je me ferai un plaisir d’essayer d’y répondre.

L’effet LED entre chiens et loups… sur un renard…

Mise à jour du 29/12/2020 – Petit retour d’expérience supplémentaire suite à ma première utilisation en conditions hivernales. Comme annoncé dans le manuel d’utilisation, les déclenchements intempestifs sont beaucoup moins nombreux lorsque la température extérieure est basse (entre 0 et 5°C lors de mon test). Même réglé sur une sensibilité du PIR « élevée », le dispositif n’aura déclenché qu’une seule fois au cours de la nuit. A première vue, j’ai cru qu’il s’agissait d’un déclenchement induit par une rafale de vent. Mais en y regardant à deux fois, j’ai pu apercevoir un petit rongeur dans un coin de l’image. Je n’ai par contre laissé l’appareil en place que 24h et je n’ai donc pas vraiment pu évaluer à quel point le froid altérait la durée de vie des piles. Je poursuivrai l’aventure très bientôt, car le père Noël a déposé au pied du sapin le panneau solaire avec batterie intégrée (lui aussi de marque NUM’axes) qui me permettra sans doute d’éviter de changer les piles si souvent… Ce qui me chagrine, c’est que ni l’emballage, ni le manuel d’utilisation ne mentionnent la compatibilité de ce dispositif avec le récent piège photographique PIE 1037, mais le site internet stipule qu’il l’est, moyennant un adaptateur fourni (comme pour le PIE 1023). Je vais demander confirmation à NUM’axes et je vous tiendrai au courant!

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Opinions

Mais que fait donc Canon?!

Ce n’est pas nouveau, mon activité photographique n’est pas très rythmée en ce moment. Ce n’est pas l’envie qui me manque mais force est de constater que la motivation ne va pas avec. Mais je continue bien sûr à suivre l’actualité et la lecture du dernier édito du magazine Image & Nature par le très bon Laurent Giraud m’amène à m’interroger également sur les choix stratégiques faits par Canon. La marque vient en effet d’annoncer coup sur coup la sortie d’un RF 100-500 mm F/4.5-7.1L IS USM, d’un RF 600 mm F/11 DO IS STM et d’un RF 800 mm F/11 DO IS STM… Le rédacteur en chef d’Image & Nature n’hésite d’ailleurs pas à évoquer un nivellement par le bas de la gamme… Si je n’irai pas jusque là, je m’interroge bel et bien sur la pertinence de lancer de telles optiques. Si, les focales annoncées sont alléchantes, qui peut-être réellement intéressé par leur utilisation à de telles ouvertures?! Le RF 100-500 F/4.5-7.1L IS USM est proposé à plus de 3100€ ce qui me paraît de toute façon rédhibitoire. Les RF 600 mm F/11 DO IS STM et un RF 800 mm F/11 DO IS STM affichent quant à eux un poids et un encombrement très intéressants (20 cm replié pour 930 g et 28 cm replié pour 1,260 kg) pour un budget raisonnable (790€ et 1050€), mais pourrais-je avoir envie de les utiliser, même en changeant pour un boîtier équipé d’une stabilisation interne qui permettrait de gagner jusqu’à 8 stops?! Je demande à voir mais j’ai bien peur que non…

Pour moi, l’EF 100-400 mm F/4.5-5.6L IS II USM apparaît déjà plus intéressant que le nouveau RF 100-500 mm F/4.5-7.1L IS USM sur le papier et je préfèrerais de toute façon opter pour un 150-600 de chez Tamron ou chez Sigma qui présenteraient, à coup sûr un meilleur rapport qualité/prix. Par ailleurs, je note que les nouveaux multiplicateurs RF 1.4x et RF 2x coutent 600 et 750€! Pour le reste, je fais toujours partie de ceux qui auraient rêvé d’un EF-S 200-500 mm F/5.6(L) IS USM, ont attendu un EF 200-500 mm F/5.6(L) IS USM mais ne verront probablement pas même sortir un RF 200-500 mm F/5.6(L) IS USM. Bref, que reste t’il chez Canon pour les photographes animaliers amateurs? En ce qui me concerne, je cherche… en tout cas de la cohérence dans tout ça… Et si vous avez une explication autre qu’une histoire d’optimisation des profits, je suis preneur…

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C’est la centième Image racontée à être publiée sur La Nature des Images. J’en profite donc pour innover un peu en présentant ma première image prise au piège-photo. Il faut dire que ça avait été tellement difficile de passer le printemps confiné que je me suis dit que si par malheur, l’expérience venait à se renouveler, alors je ferais en sorte de pouvoir vivre ce bonheur par procuration. J’ai donc fait un achat qui me tentait depuis bien longtemps déjà en faisant l’acquisition d’un piège photo, à transmission GSM qui plus est, pour recevoir les images directement sur mon téléphone. J’ai été tellement impatient d’aller tenter ma chance à positionner le dispositif à un emplacement qui me paraissait judicieux que j’ai mis l’appareil en marche sans même chercher à vraiment lire la notice (comme souvent je dois dire…). J’y ai pensé souvent pendant la première nuit et au petit matin, j’ai, espiègle comme un gosse, été récupérer la carte mémoire. De retour à la maison, je me suis empressé d’introduire la carte dans le lecteur. Suspens… Quelle joie de voir apparaître un petit « faontôme » à l’écran… Certes, la photo n’est pas bonne, mais ce n’est pas pour faire de la photo d’art qu’on achète ce dispositif en général. Non, c’est bien pour assouvir un rêve de gosse. Celui de pouvoir s’immiscer dans la vie des bêtes, là où et quand il serait en pratique difficile voire impossible de venir observer sans déranger. A bientôt pour de nouvelles réalisations…

Des images racontées...

« Petit faontôme… »

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Joris_BERTRAND-Bombus

Bombus sp. (Photo Joris Bertrand)

Il avait du sentir l’arrivée de la pluie, ce bourdon… Alors que la première averse n’arrivera que vers 10h, celui-ci était déjà installé sous son abri de fortune dès 7h du matin. Je suis passé plusieurs fois dans la journée par la suite, il n’a pas bougé. Pour le coup, cet abri était l’exubérante bractée (et non pas la fleur…) rose du bougainvillier de du jardin. N’ayant pas grand chose d’autre à se mettre sous la lentille cette semaine, j’ai décidé de monter l’EF 300 mm F/4L IS USM sur l’EOS 70D pour soigner un peu le bokeh. J’ai ensuite opté pour un format portrait en respectant la règle des tiers. Rien de bien innovant donc, mais la satisfaction d’avoir immortalisé ce comportement de survie  d’une espèce qui a du être bien surprise par la météo du jour après les conditions  printanières de la veille. Côté réglages, on est à pleine ouverture (F/4) à 1/320 s et le mode ISO auto n’a pas pu faire autrement que de monter à 3200 ISO pour avoir une exposition correcte (d’où le côté un peu granuleux de l’image).

Des images racontées...

« Abri haut en couleur »

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